Blois Rendez-vous de l’Histoire : Plantu présidera « La Puissance des images »

Fondé par Plantu il y a 12 ans et placé sous le haut patronage de Kofi Annan jusqu’à son récent décès, l’association de dessinateurs de presse Cartooning for Peace présidera la 21e édition des Rendez-vous de l’Histoire de Blois qui s’intéressera cette année à la « Puissance des images ». Un coin du voile a été soulevé face aux médias régionaux mardi 4 septembre, à 40 jours du début de cette incontournable manifestation d’historiens qui attire entre 30.000 et 40.000 personnes dans la cité royale.

Plantu et en arrière plan Francis Chevrier, directeur des Rendez-vous de l’Histoire de Blois.

Propagande, manipulation, droits d’auteur, déontologie, art, peintures, icônes… Depuis la préhistoire, les images n’ont cessé de s’affirmer et « leur flot est devenu prodigieux » pour reprendre les termes de Jean-Noël Jeanneney, président du comité scientifique des Rendez-vous de l’Histoire de Blois. « L’unité par rapport à l’infini : et d’un seul coup, une image vient tout rassembler » a dit avec son habituelle faconde Jean-Noël Jeanneney, historien et ancien secrétaire d’État, producteur notamment de l’émission Concordance des Temps sur France Culture le samedi matin. Qui mieux que Plantu avec lui l’impressionnant cortège des 200 dessinateurs de presse de l’association Cartooning for Peace pour présider « la Puissance des images », thème des 21e Rendez-vous de l’Histoire de Blois du 10 au 14 octobre prochains ? « C’est génial que les historiens des Rendez-vous de Blois m’aient sollicité », lance-t-il dans un grand sourire de satisfaction. « Quand j’étais petit, j’adorais les collections Bordas. Aujourd’hui, les livres d’histoire ou d’économie reprennent mes dessins. Ces derniers traduisent, je suis un interprète » ajoute celui qui avoue avoir eu une scolarité en dents de scie, préférant plutôt regarder les images de tous les supports qui s’offraient à lui plutôt que de bûcher ses cours. « Je rêvais la petite histoire par les images. Mais sans les mots, un dessinateurs n’est rien ». Il sera accompagné par le dessinateur israélien Michel Kichka et le Belge Kroll.

Créée il y a 12 ans au lendemain de la fatwa lancée contre un caricaturiste danois Flemming Rose qui avait publié des dessins du prophète Mahomet dans le Jyllands-Posten, l’association Cartooning for Peace rassemble environ 200 dessinateurs dans 54 pays. « Il s’agissait de faire des ponts entre les cultures, de réveiller la démocratie un peu endormie, de protéger un peu les dessinateurs menacés en mettant un coup de projecteur sur ce qui leur arrive régulièrement : la censure, les menaces de mort, voire la mort elle-même » explique Plantu, qui avoue, depuis 1972 qu’il dessine au Monde, « avoir une liberté incroyable, un des seuls journalistes à avoir une telle liberté ».

“Pourquoi vous ne dessinez pas des papillons ?”

Plantu.

Très préoccupé par l’apprentissage du sens critique des jeunes écoliers, collégiens et lycéens français, Plantu fait régulièrement la tournée des établissements, avec d’autres dessinateurs de presse, afin de sensibiliser les jeunes à une lecture critique de l’image. 800.000 élèves ont été touchés par ces interventions en milieu scolaires, où parfois il peut être confronté à des remarques décapantes : « Dans un collège à Marseille, un élève m’a dit : vos copains dessinateurs sont morts, c’est bien fait pour eux. Pourquoi vous ne dessinez pas des papillons ? ». Lui qui reconnaît aussi que « le boulot du dessinateur de presse, c’est de flirter avec les interdits » propose quotidiennement au Monde trois, quatre ou cinq dessins dont un seul se retrouvera en Une. Mais Plantu craint qu’après lui, « personne ne reprenne le flambeau. Ça devient de plus en plus compliqué de faire du dessin de presse, ce qui montre bien que la censure n’est pas réservée seulement à certaines parties du monde… ».

Nul doute que du 10 au 14 octobre prochains, à Blois aux Rendez-vous de l’Histoire, on en parlera…

F.Sabourin

Le festival en chiffres : 45.000 festivaliers ; 1000 invités ; 500 conférences et débats ; 300 auteurs en dédicace ; 200 éditeurs ; 60 films.

C’est nouveau : une attention particulière aux médias locaux…

Ce déjeuner de presse en présence du président de la 21e édition des Rendez-vous de l’Histoire de Blois, au Conseil régional Centre-Val de Loire à Orléans est une nouveauté de la part de Francis Chevrier et Jean-Noël Jeanneney, respectivement directeur des RVH et président du comité scientifique. Jusqu’ici, il fallait se déplacer à Paris pour assister à la conférence de presse qui donnait naturellement la part belle aux médias nationaux, plus à même sans doute de donner le retentissement recherché par les organisateurs. Les « petits médias locaux » étaient relégués à la portion congrue, et, hormis les incontournables quotidiens régionaux NR et La Rep, les autres avaient bien du mal à obtenir des rendez-vous téléphoniques avec l’un ou l’autre de ces brillants organisateurs avant l’évènement. Et pourtant, ces petits médias locaux ne ménagent pas leur peine, l’évènement venu, affairés 18h sur 24 pour assurer, avec des moyens humains souvent limités, la couverture médiatique des « Rendez-vous ». Est-ce pour cela que Francis Chevrier et Jean-Noël Jeanneney ont plusieurs fois appelé les médias régionaux présents à ce déjeuner de presse du 4 septembre à assurer « une belle couverture » de ces 21e Rendez-vous de l’Histoire ? Peut-être ne jettent-ils qu’un œil distrait habituellement, ne se rendant pas compte du boulot abattu lors de cet incontournable évènement blésois… ? En tout cas, à la question : « y aura-t-il une conférence de presse à Paris, comme l’an dernier au dernier étage de l’immeuble de la MGEN à Montparnasse (avec vins fins et petits fours, Ndlr) ? », Francis Chevrier a été formel : « non, pas cette année. Nous avons décidé de faire cela ici, à la région ». Les partenaires historiques – Le Monde, France Culture, France Inter et le magazine l’Histoire (entre autres) – n’ont donc qu’à bien se tenir : les « petits » médias locaux font aussi le job…

 

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