Affaire Benalla : le Sénat passe à l’offensive

Si Alexandre Benalla a cru qu’il pourrait “enfumer” les sénateurs, il s’est mis le doigt dans l’oeil jusqu’au coude. Les sénateurs sont des sages qui vont jusqu’au bout de ce qu’ils entreprennent et  n’apprécient pas du tout qu’on leur mente ou qu’on se croit autorisé à les mener en bateau.Ils n’ont pas le pied marin et ne se sentent bien que sur la terre ferme Lorsqu’ils ouvrent une commission d’enquête, ils se donnent le temps de décortiquer jusque dans les plus infimes détails le sujet dont ils se sont emparé. Dès septembre Alexandre Benalla aurait du prendre en compte ce paramètre mais il était habitué à d’autres .

Alexandre Benalla.

Alertée par la presse en cette fin décembre la commission  sénatoriale qui enquête sur l’affaire Benalla a découvert que « M. Alexandre Benalla aurait fait usage au cours des derniers mois des passeports diplomatiques qui lui auraient été délivrés dans le cadre de ses fonctions à l’Elysée ». La commission  a vu rouge d’autant plus que devant elle et sous serment le 19 septembre 2018, M. Benalla avait déclaré les avoir laissés à l’Elysée. Elle a immédiatement demandé des explications à Jean-Yves Le Drian, ministre des affaires étrangères, à Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur et à la présidence de la République.

Des SMS à Macron

Alexis Kholer avec Jean-Pierre Sueur (Loiret), rapporteur de la Commission d’enquête du Sénat.

Décidément Alexandre Benalla n’en finit pas d’empoisonner la présidence d’Emmanuel Macron! Du Benalla au Tchad en plein milieu des gilets jaunes pour finir 2018 et commencer 2019 en étant obligé de reconnaître que oui , lui, le président de la République, il a bien correspondu par SMS avec son ancien adjoint de sécurité après son  licenciement. La Commission sénatoriale fait savoir qu’elle « vérifiera que la sanction de licenciement infligée à M. Alexandre Benalla a bien entraîné l’arrêt de toute collaboration entre l’intéressé et la présidence de la République ». Elle ajoute en prime qu’elle souhaite également « des éclaircissements concernant d’éventuelles activités privées notamment dans le domaine de la sécurité réalisées par MM. Alexandre Benalla ou Vincent Crase lorsqu’ils étaient en fonction à l’Elysée ». Et pour faire bonne mesure, le président de la Commission, le LR Philippe Bas, les deux co-rapporteurs, Muriel Jourda et Jean-Pierre Sueur PS ont indiqué  qu’«  en fonction des informations qui nous auront été transmises, nous apprécierons s’il y a lieu de procéder à de nouvelles auditions voire de saisir la justice ». Voilà qui augure de nouveaux rebondissements et de d’autres embarras pour le président de la République.

F.C

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