Chaumont Paradisio : le Festival international des jardins fait son cinéma

Le Festival international des jardins est de retour au Domaine régional de Chaumont-sur-Loire jusqu’au 1ᵉʳ novembre. Sur le thème du Jardin fait son cinéma, une trentaine d’artistes rigoureusement sélectionnés, dont quatre invités prestigieux proposent de véritables œuvres d’art végétales.  

Le tapis rouge de Cannes s’invite au festival international des jardins du Domaine de Chaumont-sur-Loire. Photo JLV


Par Jean-Luc Vezon.


On ne dira jamais assez le rayonnement international de ce festival, authentique ode à la nature où paysagistes et artistes réalisent, inventent chaque année de merveilleux jardins (960 jardins depuis 1992), sur des parcelles d’environ 210 m². Pour le plus grand bonheur de 550 000 visiteurs emportés par cette féerie d’émotion.

Pour 2026, l’équipe du festival a braqué les projecteurs de cinéma sur le jardin. De Vittorio De Sica (Le Jardin des Finzi-Contini), Hayao Miyazaki (Mon voisin Totoro), Derek Jarman (The Garden) ou Peter Greenaway (Meurtre dans un jardin anglais), de nombreux cinéastes ont fait du jardin bien plus qu’un décor : un territoire de cinéma.

Les artistes concepteurs ont donc puisé dans des films de genre ou cultes du 7ᵉ art pour illustrer le thème de l’édition 2026 : Avatar (James Cameron), Sweet Charity (Bob Fosse), Rouge Baiser (Véra Belmont), Fenêtre sur cour (Alfred Hitchcock), La Petite Boutique des horreurs (Roger Corman), Fantasia (studio Walt Disney), Jurassic Park (Steven Spielberg), Mon Oncle et Jour de Fête (Jacques Tati), ou encore Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (Jean-Pierre Jeunet).

La Petite Boutique des horreurs végétalisée. Photo JLV

 

« Au-delà de l’évocation de tous ces films, Le jardin fait son cinéma invite à penser le jardin comme un dispositif narratif qui articule des séquences (parterres, allées, massifs, bosquets…), construit des transitions (clôtures, seuils, ouvertures), module des intensités (ombres et lumières, vides et pleins). Le paysagiste, à l’instar du cinéaste, compose une œuvre séquentielle, polyphonique, où le promeneur devient spectateur actif. Gilles Clément parle ainsi du jardin comme « d’une écriture en mouvement », comme d’un « scénario vivant ». Pour Bernard Lassus, le paysage se déroule, comme un film ou une bande d’images », écrit Chantal Colleu-Dumond, directrice du Domaine et du Festival international des jardins.

Quatre cartes vertes exceptionnelles

Comme chaque année, il y a aussi les invités à qui le festival donne carte blanche. Actrice et réalisatrice incontournable, Sabine Azéma a imaginé Cinémazema, un jardin transformé en joyeuse salle de cinéma. La muse d’Alain Resnais a choisi la projection de Silly Symphonies (produit par Walt Disney entre 1929 et 1939), en particulier le court-métrage d’animation Des arbres et des fleurs pour nous faire rêver. Qu’il est délicieux de les redécouvrir sous les arbres dans un écrin de verdure qui reprend le décor porté à l’écran !

Le « ciné-jardin » de Sabine Azéma. Photo JLV


Mélanie Laurent et Philippe Berthomé ont conçu La Lanterne des profondeurs, fruit d’une réflexion partagée entre l’actrice-réalisatrice, engagée pour la défense des océans, et le maître de l’éclairage de théâtre et d’opéra. Porté par un univers sonore magistral, ce jardin des abysses nous entraîne dans des fonds marins qui se dévoilent par touches furtives depuis un fauteuil lumineux posé au cœur du décor.

La Lanterne des profondeurs imaginée par Mélanie Laurent et Philippe Berthomé. Photo JLV


L’artiste et réalisatrice japonaise Momoko Seto propose Planètes, un extraordinaire jardin qui convie le visiteur à une immersion poétique entre deux univers oniriques où la nature et le cinéma dialoguent en harmonie. Prix de la critique à Cannes pour son premier long-métrage (Dandelion’s Odyssey), Momoko Seto confirme son talent immense.

Enfin, l’actrice et musicienne franco-iranienne Golshifteh Farahani propose le Jardin de Minâb, « un jardin entre les eaux » invitant à vivre une expérience sensible pour s’extraire du reste du monde. Cette artiste engagée pour les droits des femmes, dont le prénom signifie « éprise de fleurs » en persan, a reconstitué sept vallées dont la traversée offre une quête de soi et un feu intérieur. Le jardin agit ainsi directement sur l’ensemble de l’être, ouvrant le cœur à l’amour.

Le Jardin de Minâb. Photo JL Vezon


Au final, avec ce jardin qui fait son cinéma, c’est bien un cru exceptionnel du festival qui est proposé avec une palette de jardins, véritables œuvres cinématographiques répondant aux exigences botaniques, esthétiques et écologiques essentielles du concours.

Plus d’infos autrement :

Chaumont-sur-Loire : la mémoire des réfugiés espagnols honorée

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Centre-Val de Loire
  • Aujourd'hui
    18°C
  • vendredi
    • matin 11°C
    • après midi 19°C
Copyright © MagCentre 2012-2026