Depuis son départ donné le 15 avril dernier, la 65e édition du Tour du Loir-et-Cher fait le plein de spectateurs au bord des routes. Ce spectacle gratuit réjouit les habitants des campagnes qui viennent voir de potentiels futurs champions.
Le Tour du Loir-et-Cher se déroule du mercredi 15 au dimanche 19 avril 2026. Photo Jean-Luc Vezon
Le TLC c’est un peu le Tour de France des Loir-et-Chériens, le grand bazar de la caravane et des médias en moins. La course a en tout cas ses lettres de noblesse puisque Jonas Vingegaard, double vainqueur du Tour fut par deux fois meilleur jeune de l’épreuve internationale en 2017 et 2018) (1), tandis que Philippe Gilbert remporta la 6e étape en 2002 avant de devenir champion du monde dix ans plus tard. « Le TLC est une épreuve incontournable dans la carrière d’un jeune cycliste qui rêve d’une carrière professionnelle. En général, les coureurs qui se distinguent sur cette course, on les retrouve quelques années après », explique à Magcentre Didier Prévost, le très respecté directeur technique de l’épreuve lors du départ de la 2e étape Chémery – Saint-Georges-sur-Cher.
Sur la place de l’église de Chémery, bourgade de 925 habitants, c’est l’effervescence avant le départ des coureurs, prévu à 11h45 précises, pour une étape sélective de 191 km. Au menu plusieurs belles côtes, comme celle de Crotte à Chisseaux. Les jeunes cyclistes du VC Controis, l’un des clubs phares du département, ouvrent la route au peloton de 150 coureurs pour ce départ fictif.
« Cette course, c’est une affaire d’amitiés depuis Edmond Provost, dit Monmon son créateur, avec des bénévoles fidèles et passionnés mais aussi de professionnalisme avec le strict respect des standards de l’UCI notamment en termes de sécurité », évoque Alain Carré, président de l’association organisatrice qui compte 130 bénévoles.
Le public est toujours très nombreux sur les routes et lors des arrivées du TLC. Crédit JL Vezon.
Motards, signaleurs (tous formés), logisticiens, conducteurs de voitures… tous donnent un coup de main dans un esprit de convivialité qui fait la marque de fabrique de cette course par étapes classée UCI Europe Tour 2.2. Car sans signaleurs, pas de course ! Ils sont ainsi 850 durant les cinq jours à contrôler carrefours et routes parfois aux prises avec des automobilistes récalcitrants peu sensibles aux plaisirs de la compétition cycliste.
À Saint-Georges-sur-Cher, après la victoire au sprint du jeune Belge Mathias De Keersmaeker (Lotto – Groupe Wanty), le public applaudit copieusement le protégé de Remco Evenepoel, qui rêve de gloire comme son aîné d’outre-Quiévrain. Hugo et Jo sont venus avec leurs parents. Ils repartiront triomphalement avec une casquette et un maillot du département, l’un des sponsors, jetés à la volée par Jacques Paoletti, président de la communauté de communes du Val de Cher Controis.
Le public sur le bord des routes
Paulette est venue de Château-la-Vallière encourager son petit-fils Romuald Auger, jeune champion natif de Crotelles (37). « Il est très prometteur. Sa présence sur le TLC, l’une des plus importantes courses pour les jeunes en Europe, est importante pour la suite de sa carrière », explique « la mamie vélo ». Dans l’échappée matinale, le jeune coureur du VC Loudéac sera finalement repris à 80 bornes de l’arrivée mais se consolera avec le maillot du plus combattif.
La mamie du jeune espoir tourangeau Romuald Hervé est venue l’encourager avec toute la famille. Crédit Jean-Luc Vezon.
Signaleur bénévole sur un carrefour à Selles-sur-Cher, Cyril Lehaut ne manquerait pour rien au monde une course qui anime le département chaque troisième semaine d’avril : « Le printemps ne serait pas le printemps sans le TLC. Le département est une terre de vélo et cette course est une belle vitrine », souligne le licencié au Team Vallée du Cher 41 et encadrant à l’école de vélo du club de la vallée du Cher.
Avec son modeste budget de 250 000 €, le TLC est bien loin des grandes organisations et sans ses bénévoles, il n’existerait pas. « L’argent ne fait pas tout ; ici c’est l’âme du vélo, la France populaire au bord des routes. Les équipes françaises et européennes se bousculent pour venir. On en refuse des dizaines », conclut Alain Carré.
(1) Classé 4e et 5e.
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