“La Bibliothèque Nationale de France en, collaboration avec l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et les Universités Paris 8 et Paris 3, organise depuis deux ans un séminaire intitulé “La vidéo des premiers temps”*.

Ce séminaire consacrera sa prochaine séance à l’unité vidéo de la Maison de la Culture d’Orléans, qui s’illustra en son temps, dans l’expérimentation de ce nouvel outil de création et d’animation. Mais un peu d’histoire…
In memoriam
Dans les années 70, la ville d’Orléans jugea utile de se doter d’une Maison de la Culture, suivant ainsi l’exemple historique de celle de Bourges, inaugurée en son temps par André Malraux lui-même. Et Orléans voulut faire les choses bien, on installa la nouvelle institution en partageant les locaux du théâtre fraichement construits. Et ce que l’on appelait alors “l’action culturelle” put prendre son essor, en soutien d’une programmation de spectacles vivants qui se voulait originale et créatrice. Des animateurs (on dirait aujourd’hui des médiateurs) furent recrutés dans tous les domaines de la culture: danse, arts plastiques, musique, théâtre etc…
Mais Orléans se voulait innovante et rêvait encore à la modernité en voyant le rail en béton de son aérotrain… Alors la Maison de la Culture fut dotée, une première en France, d’un département vidéo équipé de ce qui était alors à la pointe de l’innovation technologique: caméras portables, régie d’effets spéciaux (en noir et blanc !) et banc de montage faisaient la fierté du lieu.
Et les animateurs ne furent pas en reste pour exploiter ce beau matériel: initiation et réalisations avec les publics scolaires, accueil d’artistes vidéastes, production de projets documentaires, formation des adultes: on finit par venir de toute la France pour découvrir la nouvelle technologie vidéo. Une page dans Télérama, un reportage sur TF1 et la co-production d’un “Dossier et documents” du journal Le Monde consacré à “L’explosion vidéo” amplifièrent encore la renommée de la Maison de la Culture d’Orléans** !
Las, le maire d’Orléans d’alors ne trouva pas cette belle notoriété tout à fait à son goût, et les sujets abordés dans ces animations n’étaient pas forcément ceux qu’il aurait souhaités. Et quelques difficultés financières plus tard permirent à la ville de clôturer sans tambour ni trompette, la belle aventure de la vidéo à Orléans…
Quand on vous dit que les élus n’ont pas toujours raison !
Gérard Poitou
*”Dès lors qu’elle est devenue «légère», il y a plus de quarante ans, la technique vidéo a donné lieu à des appropriations diverses, à des usages sociaux et créatifs qui revêtirent tous, au départ, un caractère expérimental (…) nous voudrions tenter d’appréhender les débuts de la vidéo d’une manière compréhensive, en donnant à entendre la voix des acteurs/trices de son histoire et en nous appuyant sur les documents écrits, nombreux mais mal recensés, afin de nous permettre de revisiter les chronologies, de saisir des trajectoires, de mettre en lumière des dispositifs.”
** Il reste plus de deux cent documents vidéo produits à la MCO, aujourd’hui déposés et en voie de restauration au pôle Patrimoine de l’agence régionale CICLIC à Issoudun
http://www.ciclic.fr/ciclic/l-equipe-les-poles/pole-patrimoine
Séance du lundi 16 février 17 h 30
Bibliothèque nationale de France, site Richelieu, Salle des Commissions
5 rue Vivienne – 75002 Paris
Métro : Bourse, Pyramides ou Palais-Royal.
Inscription: videodespremierstemps@gmail.com
Le programme du Séminaire à la BnF: “vidéo des premiers temps”