Kora, guitare et voix pour une musique profondément originale

Piers Faccini et Ballaké Sissoko sont venus présenter ce mardi 5 mai leur album Our Calling au théâtre d’Orléans. Une alliance de plusieurs origines qui se mêlent dans un folk du monde. Ces deux musiciens en harmonie dressent un superbe pont enjambant allègrement les nationalismes pour ouvrir la voie à la communication, au partage. Enthousiasmant et apaisant.
 

Piers Faccini et Ballaké Sissoko fusionnent leurs univers dans un album de 10 titres.


Par Bernard Cassat.


Piers Faccini porte en lui le métissage. Mère anglaise, père italien, enfance en France, où il réside désormais, et vie entière à voyager selon les amitiés et les partages du moment. Ballaké Sissoko, lui aussi, a beaucoup partagé. Joueur de kora, d’une famille de griots maliens, il a percé dans son pays et a fouiné dans la musique mondiale pour s’accorder avec des musiciens d’autres types de musique et devenir partenaire de nombre d’entre eux.

Il fallait donc que ces deux-là se rencontrent. Surtout que le son de la kora, cette harpe malienne dont les 28 cordes pincées font vibrer une peau tendue sur une calebasse, s’accorde si bien avec d’autres cordes plus européennes, violoncelle ou basse (joués par Vincent Segal, par exemple) ou guitare. Pendant vingt ans, Piers et Ballaké ont joué ensemble. Ils ont enregistré il y a peu un premier ouvrage commun, Our Calling. C’est ce répertoire qu’ils sont venus présenter mardi soir au théâtre d’Orléans.

La migration des oiseaux comme inspiration

Des chansons écrites par Piers, qu’il module avec son timbre doux et enveloppant. Paroles en anglais, accompagnement traditionnel folk à la guitare acoustique ou électrique, volutes de la kora qui habillent d’une parure brillante, légère et nacrée la beauté de la voix déjà très étonnante, qui part de temps en temps dans des aigus vibrants. Ça nous parle de la moitié d’un rêve, de la lune et beaucoup d’oiseaux, ces petits animaux qui parcourent la moitié du monde plusieurs fois par an. Comme veulent le faire ces deux musiciens : construire des ponts entre nord et sud, partager avec l’ouest et l’est, discuter. Proposer. Rencontrer. Mélanger les langues et la musique traditionnelle de régions éloignées. Ils ont commencé par une tarentelle italienne des Pouilles, continué en anglais pour finir en bambara, Piers se lançant dans la langue de son ami Ballaké, signe de grand respect !

Ballaké Sissoko et Piers Faccini. Photo Sandra Mehl.


Leurs arguments sont séduisants. La kora est irrésistible, son timbre quasi baroque, comme un clavecin léger, la rapidité des riffs qu’elle permet, l’acidité du son face à la matité de celui de la guitare, sa finesse qui se glisse dans les rythmes du folk… Et les chansons de Piers sont si bien écrites, si fluides, sa voix si cool qu’elles offrent une magnifique structure pour le mélange des genres. Le son mandingue s’allie au folk américain avec une étonnante justesse pour une soirée de rêve. Sur la grande scène de la salle Touchard, réduite en profondeur par de magnifiques tissus peints que des éclairages faisaient vivre, les deux amis complices nous ont bercés en profondeur dans des promenades poétiques d’une grande qualité. La salle archicomble a savouré.


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