Les maires en congrès attendent François Hollande de pied ferme

Pour la première fois depuis son accession à la présidence de la République, François Hollande s’apprête cet après-midi à clôturer le Congrès des maires qui se tient comme chaque année au Palais des expositions de la Porte de Versailles à Paris.

Autre fait  exceptionnel cette 99e  édition a été ouverte par  le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, qui a, dans son discours introductif, refusé  « d’interférer » dans le débat qui oppose  les collectivités locales et l’État sur la baisse des dotations, tout en rappelant la France à son devoir d’assainissement des finances publiques, paroles qui, bien que mesurées, ont été loin de faire l’unanimité.

De François Hollande, les maires attendent un étalement voire une annulation de la baisse de la dotation globale de fonctionnement prévue en 2017. Selon une étude dévoilée  par l’Association des maires de France, la réduction des dotations en 2014 et 2015 a entraîné une chute de 25 % de l’investissement local  ce qui à leurs yeux justifie leur demande. Il est à peu près certain  que l’exécutif va faire un geste. Mais lequel ? Cette fois, le chef de l’État a été ferme : personne n’a eu le plaisir d’annoncer avant lui les décisions qui constitueront le cœur de son discours devant les maires assemblés. Tout le monde à l’Elysée, à Matignon et dans les ministères  a  du respecter la consigne.

Les quelques 10 000 édiles présents à Paris sont vent debout  contre la nouvelle baisse de la dotation globale de fonctionnement (DGF) qui s’élève à 3, 7 milliards pour 2017 dont deux pour les communes.  Aussi le chef de l’État va-t-il tenter de les amadouer. En amont, il a calibré sa communication. Devant une petite dizaine de maires réunis la semaine dernière à l’Élysée, il s’est laissé aller à dire : « Je dois dire quelque chose jeudi devant les maires, je ne dirai donc rien aujourd’hui », juste de quoi piquer la curiosité et aviver l’attente. Depuis les supputations vont bon train mais nul ne sait rien, bien que tout le monde pense, « ce ne sera pas vannes ouvertes ».

Même s’il sait ne pas couper aux railleries de l’opposition, François Hollande espère avoir trouvé le bon curseur. A un an de la présidentielle il veut éviter à tout prix de quitter la séance plénière sous une bronca.

F.C.

Publié le 2 juin 2016

Commentaires

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  1. Dotation Générale de Fonctionnement
    Collectivités locales

    Lors du congrès des maires de France se tenant en ces jours le sujet des dotations aux communes et de leur baisse constante depuis 2010 a été abordé.
    Laurent Hénart, maire de Nancy et président du Parti Radical, dans une intervention reprise par la presse a fait remarquer que l’effort de réduction des dépenses publiques a sur ce point été marqué par une baisse de 30% et qu’on ne peut en dire autant du montant global des dépenses publiques sur la même période. Mais son intervention sur la nature même de la dotation générale de fonctionnement a élargi le sujet et rejoint le propos d’une de mes interventions en réunion publique dans la commune d’Olivet.
    Ce sujet de l’engagement de l’État par l’intermédiaire d’une dotation dont les fondements restent mystérieux est prétexte à un jeu politicien dont les citoyens sont lassés. Ainsi sur Olivet la municipalité qui a mal évalué les incidences de cette baisse pour le mandat en cours malgré nos interventions en Conseil Municipal, est surprise de devoir annoncer une baisse de 3M€ sur le mandat. C’est la source de nombreuses remarques du maire sur le manque de finances. Mais le dernier compte administratif annuel voté a fait état d’un report de sommes non dépensées de 5,3 M€.

    Un consensus national devrait s’élaborer sur ce sujet. Naturellement, comme le dit le président du Parti Radical, les charges imposées aux communes devraient être précisées et leur spécificité donner lieu à financements. Certains postes existent correspondant à des principes de solidarité dans l’aménagement du territoire et à des décentralisations de tâches administratives régaliennes.
    Mais sur le reste, la responsabilité des choix budgétaires d’une commune devrait se passer d’alibis, source de faux fuyants dans la gestion des communes.

    Yves Martinez

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