Entre trublions comment ne pas s’apprécier? Ce mardi en milieu de matinée, Emmanuel Macron a posté sur son compte Twitter une photo si inattendue qu’on avait du mal à en croire ses yeux. On y voit, dans son vaste bureau de Bercy notre cher ministre de l’Economie découvrir le livre d’un Varoufakis plus que souriant « Avec Yanis Varoufakis pour parler d’Europe » mentionne la légende.
Lundi, le patron du tout nouveau mouvement « En Marche » a dit vouloir une refondation des textes européens dans moins de deux ans autrement dit une Europe recentrée sur quelques sujets ou plus fédérale. Ce même Emmanuel Macron qui s’apprête à user ses chaussures dans les rues d’Orléans le 8 mai veut « un plan de bataille » pour l’Union européenne passant par la convergence des grandes économies de l’UE, de la fiscalité, des retraites, de la couverture sociale, des salaires, et plus si affinités. Pour gagner cette guerre Jeanne d’Arc ne sera pas de trop !
De son côté, l’ancien ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, qui en juillet 2015, a claqué la porte du gouvernement Tsipras, en pleines négociations du plan de sauvegarde de son pays avec le FMI et l’UE et qui en janvier dernier a lancé un mouvement européen de gauche avec Arnaud Montebourg, vient de déclarer au journal « L’Opinion » : « J’aime beaucoup Macron, personnellement. On a travaillé ensemble. C’était le seul ministre français de l’administration de François Hollande qui semblait comprendre ce qui était en jeu au sein de la zone euro… On partage la même vision des profonds défauts de la zone euro, de la différence entre productivité et compétitivité…. Nous étions en désaccord en matière de réforme microéconomiques ou sur la libéralisation du marché du travail ». Une peccadille ! Pas de quoi se fâcher ni d’empêcher l’amitié car Yanis Varoufakis ajoutait : « J’étais un ministre de gauche en faveur de mesures libérales ». Là, Macron peut applaudir mais peut-il suivre Varoufakis sans au minimum un pincement au cœur quand celui-ci ajoute « François Hollande est une immense déception pour la gauche et pour la droite européennes, il mérite d’être oublié rapidement ». Si Emmanuel Macron approuve, cela s’appelle tuer le père. Sainte Jeanne au secours !
F.C.