À trois mois des municipales, la campagne somnole encore dans l’Indre

Dans les villes principales de l’Indre, c’est au Blanc que la situation paraît la plus indécise. Actuellement on enregistre surtout les maires qui ne repartent pas.

Gil Avérous et Nicolas Forissier ont en commun d’avoir été ministres pendant ce mandat et d’être favoris pour une réélection – photo PB


Par Pierre Belsoeur.


La surprise serait qu’André Laignel ne se représente pas pour le mandat du cinquantenaire. À 83 ans le maire d’Issoudun réélu sans interruption depuis 1977, bouclerait donc sa cinquantième année de mandat en 2027. Il partagera alors le titre de plus tenace maire de l’Indre avec Pierre Petitguillaume puisque l’inamovible maire de Ceaulmont a annoncé qu’il ne se représentera pas en mars prochain. Savoir si l’ancien trésorier du Parti socialiste et vice-président de l’Association des maires de France sera sur la ligne de départ est un secret de polichinelle, mais l’intéressé ne révélera sa décision qu’au début du mois de janvier, comme bon nombre de maires du département qui attendent la période des vœux pour repartir en campagne… ou non.

André Laignel va repartir pour passer le cap des cinquante ans de mandat – photo PB

Dans la continuité

C’est pour cela que la campagne piétine. « Il ne se passe rien », déplorait récemment Xavier Elbaz, jeune maire de Villedieu qui a annoncé son intention de se représenter, tout comme Alexis Jouhannet-Rousseau à Levroux. Les « Avérous’boys » que le maire de Châteauroux avait envoyés conquérir les deux mairies en 2020 ont fait leurs preuves et devraient être reconduits.

Gil Avérous justement, après son bref passage au gouvernement, n’a pas l’intention de lâcher les rênes de Châteauroux. La seule incertitude concerne la composition de sa liste puisque quelques « poids lourds » laissent la place à de plus jeunes qu’eux. La gauche n’avait pas besoin de la division entre LFI et ses autres composantes pour s’incliner. L’extrême droite fait acte de présence, et quant aux velléités de candidature de la sénatrice Frédérique Gerbaud, l’absence de manifestations laisse dubitatif. Habituellement l’opposant démarre plus tôt que le sortant.

Le maire sortant de Châteauroux avec son protégé, Xavier Elbaz – photo PB


Opposant, c’est d’ailleurs le rôle qu’entend jouer Michel Bougault, animateur d’une liste dont Julien Dubot prendrait la tête à Issoudun. Ancien socialiste, Michel Bougault avait été exclu du PS pour s’être présenté… et avoir gagné aux élections départementales contre le choix de la section socialiste verrouillée par André Laignel. En 2020 la liste Bougault avait eu trois élus.

À La Châtre le maire sortant ne se représente pas. Patrick Judalet avait succédé à Nicolas Forissier lorsque celui-ci a retrouvé son poste de député en 2017. Ce dernier, ministre du gouvernement Lecornu, a abandonné son mandat au profit de sa suppléante et n’a pas l’intention de se représenter, il entend donc récupérer son fauteuil de maire. Marc Henriet, conseiller municipal d’opposition, pourrait lui apporter la contradiction.

Un peu de suspense

À Argenton les campagnes sont un peu plus animées. Vincent Millan à la tête d’une équipe de sensibilité de gauche repart pour un troisième mandat. La droite pourrait recevoir le renfort du chroniqueur de CNews qui avait animé la levée de boucliers de l’extrême droite contre le Cada de Bélâbre. Mais l’information la plus inquiétante, c’est que 10 des 21 maires de la communauté de communes ne repartiront pas, en raison de leur âge ou de la difficulté à trouver des candidates pour respecter la loi sur la parité.

Au Blanc, la gauche s’était sabordée en 2020, l’ancien député PS Jean-Paul Chanteguet ayant fait la campagne de trop et permis à Gilles Lherpinière de l’emporter. Le maire sortant a annoncé dès le mois de mars sa candidature pour un second mandat. Il aura contre lui une liste « apolitique » que l’on pourrait tout de même qualifier de centriste et à gauche on se mobilise pour ne pas réitérer les erreurs du passé.

« Après moi le déluge », Régis Blanchet pensait avoir préparé la transition à la mairie de Buzançais, mais rien ne se passe comme prévu – photo PB


À Buzançais également il y aura du suspense. Régis Blanchet ne se représente pas (il se réserve pour la prochaine campagne sénatoriale) et deux de ses adjoints ambitionnent de lui succéder. Nicolas Thomas paraissait être l’héritier naturel, mais Christophe Pivot entend lui aussi briguer le poste. Une surprise alors que l’on attendait plutôt qu’une liste d’extrême droite conteste le bilan de l’équipe sortante.

À Déols, Delphine Geneste est la maire sortante, mais elle n’était pas tête de liste en 2020. C’est l’élection de Marc Fleuret à la présidence du Conseil départemental qui a propulsé la conseillère régionale d’opposition à la tête de la troisième ville du département. C’est chaperonnée par Michel Blondeau (maire de 1989 à 2020) et Marc Fleuret, qui figurent tous deux sur sa liste, qu’elle a présenté sa candidature pour un second mandat. Elle aura face à elle une liste conduite par Bruno Mascle, ancien journaliste de la Nouvelle République, en campagne depuis plusieurs mois qui a attiré autour de lui des colistiers de sensibilités diverses, au point que l’on se demande s’il y aura de la place pour une liste d’Union de la gauche sur la ligne de départ. Déols pourrait être le point chaud de la campagne.

Delphine Geneste souhaite conserver sa mairie de Déols – photo PB

Polémique éteinte à Bélâbre

On s’attendait à ce que l’extrême droite surfe sur l’abandon du projet de Cada pour ramasser les intérêts de sa violente polémique. « Frédéric Fassiaux quitte la vie politique » titrait en une la Nouvelle République le 22 novembre. Encore eut-il fallu qu’il y fût entré. Son combat contre le Cada aux côtés de sa fille Ludivine ressemblait plutôt à de l’activisme. Les Fassiaux ont mis en vente leur commerce qui jouxte le site du futur Cada et ont donc d’autres priorités que la gestion d’une commune. Laurent Laroche peut donc envisager de poursuivre sereinement son engagement au service de ses administrés.


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