L’École supérieure d’art et design d’Orléans propose une exposition intitulée « a minima » censée répondre à la question : comment rendre accessible la création contemporaine ? Un vaste programme pour une exposition toute en finesse ouverte à tous dans la galerie de l’ESAD jusqu’au 1ᵉʳ juillet 2026.

Allumage de l’exposition « A minima » le jeudi 30 avril. Photo AC Chapuis
Le concept est simple : « faire avec peu », c’est-à-dire avec des matériaux pauvres voire éphémères, « faire autrement », en utilisant toutes sortes de supports ou outils, « faire ensemble », dans une participation ludique et critique, le tout dans une démarche créative rassemblant des artistes de différents univers où les Orléanais côtoient leurs collègues venus de diverses régions de France ou de l’étranger.
Une question centrale pour des artistes pluriels
Thomas Perrin, commissaire de l’exposition et par ailleurs artiste et enseignant à l’ESAD d’Orléans, le précise d’emblée. À travers le thème choisi, c’est le statut de l’artiste qui est interrogé. Lui-même explore la question à travers le puzzle, où la succession de gestes s’additionne pour former un tout dans un cycle infini.

Thomas Perrin, commissaire de l’exposition, devant sa création « Puzzle of She & me finishing a puzzle ». Photo AC Chapuis
À ses côtés, Mégane Brauer, de Marseille, utilise les objets de la précarité pour composer des images colorées. Plus loin, Olivier Soulerin (qui enseigne la couleur à l’ESAD Orléans) revisite l’image du logo numérique avec du bois et un torchon de cuisine. Melissa Didier, de Besançon, fonde sa créativité sur ses promenades en forêt dont elle rapporte des éléments du vivant comme des mâchoires d’écureuil ou d’hérisson mises en reflets d’un petit miroir.

Melissa Didier explique « Reflets ». Photo AC Chapuis
Le numérique est présent dans cette exposition, comme la vidéo de Francis Alÿs qui avec le bloc de glace poussé dans les rues de Mexico rappelle que « parfois faire quelque chose ne mène à rien ». Et Yoann Lapergue, lui, utilise une image issue d’une Game Boy Camera dont il a souligné chaque pixel au fusain.

Yoann Lapegue, « Paulette et Julien ». Photo AC Chapuis
Vaut le détour
Cette exposition mérite qu’on s’y arrête, par son originalité et la pertinence de son propos. Certes, entrer dans la réflexion des artistes, suivre leur démarche, comprendre leur propos et repérer les chemins empruntés nécessite du temps, peut-être de l’accompagnement vers un art contemporain qui n’est pas familier a priori au grand public. Mais avec les supports proposés (très bien faits) et lorsqu’on a la chance de dialoguer avec les créateurs, le geste artistique devient clair, intéressant et, n’ayons pas peur de le dire, parfois touchant.
L’exposition est en visite libre jusqu’au 1ᵉʳ juillet, et seuls les visiteurs confirmeront (ou non ?) le slogan apposé en fronton dans la salle de l’ESAD avec l’œuvre de Giuseppe Chiari (1926-2002), « Art is easy ».
Pour en savoir plus : galerie de l’ESAD, 14 rue Dupanloup Orléans
Ouvert jusqu’au 1er juillet, du lundi au vendredi de 10h à 18h.
Entrée libre – www.esadorleans.fr
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