Le gaz de schiste est de retour dans l’arène politique. On le croyait enterré, il revient en force. En fin de semaine dernière, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) qui regroupe des députés et des sénateurs a décidé à l’unanimité de lancer une étude sur les techniques alternatives à la fracturation hydraulique interdite depuis le 13 juillet 2011 en raison de son impact sur l’environnement pour l’exploitation des gaz de schiste prisonniers de cette roche. Il n’en fallait pas plus pour faire jaillir de son fauteuil, Jean-Vincent Placé, président du groupe sénatorial EELV. “L’exploitation des gaz de schiste est une ligne rouge. Si elle est franchie, notre participation au gouvernement serait remise en cause”, a-t-il prévenu au cas où l’exécutif songerait à nouveau à exploiter ces dits gaz .
Montebourg: aux chercheurs de travailler
D’accord la fracturation hydraulique est polluante mais est-il pour autant interdit de réfléchir à d’autres modes d’extraction? François Hollande ne leur a pas fermé la porte. En novembre dernier n’a-t-il pas déclaré, “ je laisse les entreprises, les chercheurs travailler et je prendrai mes responsabilités si une technique apparaît”.
Toujours en mission, moins tonitruant qu’à son ordinaire, Arnaud Montebourg, notre ministre du redressement productif s’en va, répétant à nouveau et à qui laisse traîner une oreille, qu’il serait “mieux pour la France de produire son gaz de schiste que de l’importer”. Plus inattendu et fort clair pour une fois, l’ancien premier ministre Michel Rocard, a lui aussi pris l’habit de VRP pour les gaz de schiste. “C’est qu’il y va de l’autonomie énergétique de notre pays”, diffuse-t-il de radio en radio. assortissant sa démonstration de l’exemple américain.
En mettant en pratique des techniques d’exploration non conventionnelles, les USA ont provoqué un effondrement spectaculaire des prix du gaz naturel Outre-Atlantique et créé quelques 600 000 emplois. Or, sur le vieux continent, la France disposerait des plus importantes réserves de gaz de schiste.Que pèserait la ligne rouge des écolos face à un gaz exploité proprement? Entre un schiste gazeux et un schisme picrocholin, pour qui François Hollande tranchera -t-il?
Françoise Cariès