Présidentielle : Jean-Pierre Sueur (PS) devant le choix cornélien

Comme le PS, certains élus socialistes sont coupés en deux. Après la primaire, la machine à diviser, la fracture apparaît nette, impossible à réduire d’ici le 23 avril. Écartelés entre le vote légitime pour le vainqueur de la primaire, Benoit Hamon et le vote dit “utile” pour Emmanuel Macron, les socialistes sont devant un choix cornélien.

 

Des éléphants régionaux comme Christophe Chaillou et maintenant Jean-Pierre Sueur sénateur du Loiret, préparent le terrain. Sans doute à un ralliement à Emmanuel Macron. Alors, en attendant que d’autres poids lourds du gouvernement et Manuel Valls se prononcent, probablement cette semaine, Jean-Pierre Sueur dans sa lettre numérique hebdomadaire, consacre un très long texte à la Présidentielle. 

Il rappelle que dès le soir de la primaire (alors qu’il avait soutenu Valls), il s’était rallié au vainqueur avant de signer un texte de soutien en sa faveur. 

J’ai pris cette position par fidélité à un parti, dont je suis l’élu depuis longtemps, dont j’ai beaucoup reçu et au sein duquel je crois avoir, là où je suis et là où j’étais, œuvré avec loyauté et conviction.”. Dans son programme i trouve plein de choses positives en matière d’éducation, de justice sociale et dans d’autres domaines.

Divergences sur le bilan

Mais, car il y a un mais, “Il existe aussi des divergences que je ne peux pas taire. Elles portent sur la conception du travail, sur l’énergie et aussi sur la politique économique.” Et sur le bilan de François Hollande dont Jean-Pierre Sueur estime que “l’histoire le réévaluera”, car il est en trains de donner des résultats, “de créer les conditions pour la croissance et l’emploi” Or chacun sait que Benoît Hamon s’est opposé à cette politique.”

Les reproches à Hamon

Les fameux couteaux que Benoit Hamon se plaint d’avoir dans le dos, il en a planté quelques uns dans celui de François Hollande.

À Benoit Hamon Jean-Pierre Sueur fait aussi le reproche de n’avoir pas dès son élection à la primaire, tenté de rassembler les socialistes et les “progressistes” y compris le mouvementent En Marche de Macron.

Ma position est exactement celle de Bernard Cazeneuve, celle d’un soutien exigeant.”

Malgré l’inflexion dans son discours de Bercy, le sénateur du Loiret demande à Benoit Hamon d’arrêter ses critiques contre le mouvement de Macron et de réserver ses flèches à Fillon dont il juge la candidature “pathétique“, et Le Pen.

Le sénateur du Loiret constate que, “de nombreux électeurs de François Hollande de 2012 jugent positivement la démarche” d'”Emmanuel Macron.

Jean-Pierre Sueur continue,  “…nombre de ses propositions sont réalistes et novatrices – même si je ne les partage pas toutes ! – et que, comme l’a bien dit Bertrand Delanoë, il « crée les conditions économiques pour pouvoir mettre en œuvre une politique de la solidarité » – ce qui, pour le coup, est authentiquement rocardien.

Une majorité En Marche et socialiste

“Et pour être tout à fait clair, je pense qu’il ne faut pas injurier l’avenir et que nous devrions œuvrer pour qu’il y ait une majorité à l’Assemblée Nationale unissant les socialistes et le mouvement « En Marche » et, bien sûr, d’autres encore… Préférons toujours l’ouverture à la fermeture !”

Avec le Premier secrétaire.

Plutôt qu’une cassure en deux du PS, le sénateur du Loiret prône encore “le rassemblement”. 

“…cette campagne présidentielle – et l’émergence du mouvement « En Marche » – montrent que nombre de nos concitoyens veulent voir « bouger les lignes » dans notre paysage politique. Cette aspiration est sans doute plus profonde que certains l’imaginent.”

S’agissant des sondages dont il faut se méfier, Jean-Pierre Sueur qui connait le sujet par coeur pour y avoir travaillé avec son collègue Hugues Portelli, regrette que certains médias et instituts refusent d’appliquer la loi sur la transparence. Il termine ce long texte dont on a du mal à comprendre au fil des lignes où il veut nous emmener, par un appel à “tout faire pour éviter que le Front National ne s’installe à l’Élysée, ce qui, en dépit des sondages, est un risque réel et ce qui serait une catastrophe pour l’avenir de la France et de l’Europe.”

 

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