Dans l’Indre, Emmanuel Macron a rencontré les maires ruraux

Dans le cadre du septième acte du Grand débat national, le président de la République était ce jeudi dans l’Indre, à Gargilesse-Dampierre et Déols pour sa première visite officielle du département. Le chef de l’État a échangé en petit comité avec des maires et des entrepreneurs sur les thèmes de la ruralité et de l’économie.

Après une visite à Gargilesse-Dampierre, Emmanuel Macron était attend à Déols. Photos YD

C’est dans l’un des plus beaux villages de France qu’a débuté, ce jeudi, la visite du président Emmanuel Macron dans le département de l’Indre. À une quarantaine de kilomètres au sud de Châteauroux, la petite commune de Gargilesse (300 habitants) surplombe la rivière qui porte son nom. Dans un cadre bucolique inondé d’un doux soleil hivernal, le locataire de l’Elysée effectuait son septième déplacement depuis le début du Grand débat national. Ce n’est pas un hasard, puisque le maire n’est autre que Vanik Berberian, également président de l’association des maires de France. Gargilesse-Dampierre était autrefois fréquenté par l’écrivaine George Sand, qui y possédait une maison.  Le village a accueilli bon nombre de peintres impressionnistes, notamment Claude Monet.

En milieu de matinée, des habitants étaient déjà sur le qui-vive, appareil photo à la main. Les accès au village étant strictement réglementés, aucun Gilet jaune n’est à l’horizon. En revanche, des tags “Macron démission, Macron dehors” et “RIC” ont été effacés avant l’arrivée du président de la République. Certes dubitatif, Gilbert, 75 ans, est venu spécialement de Pommier, une commune voisine. « C’est surtout par curiosité, je n’attends pas grand chose de la visite du président. Ça n’apportera rien du tout. Ici, les commerces ferment peu à peu, il n’y a plus de travail. Les campagnes deviennent des déserts. » Le constat a le mérite d’être clair. Dans le village, la boucherie ne trouve pas de repreneur, La Poste n’ouvre que deux jours par semaine…

«Le 19h41 aura bien un arrêt à Argenton-sur-Creuse»

À son arrivée à 11 heures, dans la « Villa Manceau » de George Sand, Emmanuel Macron s’est vu remettre un « diplôme d’amour » pour la Saint-Valentin. « Je le partagerai avec qui de droit », l’a remercié le chef de l’État, avant d’entamer une déambulation dans le village, saluant les habitants au passage. En fin de matinée, il a participé avec une trentaine de maires de l’Indre à un « débat sur le développement local ». Parmi les élus présents, André Laignel, maire PS d’Issoudun. « Après 18 mois où les élus ont été stigmatisés, nous remarquons qu’il y a eu du changement, et nous ne pouvons que nous en réjouir », a-t-il déclaré. Durant cette rencontre, fracture territoriale, dépendance, déserts médicaux et services publics ont figuré en bonne place. Par ailleurs, une bonne nouvelle a été annoncée pour les habitants d’Argenton-sur-Creuse. «Le 19h41 aura bien un arrêt à la gare. On pourra à partir de mi-février revendre les billets et l’ouverture effective se fera début-mai.» 

Après plus de deux heures de franches discussions, le chef de l’État s’est dirigé vers l’aéroport de Châteauroux, à Déols, où il était attendu par François Bonneau, président de la région Centre-Val de Loire, et par une cinquantaine de chefs d’entreprises du département. Rejoint par Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et Muriel Pénicaud, ministre du Travail, il a mené le débat dans les locaux de la société Égide aviation. La réunion n’était pas filmée, contrairement à la plupart des débats auxquels il a participé ces dernières semaines.

Pas de réouverture pour la maternité du Blanc
L’annonce a été faite à Gargilesse-Dampierre, pendant le débat avec les maires de l’Indre. La maire Annick Gombert (PS) a pourtant supplié le président de la République de rouvrir la maternité du Blanc. La fermeture de l’établissement, actée en 2018, suscite une forte mobilisation depuis sept ans. “Ce ne serait pas responsable de ma part de vous dire qu’elle va rouvrir”, a déclaré Emmanuel Macron. Néanmoins, il tient “à ce qu’il y ait un projet de santé” sur le territoire et dit vouloir créer au Blanc un centre d’accompagnement de périnatalité et des services de gériatrie. À Déols, où il a rencontré des chefs d’entreprise, une quarantaine de personnes opposées à cette fermeture se sont rassemblées devant le restaurant L’Escale, dans l’espoir de croiser le chef de l’État.
Yohann Desplat

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