Jazz, avis de tempête en Loire

Nathalie Kerrien - Serge Grouard

Nathalie Kerrien – Serge Grouard

On peut comprendre la légitime colère de Serge Grouard contre la tartufferie de ses adversaires politiques du PS, qui s’offusquent de la baisse du budget municipal de la culture, alors même qu’ils soutiennent le gouvernement qui impose vingt milliards d’économie aux collectivités territoriales.

On comprend moins bien la diatribe de nos élus contre feu le festival “Orléans Jazz”, dont les spectateurs ne seraient qu’une poignée de privilégiés qui profiteraient de la manne publique pour assouvir leur passion. Ce genre d’arguties peut s’appliquer, de fait, à toutes les subventions culturelles, du théâtre au hip hop en passant par la musique classique jusqu’à l’élitiste Concours International de Piano. Une politique culturelle c’est toujours “privilégier” des pratiques artistiques, et au petit jeu du ratio “spectateur/cout à la collectivité”, il n’est pas sur qu’Orléans Jazz fût le plus mal placé… Quant à opposer le chômage au budget de la culture, on est là en terrain glissant, sauf à ne plus considérer la culture que comme un anesthésiant aux maux de nos concitoyens (“Panem et circenses...”).

On comprend encore moins la colère de Nathalie Kerrien (Adjointe à la Culture) à l’encontre des associations partenaires du jazz à Orléans, dont elle fustige le manque de dialogue jusqu’à accuser nommément O’Jazz de faire du “Grouard bashing” (entendez dénigrement) dans sa protestation contre la décision de suppression, non seulement d’Orléans Jazz, mais aussi de la scène place de la Loire, que cette association programmait !

Rappelons que le jazz à Orléans, c’est non seulement, plusieurs associations qui au fil des années ont fait découvrir à un public élargi la créativité de cette musique, mais aussi pas mal de musiciens parmi lesquels un certain nombre de jeunes talents qui, grâce au Tremplin entre autre, portent haut et loin les couleurs d’Orléans. Au delà de cette crispation autour du festival, il serait opportun que tout le petit monde du jazz orléanais se réunisse enfin, pour réfléchir à la place de cette musique dans la cité, de la formation musicale à sa diffusion publique.

Serge Grouard dénonçait à propos du conflit des intermittents, le mal français de l’incapacité à la négociation collective, il serait dommage de faire le même constat à Orléans à propos de la culture. Et puis, cela redonnerait sans doute un peu de sérénité à notre maire, sérénité bien nécessaire à celui qui se plait à se considérer comme le capitaine d’un navire qui doit affronter la tempête…

Gérard Poitou

Publié le 7 novembre 2014

Commentaires

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  1. Il n’y a rien de choquant à ce que les collectivités locales participent à l’effort de maîtrise des dépenses de l’état. Critiquer les choix politiques pris par une ville pour absorber une diminution de ses recettes n’est pas non plus choquant ! Bref la première partie de votre article est caricaturale ! Heureusement que des citoyens engagés montent au créneau pour dénoncer le fait de sacrifier des manifestations culturelles. La politique consiste à faire des choix et heureusement chaque citoyen a le droit de les critiquer …. Sans être caricaturé !

  2. Le commentaire de L. G.rappelle une vérité première à savoir la liberté d’avoir un avis et de l’exprimer; cette liberté s’applique aussi pour les commentaires des journalistes (d’une façon générale et, sans que cette remarque soit dirigée vers le au présent article, j’ajouterai; à la condition que cela soit caricatural ou même outrancier). Et pas question d’empêcher chacun de dire son ressenti.
    Donc, et sans critiquer ce qui peut être dit, j’apporte …ma propre déflexion complémentaire :lorsqu’une personne physique ou une famille doit réviser ses anciens choix pour des problèmes d’équilibre financier, elle réduit d’abord le budget loisir ou culture privilégiant les besoins de la vie quotidienne; pourquoi dès lors critiquer nos dirigeants lorsqu’ils font …comme nous?

    • C’est exactement ce qui différencie les familles françaises des familles allemandes. Voilà pourquoi la France n’est plus un pays de culture.

  3. Merci pour cet article M. Poitou. Rassurez vous, j’ai lu au delà du premier paragraphe qui surfe malheureusement sur le discours de M. Grouard et qui tendrait à ce que tout soit excusable par la baisse des subventions aux collectivités.
    Je rappellerai juste que M. Grouard, soutien de M. Fillon, prône 110 milliards d’économies quand notre gouvernement cherche à en faire 50. A ce petit jeu, nous pourrions ne plus avoir de festival de Loire, de festival Hip Hop, de rénovation de la rue Royale, de travaux dans les rues d’Orléans, de ravalement de façades….et nous en serions bien malheureux ! Non, M.
    Poitou, ne vous laissez pas influencer par ce discours démagogique ! Ce que M. Grouard et son équipe ne supportent pas, c’est que de simples citoyens (dont 1900 amis d’une page FB et 1400 signataires d’une pétition) puissent remettre en cause leurs arbitrages, car il s’agit bien d’arbitrages ! La rénovation d’une rue vaut elle le festival de Jazz ? Voilà le type de choix possible ! A voir comment réagissent les élus, cela laisserait à penser que l’argent du budget leur appartient. Eh bien non ! Les citoyens ont leur mot à dire, et les associations même subventionnées par la mairie, peuvent donner leur avis même contraire à celui des élus. C’est ce que nous appelons encore, la démocratie. Étonnant, non ?

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