Dimanche, Orléans aura un nouveau maire, Olivier Carré. Mais Serge Grouard qui vient de démissionner pour raison de santé, ne s’efface pas complètement du jeu municipal et deviendra même adjoint, et non simple conseiller. Il l’a confirmé devant la presse qu’il recevait pour la première fois depuis la lettre envoyée lundi aux habitants. Après avoir informé son équipe municipale, sa majorité et le reste de sa liste aux élections municipales, lundi à 14h.
Autrement dit, malgré ses problèmes de santé, Serge Grouard, même s’il “tourne une page”, ne quitte pas complètement le navire: ” je peux aider à tout ce qui a trait aux relations avec Paris pour défendre Orléans “. Sur deux points : d’une part le dossier de la métropole car il n’y a que trois capitales de région qui ne le soient pas, Dijon, Ajaccio et Orléans. Et aussi sur “tout ce qui a trait au Grand Paris et aux pôles de compétitivité”. Une sorte de ministre des affaires étrangères, le “Fabius” d’Orléans, plutôt le Villepin de la capitale régionale, un titre qu’il a largement contribué à préserver (avec Jean-Pierre Sueur), a-t-il affirmé.
Mais s’il continue à s’impliquer ainsi, Serge Grouard qui restera aussi conseiller communautaire, ne pourrait-il pas un jour revenir aux affaires? En 2017 par exemple pour prendre la présidence de l’agglomération tel que c’était “prévu”? “Non, je ne reviendrai pas sinon pourquoi arrêter…”, répond-t-il avec conviction. “C’est un abandon sans retour du fauteuil de maire, c’est un choix difficile, lourd, et il y en a peu qui prennent ce type de décision”, ajoute-t-il un brin agacé lorsque l’on insiste.
“C’est lui qui pilotera, pas moi”
Puisque cette opération de la vésicule était une alerte sérieuse, mais pas le signe d’une maladie gravissime, Serge Grouard ne resterait-il pas au sein de l’équipe municipale pour “surveiller” le nouveau maire, Olivier Carré? L’œil de Moscou à la façon du duo Poutine-Medvedev, lorsque le président russe s’était fait remplacer par son premier ministre pour mieux revenir aux affaires? “Non, il y aura un nouveau maire, c’est lui qui pilotera, pas moi”, affirme Serge Grouard. “Je n’interviendrai plus dans les affaires municipales.” Dans ce cas, on ne comprend pas très bien sa décision. Si sa situation personnelle l’exige, pourquoi ne pas arrêter complètement? Surtout qu’il ajoute: “Il y a une équipe qui fonctionne, elle est en ordre de marche”. Pourquoi aussi continuer à exercer son mandat de député (Les Républicains)? Député de la République serait-il presque de tout repos, susceptible de convenir à un convalescent?
Si l’on peut comprendre qu’après 14 ans de mandat le maire soit lassé de cette tache écrasante et souvent répétitive, certains, y compris dans son camp, n’hésitent pas à dire, “on sentait venir cette démission depuis quelques temps déjà. Mais cet accident de santé qui est réel tombe à pic, sans que son équipe puisse lui reprocher de l’abandonner, un an après avoir été élu”. ” Je prends cette décision pour les Orléanais, je ne veux pas les tromper”, réplique à Serge Grouard qui répète à l’envi, “je ne reviendrai pas, personne n’est irremplaçable”.
Pour Olivier Carré, derrière les apparences, ce n’est pas vraiment un cadeau que lui fait Serge Grouard en lui transmettant le bâton de maire. Ce n’est un secret pour personne que le premier maire adjoint qui a pris de l’envergure sur les dossiers du logement, de l’urbanisme, des nouvelles technologies et des finances, n’écarterait pas l’idée de briguer un portefeuille ministériel en cas de retour de la droite au plan national. Si c’était le cas, il lui faudrait à son tour céder les clés de la mairie.
Les cartes rebattues
Les cartes sont aussi rebattues pour les futures législatives, sur la deuxième circonscription, celle de Serge Grouard, voire sur la première, celle d’Olivier Carré, en 2017.
Pour l’heure, Olivier Carré, 54 ans, marié et père de cinq enfants, né à Orléans et en famille avec l’emblématique ancien maire Roger Secrétain, va s’installer dimanche dans le fauteuil laissé libre par Serge Grouard. Gardera-t-il la même équipe? “Il appartiendra à Olivier Carré de voir ça avec les uns et les autres…”.
Comme dit Serge Grouard, une nouvelle page d’Orléans se tourne.
Ch.B
– Lors des dernières municipales au moment de la constitution des listes, des rumeurs insistantes ont couru sur la candidature de l’adjoint au finance, Michel Martin. Elles laissaient entendre, à tort, que celui-ci ne se représenterait pas en raison de son état de santé. C’est ce que nous avons voulu expliquer dans une précédente version de ce papier. Il ne s’agissait en aucune façon de révéler que Michel Martin est souffrant, ce qui n’est pas, et n’a jamais été le cas. Qu’il veuille bien nous en excuser.
Publié le 23 juin 2015