L’espéranto, un espoir pour l’Europe ?

Le constat est pourtant curieux à l’heure du Brexit, l’anglais est devenu, sans qu’aucune directive ni décision collective ne le valide, la langue quasi officielle de l’Union Européenne avec un taux de publication des textes dans cette langue de 82% aujourd’hui. Tout solliciteur le sait, il est inutile de présenter un dossier de demande de subventions dans sa langue “officielle”, si l’on veut être lu, il faut publier en anglais ! Pourtant, il existe bien 24 langues officielles pour les 28 états membres de l’Union, mais avec le départ prochain du Royaume Uni et le choix de l’Irlande du gaélique comme langue officielle à partir de 2022, seul Malte revendiquera l’anglais comme langue officielle…

Pierre Dieumegard

Et pourtant nous n’étions pas très nombreux ce mercredi soir, à peine une dizaine, pour assister à la réunion de la liste Europe Démocratie Espéranto (Europo Demokratio Esperanto) animée par les têtes listes Pierre Dieumegard et Marcelle Provost pour présenter les propositions de leur mouvement en matière linguistique pour le devenir de l’Union Européenne.
Petite liste mais vaste question !

L’étude Eurobaromètre

En effet comment imaginer le fonctionnement démocratique d’une véritable citoyenneté européenne si la langue devient un obstacle pour l’accès à l’information alors que seul 25 % des européens se disent capables de suivre une information à la radio ou à la télévision en anglais comme langue non-maternelle et que 56 % des mêmes européens ne maîtrisent qu’une seule langue (Etude Eurobaromètre 2012) ?
Comment imaginer des listes transnationales comme le suggérait Emmanuel Macron en 2017 dans une telle tour de Babel linguistique ? Pourtant la question de la langue est évidemment un enjeu essentiel dans l’échange entre les européens: monnaie unique = langue commune ? Oui mais pourquoi l’anglais ?

Langue commune et respect des langues

Dans ses traités réaffirmés à Lisbonne, l’Union Européenne s’engage au respect des 24 langues officielles qui la composent, (oubliant au passage les langues régionales), mais dans les faits et sans décision explicite, l’anglais s’impose à tous les étages. L’étude d’Eurobaromètre pointe la contradiction entre 69% des européens qui souhaitent que l’UE utilise une langue commune et 81% des mêmes répondants qui réclament un traitement équitable de toutes les langues de l’Union.

Bien sûr, nos candidats propose l’usage de l’espéranto comme langue commune, seule alternative à l’anglais permettant de résoudre cette apparente contradiction, l’apprentissage et l’usage de cette langue commune présentant les avantages de la facilité et de la pertinence linguistique. Cette question d’une langue européenne commune malgré les enjeux démocratiques, culturels, juridiques, sociaux, scientifiques et économiques qu’elle sous-tend ne semble que peut concerner nos instances européennes: une enquête très discrète sur le sujet a ainsi été lancée l’été dernier par la médiatrice de l’UE et a reçu exactement 286 réponses pour 512 millions d’habitants…

La liste Europe Démocratie Espéranto a ainsi le grand mérite d’essayer avec ses moyens limités de faire exister cette question civilisationnelle de la langue dans le débat européen.

GP

A lire:

“La domination de l’anglais, un défi pour l’Europe”

par Robert Phillipson

360 p. aux éditions Libre & Solidaire  2018 24 €

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