Dick Annegarn vient de poser ses valoches à Bourges. A l’Hôtel d’Angleterre, face au Palais du même nom. Bien dans la place, bien à sa place, il attend son heure, avec patience, entre deux petites averses de printemps (Ca lui rappelle Bruxelles ?) assis sur un banc à pianoter sur son téléphone pour booker sa tournée. Ou rester en contact avec son monde, avec son Facebook (C’est bien son style…).

Il regarde de temps en temps les passants qui le regardent. Il prend le temps de leur sourire, d’échanger des blagues, vieil ours -en apparence- plein d’attention et de gentillesse –en réalité.
Dick revient au Printemps, après si longtemps. C’était quoi cette si longue absence ? Une mésentente ? Un quiproquos ? Il y a comme ça des amourettes de Printemps qui n’atteignent pas l’été. Bourges, ma belle…Non, il ne peut y avoir deux villes comme Bruxelles dans son cœur. Mais dans un coin de cœur, il est resté un Palais et un Théâtre. Dans son regard passe comme un reflet. Nostalgie ? Regret ?
Il est là, à deux pas du Théâtre Jacques Cœur où le bluesman va ressortir sa guitare pour une aubade des retrouvailles à sa manière.
Il va chanter avec ses mots si particuliers. Emouvant, drôle. De cette voix profonde et rauque, ce phrasé personnel qui font ce libertaire un inclassable envoutant. Dans un décor à l’italienne, Dick va jouer les Romeo. « Vélo va »…Dick cite[1] : « Ce que les gens ne savent pas, c’est que c’est une hantise de trouver des chansons. On se couche avec deux mots et on se réveille avec un seul, parce qu’on a perdu le deuxième (…) Une chanson c’est une horlogerie qui déconne toujours ».
Et nous ça faisait un moment qu’on lorgnait la pendule en se disant : « Il reviendra bien un jour ! ». Nous aussi on peut être patients.
Phi..lippe
[1] « Velo va » est le titre de son dernier album avec Un enfant, Vélo vole, Bonjour Prune…