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Les fêtes de Jeanne d’Arc, l’année d’après…

La célébration du 588e anniversaire de la délivrance d’Orléans par Jeanne d’Arc aura moins de résonance nationale que son édition précédente. Forcément. Olivier Carré, le maire de la ville peut difficilement inviter chaque année un futur Président de la République française ! Mais sur les plateaux de télévision où l’on disséquait (voire décryptait) dimanche les valeurs républicaines et assises sur l’Histoire d’Emmanuel Macron, le fameux discours d’Orléans sur Jeanne d’Arc en 2016 a été repris à l’envi.

Photos Marie-Line Bonneau

Devant les maires de la Métropole érigée au rang d’invité d’honneur de ces fêtes, Olivier Carré a d’emblée dans son discours de dimanche devant la cathédrale, rappelé ce qui se passait à 120 km de là, à Paris, où “notre nouveau Président a fait allégeance aujourd’hui même à la République française. Souhaitons lui bonne chance, comme à notre pays” (Lire par ailleurs)

“Le peuple a choisi l’audace”

Comme l’avait fait Emmanuel Macron l’an dernier, Olivier Carré à son tour a fait un rapprochement avec Jeanne d’Arc: “le peuple de France a choisi l’audace” a dit Olivier Carré à propos du nouveau Président. “C’est avec cette audace et cette sincérité, avec le mystère de sa foi et de son courage que Jeanne d’Arc, il y a six siècle, a pu refonder la France”. À la fin de son allocution, le maire L.R. d’Orléans dont on sait la bienveillance, voire la proximité avec le nouveau Président, a cité François Mitterrand, ce qui n’est doute pas innocent: “l’unité nationale ce n’est pas l’uniformité, c’est le pluralisme et le choc des idées, mais c’est aussi le sentiment d’appartenir à une communauté forgée dans l’histoire…”. Et en matière de choc des idées, Olivier Carré a de quoi faire, lui dont le conseil municipal compte une dizaine de membres partis, peu ou prou, vers En Marche. Et quelques partisans du “ni-ni” à l’heure du second tour.

 

Une métropole palette politique

En conviant “sa” métropole dont il deviendra fin juin le président, Olivier Carré l’avait réuni dimanche à assister au défilé (armée, associations, musiques et invités…) en arc de cercle. Le symbole d’une palette politique droite-gauche largement ouverte, comme se propose de le faire Emmanuel Macron dès lundi en nommant, cela ne fait guère de doute un Premier ministre de droite. Ces 20 maires réunis autour d’Olivier Carré, (Saran et sa maire Maryvonne Hautin avaient décliné l’invitation), représente l’échiquier politique “et ils travaillent sans problème ensemble” ,expliquait un élu.

La droite y est largement représentée avec Jacques Martinet (Saint-Denis-en-Val), Thierry Cousin (Saint-Pryvé-Saint-Mesmin), Alain Touchard, tous L.R., le centre droit avec Marie-Agnes-Linguet (Fleury-les-Aubrais), les juppéistes de LR avec Mathieu Schlesinger (Olivet) et puis la gauche social- démocrate avec Christophe Chailou (Saint-jean-de-la-Ruelle), Jean-Claude Thiberge (Saint-Jean-de-Braye), Nicolas Bonneau (La Chapelle-Saint-Mesmin), Christian Dumas (Ingré) tous PS, et même les presque macroniste comme Jean-Vincent Valies (Chécy). Tous vont aussi gouverner ensemble.

Un défilé de… candidats aux législatives

Conduit par Priscille de la Bâtie, une Jeanne 1997 souriante et mutine, le cortège a permis ensuite à ces élus métropolitains de mesurer une popularité dans l’ensemble d’un bon niveau. D’autres écharpes tricolores ont profité de cette foule massée sur le parcours, et il faut en convenir moins dense que l’an passé, pour faire une campagne électorale législative qui s’annonce courte et intense. On a ainsi vu l’ancien maire d’Orléans, Serge Grouard, serrer un maximum de mains, Charles Eric-Lemaignen candidat aux législatives, et président de la métropole jusque fin juin, échanger quelques mots avec ses électeurs potentiels de la 1ère circonscription, malgré une voix cassée.

Valérie Corre la sortante PS de la sixième a aussi salué ses supporters, pas très loin d’Alexandrine Leclerc sa rivale UDI, et puis il y avait encore d’autres candidats, Claude de Ganay (sortant LR de la 3e) et les investis du Front national comme Jeanne Beaulier sur la 5e, Ludovic Marchetti (4e) tous deux conseiller régional avaient aussi tenu à fêter Jeanne d’Arc en défilant aux côté d’un des députés européens du FN, Bernard Monot, élu du massif central Centre.

Le FN a salué aussi Jeanne d’Arc

Celui-ci, qui est l’économiste reconnu de l’équipe de Marine le Pen, confirmait d’ailleurs en aparté que le parti abandonnait bien la sortie de l’euro, contre l’avis de Florian Philippot, un des responsables selon toutes vraisemblances de la défaite de Marine Le Pen. “De toutes façons l’euro va s’écrouler tout seul” expliquait Bernard Monod.

Après l’attentat de Nice, les fêtes de Jeanne d’Arc 2017 avaient été placées sous très haute sécurité. Des blocs de béton de 1,5 tonnes installés dans les rues adjacentes au parcours pour éviter les camions terroristes et des policiers, gilets pare-balles et lourdement armés ont sécurisé les milliers de spectateurs groupés tout au long du centre ville. D’ailleurs, la police municipale d’Orléans, qui d’ordinaire défile dans le cortège, avait été intégrée au dispositif de sécurité ce qui lui a valu des applaudissements nourris.

Vendredi  soir, devant le théâtre, le set électro pour sa dixième édition a évité de peu les trombes d’eau, le versant très jeune des fêtes s’est donc déroulé dans une ambiance électrique, là encore devant un public moins dense. Et toujours vendredi, la cathédrale Saint-Croix, tant lors du son et lumière de Xavier de Richemond que dans le discours d’Olivier Carré, ont rendu hommage à six femmes de la Résistance, des femmes qui comme Jeanne d’Arc, “ont évité à la France l’infamie”. 

Samedi soir, Laurent Voulzy avait à sa manière, rythmée de poésie, rendu un hommage talentueux à Jeanne d’Arc. Mais comme l’a dit Olivier Carré, c’est à Paris que se faisait dimanche l’histoire de France. En choisissant en 2016 de célébrer Jeanne d’Arc à Orléans, l’une des héroïnes de notre récit national, symbole quoi qu’on en dise, de l’union de la France, Emmanuel Macron avait fait un premier pas. En marche vers l’histoire.

Ch.B

Olivier Carré: “la grande aventure du temps présent

Le discours du maire d’Orléans devant les 20 maires de la métropole aux fêtes de Jeanne d’Arc.

“Merci à vous toutes et à vous tous habitants de notre métropole ou d’ailleurs, à vous qui nous faites l’amitié, en cet après-midi, de venir célébrer à nos côtés ce 588ème anniversaire de la délivrance d’Orléans.
Ce dimanche 14 mai est singulier. Nous célébrons ici Jeanne d’Arc. Et à Paris, notre nouveau président a fait allégeance aujourd’hui même à la République française. Souhaitons-lui bonne chance. Comme à notre pays.
Le voilà en charge de la France. Une France divisée entre ceux qui gardent confiance en son avenir et ceux qui pensent avec nostalgie à son passé, souvent réinventé d’ailleurs. Entre les deux, le peuple de France a choisi l’audace. Ce choix est sans doute le bien le plus précieux qui puisse être donné à un nouveau chef pour accomplir ce qu’il y a de plus utile : rendre possible aujourd’hui ce qui ne l’était pas hier. Alors, tout n’est plus qu’une question de sincérité, de cette sincérité qui transforme les paroles en actes.
C’est avec cette audace et cette sincérité, avec le mystère de sa foi et son courage, que Jeanne d’Arc, il y a six siècles, put refonder la France.
Les certitudes et les ordres établis n’avaient pas résisté à la folie de Charles VI. L’unité du royaume, patiemment construite durant quatre siècles, avait volé en éclat.
Le pays souffrait. Le peuple de France souffrait.
La guerre de cent ans avait dévasté presque tous les prieurés et les abbayes des alentours d’Orléans. À Saint Cyr, le château de Cormes avait été détruit par les anglais. À Ingré, ils avaient incendié l’église où s’était enfermée la moitié du village, qui y périt brulée vive. L’autre moitié fut jetée dans un puits dont personne ne réchappa. L’abbaye de Micy, qui assurait la prospérité de Saint Nicolas aujourd’hui rattaché à Saint Pryvé, fut elle-même pillée, tout comme l’église de Marigny.
Délivrer Orléans, c’était assurer le retour de la prospérité pour tous les villages des alentours et la fin des pillages anglais. Sans doute est-ce pour cela que dans ses périples, entre le 28 avril et le 7 mai, Jeanne est acclamée à Olivet, à Saint Jean le Blanc, à Saint Denis, sur les plaines de Cornay, lorsqu’elle passe la Loire par le Port Saint Loup, près de Combleux, à Chécy ou encore à Saint Jean de Braye.
Entendez ces noms. Mes chers collègues, retrouvez votre histoire, notre histoire. Comme la France, nos territoires ne sont pas une page blanche. Notre communauté de destin ne se forge pas au détour d’une loi. Ce sont les siècles qui ont tissé nos destins individuels pour n’en faire plus qu’un.
Orléans, le dimanche 14 mai 2017
Ce destin commun, notre destin, qui est d’être « au pays de Loire », naturellement Val-de-Loire, à l’orée des forêts des Carnutes, et ses mystères, et à la porte de la Sologne et de ses animaux de légende. De voir Orléans posé sur le bec d’Allier comme un point sur un I.
Notre destin, accompli en bâtissant une métropole d’équilibre qui rassure les villages qui nous entourent et qui est solidaire de ceux qui y vivent au-dedans, une métropole utile aux territoires.
Notre destin parce que noeud d’échanges, jadis en connivence avec les négoces venus d’Amérique et aujourd’hui irriguant tout le sud de l’Europe. Être une métropole qui épouse les contours de l’Ile de France sans déflorer son identité. Qui, à l’heure des innovations les plus prometteuses, est une terre où ceux qui entreprennent, réussissent.
Notre destin de grande ville universitaire et intellectuelle qui accueillit jadis Erasme, Calvin, Théodore de Bèze, et qui excelle aujourd’hui en recherche et en formation dans de nombreuses disciplines scientifiques. Une ville de tolérance et d’humanisme qui s’empara de l’esprit de Jean Zay.
Notre destin de cité culturelle et de création où l’architecture, le spectacle vivant, la musique, l’Art ont toujours eu droit de cité et où le 21ème siècle vibre de toutes ses cordes.
Notre destin d’être une terre de concorde comme nous l’avons été sous les capétiens, puis avec Henri IV qui promit ici une cathédrale juste après avoir signé l’Édit de Nantes, ou encore le Président Doumergue qui, le 8 mai 1929, à Orléans, mettait fin à la querelle de l’église et de l’État.
Eh bien, notre destin, nous, les 22 maires de la Métropole, nous avons décidé de l’accomplir ensemble, en gardiens de ce qui nous unit et en fidélité à ce qui nous rassemble, et qui va bien au-delà de nos contingences partisanes.
Le 8 mai 1982, ici à Orléans, François Mitterrand disait : « L’unité nationale ce n’est pas l’uniformité, c’est le pluralisme et le choc des idées, mais c’est aussi le sentiment d’appartenir à une communauté forgée dans l’Histoire, apte à épouser son époque, prête à la grande aventure du temps présent.»
« La grande aventure du temps présent » nous y sommes. À Orléans comme en France.
D’autres nous succèderont. Mais ils auront l’exemple de cette concorde, de cette fraternité.
Soyons fiers et humbles de porter cette mission. Fiers parce que le legs des siècles est magnifique et féconde l’avenir, et humbles car le travail à réaliser est immense.
Et gardons en permanence à l’esprit ce qu’Orléans est : une ville où la France a toujours su puiser l’encre pour écrire les nouvelles pages de son Histoire.
Vive Orléans-Métropole
Vive la République
Vive la France”

 

 

Commentaires

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  1. J’espère que Maryvonne Hautin avait une bonne excuse pour expliquer son absence. La politique de la chaise vide et le misérabilisme de Saran, ne constituent pas une politique.
    Ces fêtes un peu étriquées ne resteront pas comme un grand cru. Défaut de l’invité prévu, défilé militaire et aérien fort réduit, absence de la Garde républicaine, ordre protocolaire bizarre, avec un général placé au second rang, derrière un colonel.
    Et une “Jeanne 1997”, selon Christian Bidault (voir ci-dessus), qui ne nous rajeunissait pas.
    Celui qui manquait le plus à ces fêtes 2017, c’était le docteur Louis Boyer, ancien maire de Gien et parlementaire, décédé à 95 ans, après une vie bien remplie au service de ses concitoyens.

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