Daniel Guillermin, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Loiret avait convié la presse ce mercredi 7 janvier, pour pousser un cri d’alarme quant au financement de cette institution représentative du secteur économique du département.

Jerry Gras et Daniel Guillermin
En effet, la loi de finance 2015 initiée par le ministre Macron, prévoit une baisse progressive de la dotation reversée par l’état pour le fonctionnement des Chambres de Commerce atteignant 37% d’ici à 2017 !
Qui veut la mort des CCI ?
Rappelons que les Chambres de Commerce sont des Établissements Publics (dont la création remonte au XVIe siècle pour les plus anciennes), gérés par les représentants de l’activité économique, dont les missions vont de l’information économique à la gestion de zones industrielles en passant par la formation professionnelle ou le soutien à l’exportation. Le Président de la Chambre de Commerce affirme donc que l’ensemble de ces missions ne pourra être maintenu et pris en charge, dans un budget aussi contraint par ces restrictions budgétaires imposées par Bercy.
Et le Président Guillermin de s’interroger sur la cohérence d’une politique gouvernementale qui prétend donner la priorité à l’action économique, et coupe les budgets directement affectés et gérés par les acteurs de l’économie locale.
L’épargnant puni
Plus grave est ce que le Président de la CCI n’hésite pas à qualifier de hold-up ! En effet, la Chambre de Commerce a initialisé depuis 2009 un important projet immobilier intitulé Citévolia qui prévoit la réhabilitation de la friche industrielle “Rivière Casalis” à Fleury les Aubrais.
La CCI a prévu d’y implanter ses locaux à l’horizon 2017 pour favoriser le développement d’une opération immobilière de grande envergure, en profitant de la proximité de la gare des Aubrais et donc de Paris. En bon gestionnaire, la CCI, en plus des études nécessaires au projet, a depuis 2009 épargné des excédents de fonctionnement pour se constituer un fond d’investissement d’environ 7,2 millions d’euros pour financer un projet d’un cout total estimé à 20 millions d’euros.
Las, le Trésor Public a décidé de faire main basse sur ce bas de laine et d’en prélever 6 millions d’euros, considérant cette trésorerie courante excessive pour la Chambre…
Citévolia vs French Tech ?
Si le projet Citévolia n’est, a priori, pas abandonné par la CCI, son montage financier risque d’être ainsi, beaucoup plus complexe et couteux, et donc retardé, au moment où ce chantier d’envergure pouvait constituer un ballon d’oxygène pour le BTP local.
L’agglo a, quant à elle, déjà prévu un budget d’aménagement de la zone “Dessaux”, et comble de l’ironie, l’état vient d’apporter sa contribution au projet de téléphérique “Interives”, voulu par l’Agglo, (voir Magcentre) qui doit survoler les voies ferrées des Aubrais, mais dont l’intérêt touristique risque, soudain, d’être plutôt limité en l’absence de Citévolia sur l’autre rive…
Et quand l’ambitieux projet Citévolia, voulu et défendu par les acteurs économiques du territoire, risque de passer à la trappe, la ville d’Orléans décide elle, de son coté, d’affecter 20 millions d’euros à l’aménagement des anciens locaux Famar, dans un projet d’accueil de startups…
Mais, peut-être, que la question est-elle mal posée…
Gérard Poitou
Publié le 7 janvier 2015