Le départ sur la pointe des pieds de M. Faivre d’Arcier, de la présidence du Centre chorégraphique national continue d’alimenter la polémique. Réputée “ministre de la culture” du groupe d’opposition en mairie d’Orléans, Gislaine Kounowski (PS) n’y va pas par quatre chemins: “la mairie d’Orléans n’a t-elle pas apprécié la non-élection de l’autre candidat à la présidence Mme Martin, l’épouse de l’adjoint au finance de la ville”.
Autrement dit à Michel Martin le basket (il est président du Conseil de surveillance d’Orléans basket) et à Madame le Centre chorégraphique, sport et culture sont les deux mamelles d’une bonne politique de prestige municipale. Seulement voilà, Joseph Nadj, connait du monde et même du beau monde. Et il a fait venir Bernard Faivre d’Arcier, une pointure dans le petit monde de la culture, ancien patron d’Arte et du Festival d’Avignon.
Rayonnement culturel
“Monsieur Faivre d’Arcier, dont la candidature avait été proposée par la DRAC (Direction régionale de l’action culturelle) a été désigné en février 2013 à une large majorité comme président suite à un vote en Assemblée générale tout fait conforme avec le quorum atteint.
Monsieur Faivre dArcier est reconnu pour sa notoriété dans le monde culturel national et sa parfaite connaissance des réseaux et instances culturelles nationales et internationales. Son élection comme président du CCN ne pouvait être qu’un atout de poids pour l’activité de cette structure et le rayonnement culturel de la ville d’Orléans” explique Gislaine Kounowski.
Le candidat du Ministère
Autrement dit, M. Faivre d’Arcier était le candidat de l’Etat et du ministère et n’était pas celui de Serge Grouard. Le maire soutenait-il pour autant l’épouse de son adjoint Michel Martin? Pas sûr.
“La ville se permet d’interférer de façon très brutale dans le processus démocratique de renouvellement du président du CCN. Cela manifeste un profond mépris pour le fonctionnement démocratique de cette structure.” poursuit la conseillère municipale socialiste.

M. Faivre d’Arcier (photo JD Burtin).
Sauf que la ville a son mot à dire dans l’élection du Président du CCN dont elle est un des financeurs.
Reste que la méthode n’était pas la bonne: ” L’attitude de la ville dOrléans, en boycottant le conseil dadministration du CCN de lundi dernier est inacceptable. Signifier de cette façon son désaccord avec la désignation de Monsieur Faivre d’Arcier comme président est grave…”, estime encore Gislaine Kounowski.” une catastrophe pour cette structure de création et de diffusion mais aussi le signe de l’ambiance délétère que la Mairie d Orléans fait régner dans le monde de la culture orléanaise”.
“Lattitude de la mairie UMP d’Orléans…est tout simplement scandaleuse” estime aussi Michel Ricoud , conseiller municipal (PC). C’est assez lamentable, surtout après les “beaux discours” sur le rayonnement culturel d’Orléans, prononcés lors du vendredi 19 avril dernier. En matière de rayonnement de notre ville, il y a mieux à faire. “
La valse des réactions

Gislaine Koulowski, ici avec David Thiberge, maire de Saint-Jean-de-Braye (archive).
Dans son réquisitoire, la gauche par la voix de Mme Kounowski stigmatise cette “attitude (qui) fragilise le CCN et aussi son avenir. La mairie dOrléans démontre son incapacité à initier une politique culturelle denvergure. Suite aux récentes assises de la Culture, la ville dOrléans avait signifié sa volonté de soutien à la création. Le CCN avec la présence de Joseph Nadj est au cur de cette création à Orléans. Lattitude actuelle de la mairie envers le CCN va à l’opposé de ce soutien à la création et cela démontre malheureusement que ces assises de la culture ne servent en réalité à rien !…Le départ de Monsieur Faivre dArcier est aussi une catastrophe pour limage de la Ville dOrléans. Le maire dOrléans répète inlassablement sa volonté de rayonnement de la Ville. Il démontre dans cette affaire sa grande capacité à faire fuir des personnalités du monde de la culture de sa ville”.
Après Tahar Ben Chaabane, Gislaine Koulowski et Michel Ricoud, dans ce conflit au coeur du Centre chorégraphique, il est certain que la valse des réactions va continuer. Une chose est sûre, Aurélie Filippetti, la Ministre de la culture qui avait déjà classé les immeubles de la rue des Carmes que le maire voulait aligner, et Serge Grouard ne partiront pas en vacances ensemble.
Ch.B