« Y en a vraiment marre de l’amour » : une mosaïque de couples et de désillusions

Vendredi 13 mars, Y en a vraiment marre de l’amour !, inscrit dans la programmation du Festiv’Elles, était présenté au Centre culturel La Passerelle, à Fleury-les-Aubrais. Adaptée de textes de Xavier Durringer par Manouchka Récoché et interprétée par la compagnie Le Grand Souk, la pièce met en scène une succession de situations amoureuses, entre humour, lassitude et gravité.

Une femme seule, lisant sur un banc, harcelée par un homme qui ne comprend pas qu’il dérange. Crédit : Dominique Verdeyme. 

 

Par Charlotte Guillois.

 

Une succession de petites histoires d’amour

La pièce repose sur une série de saynètes qui racontent différentes expériences du couple et de l’amour. Sur scène, les personnages se succèdent et livrent leurs histoires dans un décor très simple, composé de quelques éléments : un banc, deux tables avec des chaises et un fauteuil. Les comédiens investissent tour à tour ces espaces pour raconter leur relation, leurs souvenirs ou leurs déceptions.

On rencontre ainsi une grande variété de personnages. Il y a des adolescents qui découvrent leurs premiers sentiments. Il y a aussi des couples installés depuis longtemps, dont l’amour s’est transformé avec le temps. Certains parlent de la routine, d’autres du manque de communication. Une femme explique par exemple à son mari qu’elle aimerait qu’il lui dise davantage de mots tendres.

Plusieurs situations montrent ainsi que l’amour n’est pas toujours simple. Un couple décide de se séparer parce que l’amour ne suffit plus à maintenir la relation. Dans une autre scène, un homme marié tombe amoureux d’un pompier et rêve de vivre cette nouvelle histoire.

Ces récits sont racontés sous forme de monologues ou de dialogues courts. Les histoires ne sont pas reliées entre elles mais forment un ensemble de portraits. Certaines se terminent bien, d’autres beaucoup moins.

Un homme perplexe qui vient de se faire quitter. Crédit : Dominique Verdeyme.

Entre humour et sérieux

Malgré les thèmes parfois graves, la pièce laisse une large place à l’humour. Plusieurs scènes provoquent les rires du public. L’une d’elles met par exemple en scène deux hommes qui discutent de leurs techniques pour séduire les femmes, et l’un affirme qu’il faut porter un caleçon fétiche pour avoir du succès.

Ces moments comiques alternent avec des passages plus sérieux. La violence conjugale, la solitude ou la lassitude du couple apparaissent aussi dans certaines scènes. Le spectacle propose ainsi une vision assez large des relations amoureuses, allant des premières rencontres aux relations usées par le temps.

La musique joue également un rôle important dans le rythme du spectacle. Les airs de musique, souvent joués à l’accordéon, évoquent l’univers des chansons d’amour françaises des années 1950, dans l’esprit d’Édith Piaf. Ces passages musicaux servent de respiration entre les différentes histoires et instillent une atmosphère nostalgique.

Les cinq comédiens dégagent une belle énergie et passent rapidement d’un personnage à un autre. Leur jeu permet de maintenir l’attention du public malgré la succession de scènes indépendantes.

Une femme en colère et un mari las. Crédit : Dominique Verdeyme.

Une vision de l’amour parfois datée

Si le spectacle offre plusieurs moments amusants et sensibles, il esquisse aussi une image de l’amour un peu ancienne, voire démodée. La majorité des histoires tournent autour de relations hétérosexuelles. Une seule scène évoque une relation homosexuelle, ce qui implique une représentation assez limitée des formes d’amour.

Certaines situations ou blagues paraissent également désuètes aujourd’hui. Les textes de Xavier Durringer, écrits autour des années 2000, gardent parfois la marque de leur époque. Cette impression est renforcée par la structure du spectacle : l’enchaînement des scénettes peut donner un rythme un peu irrégulier et parfois long.

Malgré cela, la pièce réussit à faire sourire et à toucher par moments. Le public reconnaît facilement certains comportements ou certaines situations du quotidien amoureux. Entre passion, désillusion et humour, Y en a vraiment marre de l’amour ! dresse finalement une galerie de personnages ordinaires qui cherchent tous, d’une manière ou d’une autre, à aimer et à être aimés.

Dans le cadre du festival Festiv’Elles, qui met en lumière les parcours et les luttes autour des droits des femmes, ce spectacle rappelle aussi que les relations amoureuses peuvent être des lieux de joie mais aussi de conflits ou de domination. Une mosaïque d’histoires, parfois drôles, parfois amères, qui montre que l’amour reste un terrain compliqué… et inépuisable pour le théâtre.

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