Bien sûr, quand Michel Leeb entre en scène, on ne peut sempêcher de penser à ses sketchs des années 80 où ses borborygmes insecticides et autres imitations aussi exotiques que douteuses lui valurent un succès public auquel je n’adhérai pas. (Comme disait Desproges “On peut rire de tout, mais ça dépend avec qui !“).
Le personnage n’a pas vraiment changé et les ressources assagies de son jeu d’acteur non plus, mais cette pièce, adaptation sur mesure pour le personnage de Michel Leeb, nous entraine rapidement sur le thème de la relation père-fils avec une légèreté qui n’interdit pas une certaine émotion, entre ce père immature, brillant et désinvolte, et son fils (remarquable Arthur Fenwick) qui essaie de se construire une identité en étudiant la philosophie (allusion, bien sûr, à la propre histoire de Michel Leeb qui fut prof de philo avant d’être comique, est-ce incompatible ?).
La comédie n’interdit pas un affrontement sans concession entre les deux personnages qui vont petit à petit se dé-couvrir et la pièce devient une jolie parabole qui ne laissera pas indifférents les fils et les pères que nous sommes nombreux à être…
Jusqu’au 15 décembre, allez-y, il doit rester quelques places…
Gérard Poitou
De Bernard Slade adaptation Gérald Sibleyras, mise en scène Jean-Luc Moreau avec Michel Leeb, et Arthur Fenwick
CADO Théâtre dOrléans, Boulevard Pierre Ségelle, 45000 Orléans Tél. : 02 38 54 29 29