
Spectaculaire Body Art !
Le Festival Hip Hop s’est terminé ce dimanche sous le soleil, par une joyeuse fête de la culture de rue place du Martroi. Si certains espaces étaient réellement l’occasion de découvrir le travail et le talent de certains jeunes, le terme générique hip hop étant assez élastique pour englober de façon illimitée toutes les formes d’une culture dite de la rue, la présence d’un match de basket ou d’une piste d’initiation au vélo pour les enfants n’avaient de commun avec le hip hop que de se passer dans la rue…
Laissons de coté ces questions de définition, et retour en photos sur les attractions de ce dimanche: la scène ouverte aux rappeurs amateurs de Radio Campus, les gymnastes de Body Art, les démonstrations de BMX ou de rollers…
Les Chiffres
En fin de journée dimanche, Béatrice Odunlami (Adjointe à la Jeunesse et organisatrice du Festival) nous communique les chiffres de fréquentation du Festival, pour un total estimé à 13 500 entrées, avec une fréquentation qui n’a cessé de grimper au fil des quatre jours. Pourtant ces chiffres ne peuvent que nous interroger, ne serait-ce que pour ce premier soir qui, selon les organisateurs, afficherait au compteur 1 662 entrées au Jardin de l’Evéché, les quatre photos sur lesquelles on distingue clairement le nombre de spectateurs devant la scène posent quelques questions:
ou bien les 1600 spectateurs manquants sont à la buvette, ou bien ils sont rentrés et ressortis presque aussitôt, ou ils se terrent derrière la régie son par crainte des décibels ?.. ( voir
Magcentre)
Et le rap…
Mais l’autre question qui se pose dans le bilan de ce festival, c’est l’étrange rapport qu’entretient la Mairie d’Orléans avec cette culture hip hop et plus particulièrement le rap, dont Béatrice Odunlami nous dit qu’il existe un rap sale qu’elle se refuse à programmer en tant qu’élue.
Ça donne à ce festival un fonctionnement un peu tartuffe, quand la ville refuse de programmer Alonzo et Lino pour des paroles incompatibles avec la charte du Festival, avec les conséquences désastreuses en terme d’image que cette polémique va provoquer dans les milieux rappeurs très susceptibles concernant la censure (une partie de l’absence du public jeune pourrait résulter du boycott du Festival par deux associations ), mais confie la programmation des autres soirées aux associations locales, principe très louable, qui conduit néanmoins à la programmation d’un groupe comme “la Rumeur” dont une phrase prise parmi bien d’autres “on va faire à la France ce que la France à fait à l’Afrique” résonne étrangement aujourd’hui.
Certes les “punch lines” des rappeurs ne sont pas forcément à prendre au pied de la lettre dans leurs propos provocateurs (parfois pourtant de haine évidente), et le concert de Blacko ce samedi soir (voir Magcentre) nous a donné un autre visage du rap actuel, il apparait pourtant bien difficile pour une élue soucieuse légitimement de valeurs positives pour la jeunesse, de définir la limite entre le rap “propre” et le rap “sale”.
Souhaitons donc que le prochain festival (pourquoi pas à la Source, nous dit Béatrice Odunlami, qui ne sera plus en charge de la jeunesse pour cette prochaine édition, suite au remaniement municipal de dimanche matin) tire l’expérience de cette édition avec ses réussites et ses contradictions, pour continuer à faire connaitre une culture hip hop en constant mouvement, dans sa diversité qui en fait la richesse et la complexité.
Gérard Poitou
http://www.orleans.fr/mes-loisirs/fetes-et-evenements/tous-les-evenements/le-festival-hip-hop.htm