A ceux qui l’ont figé dans ses erreurs de jeunesse au Front national, Guillaume Peltier a l’art de répondre par des formules chocs: il propose ainsi à la manière d’Arlette Laguiller, “de faire du Centre-Val de Loire, la région des travailleurs”. Il oublie les “travailleuses” mais c’est tout comme.

Guillaume Peltier
Et encore à la façon des plus ardents écolos militants de la décroissance, il demande en matière de budget de fonctionnement de la région, “une croissance zéro” alors que le budget primitif de la majorité PS-EELV, prévoit une progression de 1,5%. Enfin, Guillaume Peltier le patron de la droite et du centre au conseil régional endosse ses plus beaux habits gaulliens en remettant à la mode “la participation” des salariés aux bénéfices des grandes entreprises qui, dit-il, n’a jamais été appliquée.
Un budget “dépressif”
Entourée de sa garde féminine rapprochée, Claude Greff, députée d’Indre-et-Loire, Constance de Pélichy, maire de la Ferté-Saint-Aubin (Loiret) et Laurence Renier son homologue d’Aubigny-sur-Nère (Cher), Guillaume Peltier a présenté, en amont de la session régionale budgétaire de jeudi prochain, ses propositions au nom d’une attitude “constructive” et “pragmatique”, de l’opposition. Pour autant, le porte-parole national du parti Les Républicains, ne se prive pas en préambule d’un coup de patte sur le projet budgétaire de la gauche et de François Bonneau jugé, “dépressif et qui laisse dubitatif”, qui manque “d’audace, de vision et de cap”.
Comment atteindre cet objectif de croissance zéro en fonctionnement? “Toutes les communes baissent leur budget de fonctionnement, Saint-Denis-en-Val de 20%, Fleury-les-Aubrais de 30%… et la région elle augmente de 1,5% ses dépenses”. Les économies que la droite chiffre au minimum à 12 millions d’euros comme l’affirme Claude Greff, porteraient sur la communication, 4,2 m€, (dans quel domaine, ce n’est pas dit), sur les associations satellites (comme Culture O Centre) et sur le fonctionnement des fonds européens.
Faire payer le fraudeurs
Autre mesure, qui fait suite à un constat de la Cour des comptes sur la fraude dans les transports et qui coutent 500 millions d’euros par an en France, une lutte plus efficace avec la SNCF contre les fraudeurs et sur le recouvrement des amendes, qui pourrait générer 4 et 5 millions de recettes. Pour Guillaume Peltier la région doit être “la cabine de pilotage politique” des territoires. D’où cette proposition de mise en place de contre-partie au RSA en lien avec les départements à l’image de l’initiative prise dans le Haut-Rhin.
Enfin, et là encore le patron de l’opposition voudrait que la région Centre-Val de Loire soit novatrice en France, la droite proposera au nom de cette “région des travailleurs”, des mesures concrètes en faveur de l’apprentissage. En particulier sur le logement des apprentis que ce soit dans les pépinières d’entreprises, dans les foyers, dans les bâtiments communaux ou, comme cela se fait pour les étudiants, aux domiciles des personnes âgées isolés. En quelques clics, grâce à une plate-forme internet, les apprentis pourraient valider leur choix. Le “booking de l’apprentissage” en somme. Des ambassadeurs de l’apprentissage seraient chargés de populariser ce dispositif.
Réconcilier travailleurs et patrons
Quant à cette fameuse participation chère au gaullisme, Guillaume Peltier propose que les aides économiques régionales (et pourquoi pas le CICE qui passera sous la coupe des régions), soient conditionnées à l’application d’une participation des bénéfices, au minimum de 10%, en faveur des salariés. “Il s’agit aussi de réconcilier travailleurs et patrons”, commente Guillaume Peltier.
La gauche attrapera t-elle quelques perches tendues par son opposition? Des majorités d’idées déboucheront-elles de ce remue-méninges d’une opposition force de propositions? Réponse lors de la session budgétaire de jeudi, l’acte politique majeur de l’année, en l’absence de nouveautés tangibles sur la politique de formation.
Ch.B