Comme cela était prévisible, la motion de censure LR-UDI a été rejetée. Elle n’a obtenu que 246 voix alors qu’il lui en aurait fallu 288 (majorité ansolue) pour être adoptée et faire tomber le gouvernement. Seuls, n’étaient recensés que les votes favorables, la présence des députés de la majorité n’était donc pas numériquement nécessaire et beaucoup brillaient par leur absence en séance en commençant par les frondeurs.
Alors que place des Invalides proche de l’Assemblée nationale, comme dans de nombreuses villes des heurts violents avec les forces de l’ordre et le service d’ordre de la CGT agitaient les manifestations des opposants au projet de loi El Khromri, le débat s’est engagé dans un hémicycle où n’étaient présents pour l’essentiels que des députés de l’opposition.
Philippe Vigier : « des réformes étouffées »
Le chef de file des députés Les Républicains, Christian Jacob, a été le premier à prendre la parole. Il a promis l’enfer au gouvernement. « Le mieux qui puisse se produire pour la France est de mettre fin, et vite, à votre aventure et au quinquennat de François Hollande perdu et définitivement incurable »,a-t-il lancé à Manuel Valls au banc du gouvernement.
Son homologue de l’UDI, Philippe Vigier,s’est permis d’ironiser « Eh, Oh, la gauche où êtes vous ? ». Puis il ne s’est pas montré plus tendre que son collègue LR, « des velléités de réforme progressivement étouffées par la cacophonie qui règne à gauche et le silence cynique de François Hollande », a-t-il dit. Fidèle à la ligne de conduite de son groupe prêt à soutenir les réformes qui lui paraissent aller dans le bon sens, le député d’Eure-et-Loir s’est adressé au chef du gouvernement : « Vous êtes écartelés entre une gauche qui sent légitimement trahie et une droite vers laquelle vous ne vous êtes pas tournés » a-t-il lancé. Un Manuel Valls très combatif qui a répliqué qu’il « ne laisserait pas détruire la gauche de gouvernement ».
F.C