Un 50e Printemps de Bourges sous la pluie… ou pas

Le Printemps de Bourges-Crédit Mutuel a balancé les premières notes de sa cinquantième édition mardi soir, au Palais d’Auron, dans la fraîcheur classique d’une mi-avril berrichonne. Cela devrait se réchauffer au fil des jours puisque le PdB 2026 est annoncé comme un moment de fête après une année de rigueur budgétaire et avant la prochaine édition anniversaire, plus institutionnelle et obligatoirement tournée vers Bourges 2028.
 

La 50e édition du Printemps de Bourges a ouvert ses portes ce mardi 14 avril. Photo FS


Par Fabrice Simoes.


À l’occasion du Printemps de Bourges, chaînon manquant ou lien de transition entre la période des raclettes et celle des barbecues, chaque année revient la même antienne : fera-t-il beau durant la semaine du festival ? Question tout aussi lancinante qu’une question marronnier, question qui vaut, toute l’année, comme pour la pluie en Bretagne et les grillons en région PACA, mais question exclusivement météorologique et calendaire comme pour la neige à Noël, comme pour le soleil le 14 juillet et les gelées aux saints de glace. Alors, soyons clairs, sur les stands de bouffe y’a plus de pan bagnat. Par contre, marchands de churros, de tacos, d’Aligot – si, si – ou de choucroute garnie – non y’a pas de choucroute, y’a de la Flammekueche par contre – de la place Séraucourt, dans les allées de merguez-streets, sont légions et aucune échelle dans un bocal avec une grenouille dedans, dans aucun bénitier non plus. De fait, la météo sera ce qu’elle sera. Pour les concerts, les expos, les créations et tout le toutim, on verra.
 

La restauration du 50e Printemps. Photo FS

 
Dans l’optique de conserver les valeurs originelles du festival berrichon, et même si c’est nettement plus rock’n’roll de se moucher dans les rideaux à 20 ans que de souiller ses vêtements quand on atteint allégrement l’âge d’être placé en EHPAD, où là c’est probablement du domaine de l’incontinence, Boris Vedel et son équipe ont voulu « une programmation généreuse et ambitieuse pour permettre à toutes les générations de retrouver leur Printemps… et préserver cet esprit de festival pour s’assurer de célébrer de nouvelles éditions ».

Mieux qu’une grenouille dans un bocal

À Bourges, un concert d’ouverture c’est mieux que toutes les grenouilles. C’est ce qui donne le ton. En 1977, c’était, selon Emmanuel Letreulle du Berry Républicain, au Grand Théâtre de l’ancienne Maison de la culture avec Jacques-Émile Deschamps, Mama Béa et Joan-Pau Verdier… l’ABDD (Au Bonheur des Dames) de Rita Brantalou et Ramon Pipin puis François Béranger avaient terminé la première soirée. Ce mardi soir, ils étaient deux au programme. Deux poètes aux parcours atypiques et aux discours cependant précis : Abd Al Malik et Patti Smith.
 

Abd Al Malik, rappeur et poète. Photo FS

 
Pour le premier, puisque dans l’ADN du Printemps, si les rappeurs n’étaient pas à l’origine, ils sont devenus une évidence au fil du temps, cela prenait tout son sens. Pour la seconde, puisque dans l’ADN du Printemps, si les punks à chiens sont, comme les poètes, pratiquement disparus, l’esprit des crêtés-percés-tatoués des années 1970 n’est jamais très loin sous la couche de vernis bobo-mercantile. Dès lors, lancer le 50e avec Patti Smith, artiste iconique du punk, sur la scène du Palais d’Auron rebaptisé Daniel-Colling du nom de l’un des fondateurs du Printemps de Bourges, décédé l’an passé, était une forme de retour aux valeurs originelles berruyères.
 

Daniel Colling est décédé le 27 janvier 2025 à l’âge de 78 ans. Photo FS 

 
Et l’un a fait du Camus (Albert) et du Abd Al Malik façon Abd Al Malik. Et l’autre a fait du Morrison façon Doors, du Morrison façon Them, et du Patti à la sauce Patti Smith à grand coup de rythme à la John Trudell dès que les nattes ont été tressées à la native. Alors, pour les concerts, ça ne pouvait pas mieux commencer.

Sur la place Séraucourt devenue piste de danse au bout de ses allées achalandées, était donnée la première soirée clubbing de la scène RIFFX. « Can’t Take My Eyes Off You » bien calé sur les platines, sans Frankie Valli mais en ligne, bien en ligne, tous ensemble, tous ensemble comme dans une manif de la CGT ou comme dans un bal de mariage avant les lacs du Connemara, c’est festif. Aussi, c’est populaire puisque gratuit. Et ça fonctionne. Alors, pour les soirées, ça ne pouvait pas mieux commencer.

La 50e édition se terminera dimanche avec un dernier concert, sous les bâches du W cette fois. Gims fera la fermeture. D’ici là, on aura bien vu s’il a fait beau ou pas !


Plus d’infos autrement :

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