Rétro: ces Parlementaires, comme l’Orléanais Serge Grouard, qui emploient aussi leur épouse

Qui aurait prédit en 2017 que l’homme qui irait féliciter à Moscou une équipe de France que personne ne voyait gagner la Coupe du Monde, s’appelait Emmanuel Macron? Cette année 2107 et le premier semestre 2018 ont été truffés d’événements inattendus et singuliers. Magcentre y revient chaque jour en Loiret, Loir-et–Cher dans toute la région, en politique, vie de la cité, société environnement, culture. Moteur, rétro.

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Ces révélations sur le candidat de la droite vainqueur de la primaire annonçait l’élection d’Emmanuel Macron qui allait bouleverser le paysage politique français. Quant à Serge Grouard, fidèle d’entre les fidèle, il fut l’un des rédacteurs du projet de l’ancien Premier ministre, François Fillon.. 

Première parution le 25 janvier 2017.

 

 

François Fillon a salarié son épouse durant des années comme attachée parlementaire, donc sur des fonds publics, il n’est pas le seul, c’est même une pratique très courante chez les parlementaires français. Et parfaitement légale. S’agissant de l’ancien Premier ministre le Canard estime qu’il s’agit d’un emploi fictif, personne ne connaissant Pénélope, ni à l’Assemblée, ni dans sa circonscription.

 

Ce n’est pas le cas par exemple de Sophie Grouard, assistante parlementaire du député Serge Grouard sur la deuxième circonscription du Loiret. Celle-ci travaille et travaille vraiment, à la permanence de Serge Grouard à Orléans, rue du Colombier et maintenant rue du Tabour.  Serge Grouard qui le fait savoir haut et fort, rédige le projet de François Fillon. Les parlementaire disposent de 9 561€ pour rémunérer leurs collaborateurs, en l’occurrence pour Serge Grouard, en plus de Sophie Grouard, une assistante à l’Assemblée nationale et une collaboratrice à temps partiel, Chrystelle de Filippi. Reste qu’un membre de la famille d’un député ne peut toucher plus de la moitié de cette enveloppe. Ouf.

Une personne de confiance

Serge Grouard et François Fillon.

Sophie Grouard travaille aux côté de Serge Grouard depuis 2002 et interrogé en 2012, le maire d’Orléans de l’époque indiquait que professeur d’Anglais à l’origine, elle s’était impliquée dans la campagne électorale. “Il faut une personne en qui le parlementaire a le plus confiance” explique une attachée parlementaire. Aujourd’hui, c’est de notoriété publique, Serge et Sophie Grouard sont divorcés, mais cette dernière continue d’exercer son emploi d’assistante.

20 % des députés salarient un membre de leur famille. Autre député du Loiret à avoir employé quelqu’un de sa famille, Claude de Ganay (LR) avec sa fille qui travaillait au pôle presse du ministère de la justice. Jean-Pierre Door (LR) a employé son épouse à mi-temps. “Le gouvernement a fait plein de choses sur la transparence de la vie publique, mais il faut continuer de faire le ménage”, dit Valérie Corre, la députée PS du Loiret, hostile à cette pratique  familiale. “Il faut de l’exemplarité, s’interdire certaines choses et si ce n’est pas compris il faut légiférer. Avec un revenu de 5 000€ par mois un député n’a pas besoin d’un complément”. 

S’inspirer des Parlementaires européens

Patrice Martin-Lalande

Claude Bartelone (PS) lui-même, le président de l’Assemblée, avait été épinglé pour avoir employé son épouse à son cabinet. Prompts à critiquer les institutions européennes, les parlementaires français feraient bien parfois de s’en inspirer. Le Parlement européen, depuis 2009, interdit aux députés d’employer des membres de leur famille. En France, depuis le scandale de l’affaire Cahuzac, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique permet aux citoyens de consulter dans les préfectures les déclarations de patrimoine de leurs députés et sénateurs. Une des avancées du quinquennat Hollande qu’on oublie trop souvent, mais qui n’est pas allée assez loin.

Une enquête du parquet financier

Bruno Le Roux

Mardi, Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur, déclarait?: «?L’emploi de conjoints ou parents comme attachés parlementaires devrait être interdit?». Le socialiste Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche, se prononce, lui aussi, pour la fin de cette pratique?: «?Il faut que tout parlementaire n’ait plus le droit d’embaucher ni son enfant, ni un cousin, un parent, son épouse. Il faut une frontière étanche?».

Salarier son épouse n’est certes pas illégal, si ce n’est pas un emploi fictif. Mais comment ne pas comprendre que les citoyens trouvent cela choquant. C’est le genre de pratique qui nourrit les candidats et les militants anti-système. Le parquet financier vient d’ouvrir une enquête préliminaire pour “détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recels de ces délits”. C’est François Fillon qui lors de la primaire de la droite et du centre avait lancé dans une allusion à peine voilée à Nicolas Sarkozy, “on n’imagine pas le Général de Gaulle mis en examen”. On ne l’imagine pas non plus employer son épouse, “tante Yvonne”. Pourtant, François Fillon et ses amis continuent de se réclamer du “gaullisme”.

Ch.B

 

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