Jean Zay, prophète de la Culture

pierre baux

Pour clore cette mémorable journée d’hommage d’Orléans à Jean Zay, le Cercle Jean Zay organisait ce lundi soir au Théâtre d’Orléans, une soirée consacrée au rôle du ministre Jean Zay dans le domaine de la culture. Cette soirée, à la mesure de l’importance qu’eut le jeune ministre radical en matière de politique de la culture en France, se déroulait en deux parties:une lecture de textes extraits des écrits de Jean Zay et un film essentiellement consacré à son action dans le domaine du septième art.

Parmi les textes de Jean Zay, choisis par Pierre Baux et Benoit Giros et magnifiquement dit par Pierre Baux, le discours à la mémoire de Debussy et surtout l’hommage posthume à Maurice Ravel, texte hugolien sur la musique et l’intelligence, marquent par la modernité de la pensée de Jean Zay, qui transparait dans un phrasé très “troisième république”. D’autres extraits de “Souvenirs et solitude” évoquent son action de ministre du Front Populaire parfois avec un humour certain quand il s’agit de la censure ou de la Comédie Française, toujours avec une vision ferme et déterminée qu’il s’agisse du rôle de la radio en matière de culture, du projet du festival de Cannes ou du statut des auteurs, et cette lecture nous rappelle l’incroyable lucidité politique d’un homme vivant alors dans l’angoissante incertitude de la prison…

Le film “Jean Zay, ministre du cinéma” (d’Alain Tyr, Francis Gendron et Alain Braun), certes plus “technique”, montre avec un travail de recherche d’archives extrêmement complet, comment Jean Zay se consacra à sauver le cinéma français en pleine déconfiture avec l’arrivée du “parlant”. Alors que certains, comme Georges Duhamel, considéraient encore  le cinéma comme “une distraction d’ilotes”, Jean Zay, ministre des Beaux Arts, mesure toute l’importance culturelle de ce qui deviendra le septième art, et déploie une énergie considérable à mettre sur pied l’organisation structurelle de cette filière, qui va de l’auteur à l’écran, jetant ainsi les bases du rôle régulateur de l’Etat dans un domaine que bien plus tard, un autre ministre de la culture appellera les “industries culturelles”.

Le premier Festival de Cannes devait être, en septembre 1939, l’apothéose de cette réforme du cinéma français, le jour qui aurait du en être l’ouverture, Jean Zay rejoignait son unité de l’armée française… mais aujourd’hui, si le cinéma français est le plus florissant d’Europe, c’est indiscutablement à Jean Zay qu’il le doit !

Gérard Poitou

Contact Cercle Jean Zay: pierre-louis.emery@wanadoo.fr

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