Le Ceser, rond-point central du dialogue avec les « gilets jaunes » ?

Substituer le débat aux violences

Eric Chevée, président du CESER

Ce lundi après-midi, en présence de la SGAR (Secrétaire Générale à l’action régionale), représentante du préfet de région, les conseillers du CESER (Conseil économique, social et environnemental) du Centre-Val de Loire ont débattu d’une motion consacrée au mouvement des « Gilets jaunes », moment d’écoute des « paroles d’en bas » d’une deuxième assemblée régionale dont la dénomination ne pouvait que la rendre attentive à la crise actuelle, globale et multiforme.

Si la condamnation de toutes les violences n’a guère suscité de controverses en-dehors de la demande de clarification de son acception et de son effet sur le débouché des revendications, l’analyse des causes de ce mouvement, et surtout le rôle de la société civile organisée ont alimenté ce débat.

Diagnostics pluriels : Co-construction, indépendance ou relais ?

Chaque acteur ou groupe a insisté sur ses priorités : intégration de la jeunesse, lutte contre la pauvreté, ras-le-bol fiscal, prise en compte des mutations démographiques et familiales, crise du contrat social au moment de la transition écologique, les diagnostics abondent, les remèdes peuvent différer.

L’urgence de l’ouverture du dialogue proposée par le texte du comité des vice-présidents a été saluée par la CFDT, mais à condition de respecter les acteurs sociaux et que de réelles perspectives soient au rendez-vous telles que l’ajout de tranches supérieures de l’impôt sur le revenu et de l’impôt sur les successions. De même le Medef a insisté sur l’urgence, pour l’économie et le commerce, d’une sortie de crise.

Naturellement, au nom de sa tradition séculaire d’indépendance syndicale issue de la charte d’Amiens, FO a rappelé ses réticences envers toute participation à une co-construction de décisions politiques de sortie de crise. Quant à la CGT, elle a dénoncé les fractures sociales et territoriales croissantes, l’amenuisement de la part des salaires dans la valeur ajoutée et l’injustice de la réforme des retraites à venir, les atteintes aux libertés syndicales et les carences de la démocratie représentative.

Devant la mairie d’Orléans.

Fin du monde et fins de mois, la SGAR à l’écoute, coûte que coûte

L’intervention la plus virulente contre le mouvement est venue d’une représentante de l’écologie, très critique sur les revendications et même sur les comportements adémocratiques des « gilets jaunes ». Représentante de l’Etat, la SGAR a noté scrupuleusement les paroles prononcées. Elle a rappelé la difficulté d’une concertation avec un mouvement spontané, le rôle de la Commission nationale du débat public, des Ceser, des maires autour des thèmes de la vie quotidienne, de la fiscalité et de la présence des services publics, d’une nouvelle citoyenneté active.

Rendre le CESER aux territoires

Comme le CESE, le CESER Centre-Val de Loire entend contribuer à la réflexion par l’apport de ses travaux antérieurs sur la pauvreté, la Santé, la mixité, tout en revenant vers la base : les organisations départementales et locales, faire remonter leurs aspirations, rencontrer et auditionner les « gilets jaunes », faire remonter les cahiers de doléances municipaux, voire associer directement des citoyens (tirés au sort ?) aux travaux du CESER.

Si l’urgence n’est pas dans la culture des CESER, leurs présidents se sont engagés à faire remonter  au plan national une synthèse dès la mi-mars. A Orléans, le travail des commissions du mois de janvier 2019 sera totalement consacré à cette contribution.

Charles Fournier

Majoritairement, la motion votée, en dépit de l’opposition de la CGT et de FO, reflète les interventions : appel à la fraternité et à la justice, à l’écoute et au dialogue, très loin du culte de l’homme providentiel et des premiers de cordée…

Joignant les mots aux choses et les actes aux paroles, la séance a été opportunément conclue par la signature d’une charte sur la mixité entre le président du CESER, Eric Chevée, le vice-président de la région délégué à la démocratie et aux initiatives citoyennes, Charles Fournier et la conseillère régionale déléguée à l’égalité, Fanny Pidoux.

Engagement au progrès rapide de la mixité et de la parité : un début de réponse concrète, et par l’exemple, à la crise de la représentation démocratique.

Paul Vuizet.

Commentaires

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  1. Il n’est que de voir qui ont été les Présidents successifs de ce “bidule” pour savoir qu’ils n’en ont rien à faire du petit peuple. Et les syndicats ont l’impression d’exister en siégeant dans ces institutions. Pendant ce temps, la fanfare joue, les troupes défilent et la peste brune se répand …

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