On ne change pas une stratégie qui perd. Après 6 années de fakes, d’outrances, de trumpisme à la ligérienne, on est reparti sur les chapeaux de roue à droite. Et lors du dernier conseil municipal à Tours, l’opposition en a profité pour en faire des tartines sur les indemnités des élus, criant au scandale éthique, ricanant des fausses ruptures promises par Emmanuel Denis, le maire écologiste fraîchement réélu.
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Le « pâté d’alouette », comme disent les jeunes
La palme revient à Thibault Coulon, l’inclassable électron libre qui change d’écurie comme de chemise Burberry – LR, puis pas LR, bouchetiste, lebretoniste, alfandariste, de nouveau bouchetiste. Alliant un style politique et un vocabulaire du Second Empire, visiblement satisfait de son expression « pâté d’alouette », il a raillé les indemnités votées pour toute la palette d’élus de la majorité de gauche plurielle d’Emmanuel Denis, sortant les violons pour faire pleurer dans les chaumières au sujet de la modeste indemnité des simples conseillers municipaux comme lui, sortes de livreurs Deliveroo de la démocratie locale. 246 euros bruts à Tours soit… le plafond autorisé.
Sauf que… M. Coulon oublie qu’il a gagné autrefois une élection en 2014 et qu’à l’époque, la majorité municipale Babary à laquelle il appartenait, avait voté une hausse de 15% des indemnités des élus avant de revenir partiellement dessus quelques mois plus tard pour calmer les critiques.
En 2017, rebelote, l’arrivée de Christophe Bouchet à la tête de la mairie avec à ses côtés… M. Coulon s’était soldée par de nouvelles polémiques sur l’augmentation du nombre de conseillers délégués auprès du maire qui justifiait cela par la volonté d’« assurer des équilibres politiques ». La même année, M. Coulon était devenu également Vice-président de Tours Métropole avec d’ailleurs une nouvelle augmentation des indemnités dans l’exécutif métropolitain (+15%), qui comptait du reste davantage de membres.
Scandale à géométrie variable
En 2020, après avoir perdu les élections municipales, voilà l’aimable M. Coulon paré de ses atours les plus modestes, critiquant les augmentations des indemnités de Tours Métropole en séance (+30%), reprises dans la presse. Toutefois, la même année, selon une déclaration à la Haute Autorité à la transparence de la vie publique, Thibault Coulon déclarait gagner plus de 11 000 euros par mois, cumulant son emploi de cadre sup’ chez le mastodonte de la « French Tech » Sopra Steria et ses indemnités de simple conseiller municipal et métropolitain.
Un an plus tard, en 2021, après le naufrage du mandat de Wilfried Schwartz, Thibault Coulon récupère une vice-présidence à la métropole à la faveur de la présidence Augis, mandat qu’il gardera jusqu’à il y a quelques jours, moment où M. Coulon s’est tout de même fait élire conseiller métropolitain délégué, avec probablement des indemnités d’un millier d’euros par mois. De quoi mettre un peu de margarine dans les épinards LIDL pour accompagner le bien fade « pâté d’alouette ».
À noter que toutes ces sommes sont globalement réglementées et plafonnées, alors que le nombre de membres de l’exécutif et leurs indemnités sont relativement stables depuis plus de 10 ans, hormis l’indemnité de maire qu’Emmanuel Denis avait significativement diminué lors de sa victoire de 2020. Du reste, à Tours, maire et adjoints touchent respectivement 2 000 euros et 400 euros de moins que le plafond autorisé.
Mais bon, l’important c’est le buzz, occuper l’espace médiatique et les réseaux sociaux, tout en continuant de jouer des ressentiments de son électorat après une fin de campagne parfois ordurière, comme le montrent les commentaires sous la publication de Thibault Coulon sur Facebook, dans laquelle il partage sa longue intervention en conseil municipal.
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