Nouvel an chinois: nouvel an de la censure de la presse

La ville d’Orléans a institué depuis trois ans une nouvelle tradition: fêter le nouvel an chinois.  Cette quinzaine chinoise a l’aimable ambition de nous faire mieux connaitre nos amis chinois et leurs traditions séculaires. Il est pourtant bien inutile de s’interroger très longtemps sur les motivations intéressées de cette nouveauté qui oublie singulièrement bien d’autres traditions festives communautaires locales. Mais mieux connaitre la Chine c’est, sans aucun doute aussi,  lire le rapport annuel de Reporters sans frontières sur ce pays classé, en matière de liberté de la presse, au 176e rang mondial sur 180 pays listés, pays seulement dépassé dans l’indignité par la Syrie, le Turkménistan, l’Érythrée et la Corée du Nord.

2010 Crystal Chow demande au gouvernement chinois de libérer les deux dissidents Liu Xiaobo et Tan Zuoren



Mieux connaitre la Chine, c’est également savoir qu’en juillet 2017 est mort en prison Liu Xiaobo, prix Nobel de la Paix en 2010 pour son action pour la démocratie en Chine. Dans l’histoire, seuls deux prix Nobel de la paix sont morts en captivité sans avoir pu recevoir leur récompense: le journaliste allemand Carl von Ossietzky, en 1936, interné en camp de concentration par les nazis avant de mourir à l’hôpital. Et le poète chinois Liu Xiaobo, qui purgeait en 2010 une peine de onze ans de prison pour «subversion du pouvoir de l’Etat».

Défendre l’idéal démocratique, fondement de notre liberté, c’est aussi ne pas s’abaisser à cette flagornerie décervelée devant cette nouvelle puissance commerciale dominatrice, la ville d’Orléans s’honorerait de le rappeler, dans son programme festif, à nos concitoyens .

GP

La Chine, première prison du monde pour les journalistes-citoyens

Premier censeur de la planète et prédateur de la liberté de la presse, le président chinois Xi Jinping est l’instigateur d’une politique visant au contrôle hégémonique de l’information et à l’instauration d’un ordre médiatique mondial largement influencé par la Chine.

Plus de 100 journalistes et blogueurs et de militants des droits humains, y compris étrangers, ont été arrêtés par les autorités et contraints de passer aux aveux. En violation du « droit fondamental à un procès équitable », ces aveux sont ensuite diffusés par la chaîne d’information d’État CCTV et relayés par l’agence de presse Chine Nouvelle. Plus de 100 journalistes et blogueurs sont actuellement emprisonnés. Parmi eux, la célèbre Gao Yu ainsi que les reporters et lauréats du prix RSF pour la liberté de la presse Lu Yuyu, Li Tingyu et Huang Qi, fondateur du site d’information 64Tianwang.

la “Grande muraille” de la censure

La prochaine mesure annoncée est peut-être la plus grave. Le pouvoir de Pékin a en effet ordonné aux opérateurs télécom de mettre fin à tous les services VPN (virtual private networks) à compter de février 2018. Ces systèmes qui permettent de contourner la censure sont utilisés par des millions de Chinois, dont un grand nombre de chercheurs et d’entrepreneurs, et par la plupart des étrangers de Chine. Si l’interdiction des VPN devient effective, la “Grande muraille” de la censure chère à Xi Jinping sera devenue réalité.

Reporters sans frontières novembre 2017

https://rsf.org/fr

La Corée, la Chine et nous

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