Le 13 mai 2026, l’APHL (association pour l’Accompagnement des Personnes en situation de Handicap dans le Loiret) investit l’espace George Sand à Chécy avec un spectacle ambitieux intitulé « Quand le chant de l’âme danse ». L’objectif est de réunir des publics très différents pour réaliser ensemble une création artistique.
Soixante participants issus des établissements de l’APHL sont engagés dans l’aventure, aux côtés d’artistes des compagnies Funamplume, Des Cousus et de l’ensemble Perspectives. Cette année, des élèves du lycée Jean Zay d’Orléans en musique, danse et arts appliqués rejoignent le projet, apportant un regard neuf.
Derrière ce spectacle, des mois de travail lors d’ateliers divers où chacun arrive avec son histoire, ses limites, ses habitudes, et où les différences ne disparaissent pas mais se rencontrent. Les artistes guident sans imposer, le chemin se construit au fur et à mesure.
« Nous partageons tous la fragilité et la singularité »
De la peinture sur les mains, du papier mâché qui sèche, des voix qui se croisent. Dans l’atelier ça s’agite, ça rit, ça tâtonne, une véritable fourmilière en mouvement. Au milieu d’une grande pièce, émerge la tête monumentale de la marionnette qui prend vie peu à peu. Elle matérialise une chimère, une tête de lion, avec un corps de requin et des ailes d’oiseaux, créature née de l’imaginaire des lycéens.
« Nous partageons tous la fragilité et la singularité », rappelle Françoise Alizon, présidente de l’APHL. « L’essentiel se joue ici, dans ces instants de création partagée. » Au fil des projets, les effets sont visibles : les résidents gagnent en confiance, s’ouvrent, osent. La culture, ici, agit comme un puissant levier d’inclusion.
L’art comme déclencheur
Pour Elsa Foucher, danseuse et comédienne impliquée dans cette aventure, il s’agit bien plus qu’un projet artistique. « Lier l’art et le social est un engagement citoyen. C’est une manière d’être au monde, de créer du lien, de faire évoluer les regards ». Et les regards justement bougent. Pour les lycéens, la rencontre n’est pas anodine. Elle dérange parfois, questionne souvent. Comment ne pas être bousculé en voyant quelqu’un, empêché dans ses gestes ou dans sa parole, continuer malgré tout, s’engager, être là pleinement ? Les certitudes vacillent. Une autre compréhension s’installe, plus nuancée, plus humaine. Car au-delà du spectacle, c’est autre chose qui se joue : une remise en question, une ouverture. Des graines semées, capables demain de changer le regard sur le handicap.
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