La Berrichonne ne veut pas mourir

Le stade Gaston Petit avait retrouvé l’affluence des grands soirs pour la venue de Sochaux. Malgré un parcours calamiteux la Berri venait de « taper » Dijon le leader du National. Soirée de gala pour continuer à croire au maintien.

Les bleu et rouge célèbrent le premier but de la Berri (photo PB)

Par Pierre Belsoeur

Le propre des miracles c’est qu’ils ne se renouvellent pas. A Châteauroux si. Et l’on pourra évoquer la « glorieuse incertitude du sport » chère à Albert Camus , amateur de foot devant l’éternel (1) pour expliquer que plus de 5000 spectateurs ont assisté au baroud d’honneur de l’avant-dernier du championnat face au second. La Berrichonne est une institution et il suffit d’un exploit des footballeurs rouge et bleu pour que le public rapplique au stade Gaston Petit.
Mais pour faire un beau match il faut être deux et de ce côté là les Sochaliens avaient bien fait les choses puisque le package visiteur était plein à raz bord de supporteurs tout de jaune vêtus, venus assister à la validation du retour en ligue 2 des « Lionceaux » 

Sochaux suffisant

Et effectivement à l’entame du match il était évident qu’il n’y aurait pas photo entre les géants jaunes et les brindilles rouge et bleu. Chaque fois que les visiteurs s’engageaient , on craignait le pire pour les locaux, incapables de porter le danger chez les jaunes. Et puis la détermination des défenseurs locaux, les approximations des attaquants adverses et la justesse du gardien de la Berri firent que le tableau d’affichage était toujours muet à pause… et que les supporters sochaliens chantaient toujours les plus forts.

Un but c’était génial , mais deux c’est exceptionnel , les deux buteurs savourent (photo PB)

A la reprise l’équation était la même : non seulement il ne fallait pas encaisser de but, mais la Berri devait gagner le match pour espérer survivre en National. Face à des Sochaliens monopolisant le ballon, les petits rouge et bleu continuaient leur harcèlement et, miracle, une balle de récupération relayée pas les milieux de terrain était catapultée via un centre, sur la tête de Loïck Piquionne. Le stade explosait… mais les Sochaliens chantaient toujours.
Il restait presque trente minutes pour égaliser et l’écart était trop flagrant pour que les visiteurs ne mettent pas fin à l’anomalie ! Effectivement six minutes plus tard les jaunes mettaient la défense locale hors de position et Boutoutaou n’avait plus qu’à conclure à proximité du point de pénalty, seul face au gardien. Délire au package supporteurs !

La Berrichonne rageuse

Avec cette égalisation les visiteurs pensaient avoir plié l’affaire, attendant l’opportunité de planter le dernier clou sur le cercueil de la Berri. Le match nul avait éteint les chants bleu et rouge, un but pensez, c’était exceptionnel, mais comment en marquer deux ?
Et bien six minutes plus tard, sur une deuxième attaque bien construite, c’est Ronaldo Freitas qui transperçait pour la seconde fois les filets sochaliens. Superbe, efficacité maximum qui faisait encore rager en salle de presse l’entraineur des visiteurs. Effectivement, face à l’irrationnel, un technicien du foot est désarmé…surtout lorsque l’irrationnel s’acharne contre lui. Car le but de Freitas fut le dernier de la soirée. Damien Ott, l’entraineur castelroussin , évidemment ravi, avait une explication beaucoup plus rationnelle, celle de l’envie qui fait qu’un groupe de joueurs peut se dépasser, ensemble. Mark Twain aurait sans doute l’explication « Ils ne savaient pas que c’était impossible , alors ils l’ont fait. » L’explication tient si l’on veut seulement défendre, mais pour gagner il faut aussi marquer des buts et c’est là que l’entraîneur a joué son rôle de meneur en redonnant à ses attaquants le goût du risque. Si l’on ne prend pas celui de tirer, on ne risque pas de manquer la cible. Mais si l’on fait mouche, c‘est tout un stade qui se lève.

Freitas et Piquionne lors du point presse « Dès lundi on se remet au travail , il faut gagner à Valenciennes » (photo PB)

La Berri a battu Dijon et Sochaux, mais pour garder sa place en National, il lui faut impérativement s’imposer à Valenciennes pour le dernier match de la saison. Alors, jamais deux sans trois ? L’équipe n’avait jamais réussi à aligner deux victoires de suite cette saison. Alors pourquoi pas trois ! Il faut un début à tout. Et le club de foot historique de la Région Centre-Val de Loire ne peut pas mourir.
(1) En fait la naissance de l’expression remonte, semble-t-il au concours hippique des JO de Paris en 1924

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