Orléans: les embarras d’Olivier Carré

Ainsi donc -comme il l’a reconfirmé à nos confrères de France Bleu Orléans et Magcentre- Olivier Carré est candidat à sa succession. Un secret de polichinelle certes mais qui pourrait bien révéler un parcours à venir semé d’embuches. S’il est maire et président de la Métropole Olivier Carré le doit d’abord à Serge Grouard qui a décidé d’abandonner ses mandats en cours de route. Mais on voit bien aujourd’hui que ce blanc-seing accordé par l’ancien maire est plein de sous-entendus à venir. On a dit Serge Grouard déprimé, puis oisif, sans ressources, bref abandonné par le monde politique. Au point d’envisager un retour sur la scène politique annoncé par la publication d’un livre et par des rumeurs -infox ?- savamment entretenues pour faire monter la pression.

Olivier Carré au micro de France Bleu.@France bleu Orléans.

Une liste Grouard : de l’intox ?

Lors de la passation de pouvoir avec Serge Grouard.

Des personnalités de tous bords auraient été approchées par Serge Grouard pour constituer une liste « dure »- entendez par là dans la ligne LR Wauquiez dont il n’est pourtant pas un fervent admirateur- face au « traitre » Olivier Carré accusé de pactiser avec « l’ennemi », La République en Marche. « Une liste Grouard, vous n’y pensez pas » a martelé Olivier Carré au micro de France Bleu Orléans, c’est de l’intox, j’ai une pleine confiance en lui ! ». Quand on sait ce que vaut la confiance dans le monde politique -on se souvient des amis de 30 ans !- on peut s’interroger.

Olivier Carré part donc à la bataille municipale comme s’il était seul, sans Grouard, et pour cela a commencé à élaborer une liste où il serait secondé par Olivier Geffroy, patron de LR dans le département, et surtout par Stéphanie Rist, députée LREM qui a mis à bas Charles-Eric Lemaignen, l’ancien patron de l’agglo, aux dernières législatives. Depuis qu’il a été invité à la table d’Emmanuel Macron et qu’il a quitté LR, pour se positionner dans le marais des « centre droit », on sait qu’Olivier Carré est proche du président de la République. Sans pour autant en être un groupie indéfectible au point de ne pas revendiquer l’investiture En Marche pour les municipales qui pourrait lui peser si le président de la République croupissait dans les bas-fonds des sondages.

Priorité au vélo !

Emmmanuel Macron et Olivier Carré aux fêtes de Jeanne d’Arc 2016.

Olivier Carré veut donc, comme tous les candidats putatifs, une « liste de rassemblement » allant de la droite au centre gauche. Il s’appuie pour cela sur la sociologie électorale de la ville : historiquement Orléans n’est pas une ville de droite mais d’abord du centre.

Sa campagne est aujourd’hui lancée officieusement., un an avant l’échéance. Il est vrai qu’il doit affronter un obstacle majeur : son manque de notoriété. Autant Serge Grouard avait des dispositions naturelles à caresser le cul des vaches comme Chirac, autant Olivier Carré est réservé, voire timide ou froid. Il doit donc s’affirmer, se faire connaître. Cela demande du temps et du travail pour améliorer, embellir son image. Il a aussi commencé à dévoiler son programme sur des projets déjà esquissés : Madeleine, la cité de la musique, la passerelle sur la Loire. Sa marque de fabrique sera aussi celle de l’environnement et notamment la place des vélos qu’il estime avoir négligée. Il veut pour cela couper quelques brins d’herbe sous les pieds de Jean-Philippe Grand le candidat écologiste, le seul qu’il craint véritablement.

Pas un long fleuve tranquille !

Comme lors du dernier scrutin Olivier Carré ne désespère pas d’un nouveau « miracle » : l’emporter à la tête d’une liste de rassemblement dès le premier tour.  Il faudrait pour cela que les astres soit bien alignés : absence de liste du rassemblement National qui peine toujours à Orléans à rassembler 55 colistiers, division de la gauche : on est bien partis pour avec une myriade de listes potentielles allant de Philippe Rabier (Citlab) à Jean Philippe Grand (EELV), de Dominique Tripet (PCF) à la France Insoumise, de Baptiste Chapuis (PS ) à Tahar ben Chaabane. Et il faudrait aussi que LREM affiche son unité : si Stéphanie Rist est réputée « Carré compatible » il n’en va pas de même de Caroline Janvier, l’autre députée LREM qui ne cache pas son hostilité au maire d’Orléans. Et c’est sans compter sur l’adjointe macroniste à la culture Nathalie Kerrien que l’on dit « fatiguée ».

Avec tout cela Olivier Carré doit maîtriser son jeu de go. C’est pourquoi il avance démasqué et entame prématurément une campagne municipale dont on ne connaît même pas les dates exactes -fin mars 2020 ? – et qui ne sera pas pour lui un long fleuve tranquille.

J.J. Talpin

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