L’Afpa utilise le conditionnel pour ses fermetures en région, et verrouille sa communication…

Après le coup de tonnerre hier de l’annonce de cinq fermetures de centres Afpa en région Centre-Val de Loire (Blois, Montargis, Châteauroux, Issoudun et Tours-Veigné, lire notre article du 18 octobre) suite à l’annonce par le comité national de cet acteur historique de la formation en France, aujourd’hui se réunissait le comité régional d’établissement, avec les organisations syndicales.

Quel va être vraiment le sort des centres Afpa de la région Centre-Val de Loire ? Hier soir, on parlait ici ou là non pas de fermetures mais de “redimensionnement d’activités”, dans un joli euphémisme qui sent bon les éléments de langage. Vendredi 19 octobre s’est réunit le comité régional d’établissement avec les syndicats. Dans un communiqué envoyé en fin d’après-midi par la direction nationale de la communication de l’Afpa, celle-ci fait savoir que : “L’Afpa fait le choix d’opérer des déplacements et regroupements de centres et d’optimiser les fonctions supports au siège et en régions afin de redresser sa situation financière (…) Sur la région Centre Val de Loire qui comprend 9 sites, l’Afpa fermerait 1 centre principal qui ne trouvait plus sa demande (Châteauroux) et 4 centres associés (Blois & Montargis qui seraient relocalisés en cœur de ville en centre 2.0, Tours Veigné qui serait regroupé avec le centre de Tours St Symphorien, Issoudun dont l’activité serait transférée dans d’autres sites Afpa adaptés). L’Afpa transformerait les autres centres afin d’être plus ouverts sur leur territoire et plus en capacité de répondre à la demande de formation des demandeurs d’emploi”.

Si les mots “fermerait, regroupé, et transféré” sont facile à comprendre, que faut-il entendre en revanche par “relocalisés en cœur de ville en centre 2.0” pour ce qui concerne Blois et Montargis ? À l’heure actuelle, difficile d’en savoir plus, nous n’avons pas pu obtenir davantage de précisions.

Selon une source proche de l’institut de formation, “La région Centre-Val de Loire a considérablement baissé la commande de l’Afpa. S’il ne reste, par exemple aujourd’hui, qu’une formation à l’Afpa de l’Indre, c’est parce qu’à la suite du dernier appel d’offre, elle a choisi un autre organisme moins disant… L’Afpa doit se réformer sauf à ce que les contribuables continuent à payer pour une entreprise dont les déficits abyssaux ont toujours été comblés par l’État”, explique ce proche de l’Afpa qui souhaite garder l’anonymat. La situation financière n’est en effet guère reluisante : “L’Afpa présente des pertes cumulées de 723 millions d’euros entre 2012 et 2016. En 2017, le résultat brut d’exploitation a été négatif à hauteur de 24 millions d’euros et une perte d’exploitation de plus de 70 millions d’euros est estimée pour 2018” indique l’Afpa elle-même dans son communiqué.

“Le plan engagé par l’Afpa pour les années 2019-2020, qui sera négocié avec les partenaires sociaux, prévoit de supprimer 1541 postes en CDI d’ici fin 2020, dont 75 en Région Centre Val de Loire” ajoute ce communiqué officiel, en prenant bien soin de préciser qu’une “solution serait proposée à chaque personne concernée par ce plan. Des dispositifs de mobilité interne et externe seraient mis en place, dans le cadre d’un accompagnement individualisé. Les départs naturels à la retraite sur la durée du plan concerneraient environ 600 personnes”.

F.Sabourin

À Blois, que vont devenir les 48 migrants qui séjournent dans les locaux du centre Afpa ?

L’Afpa à Blois, ce ne sont pas que des plateaux techniques pour aider les adultes à se former en vue d’un métier. Ce sont aussi des locaux type internat où peuvent loger les personnes qui suivent ces formations. Le 30 octobre 2015, au début de l’arrivée en Europe et en France de quelques milliers de migrants fuyant les combats et les situations de grandes tensions dans leurs pays, 40 d’entre eux furent logés dans le centre Afpa de blésois, rue de l’Érigny. Leur nombre n’a cessé de varier depuis trois ans. Combien sont-ils encore aujourd’hui ? Certaines sources parlent de « 36 ». Interrogée sur le sujet, la préfecture de Loir-et-Cher a indiqué que « notre demande était en cours » (on attend toujours). Valérie Girard, directrice du centre Afpa blésois et d’Orléans répond quant à elle dans la soirée du 19 octobre que le CAO (Centre d’accueil et d’orientation) des migrants de Blois ce sont « 48 personnes que nous accueillons actuellement ». Interrogée sur le devenir éventuel de ces personnes, la direction nationale de la communication de l’Afpa indique qu’elle apportera des précisions « lundi ».

Revenez lundi, donc.

 

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