Le Marché de l’Art organisé par l’association Alentours Espace des Arts se tiendra durant 3 jours à Cléry-Saint-André lors du week-end de la Pentecôte. À la tête de l’association, une belle personnalité, Alexandra Baudin. Aussi nous avons souhaité faire plus connaissance avec cette artiste peintre et découvrir la genèse de ce rendez-vous artistique.

Alexandra Baudin Bestiaire d’insectes en noir et blanc cl Valérie Thévenot
On peut dire d’Alexandra Baudin que c’est une femme libre. Libre dans sa créativité, libre dans ses choix de vie. À écouter son parcours de vie, une vie pleine de rebondissements, on comprend que cette personne est animée par une énergie incroyable, un goût du partage et une volonté tenace d’aller vers ce qui l’attire et stimule sa curiosité. Et ce, depuis son enfance.
« J’ai toujours été un peu l’enfant rebelle de la famille »
Son père était architecte et il peignait beaucoup, « la chance que j’ai eu c’est qu’il était trop mignon avec moi et m’a laissé m’exprimer toute petite. Il me laissait ses toiles et ses peintures. C’était déjà là, j’ai toujours peint ». On comprend alors qu’entrer aux Beaux-Arts devient son souhait le plus fort. Et pour y arriver, zéro compromis. Elle décide de ne plus rien faire à l’école, même pas ses devoirs, en espérant qu’à un moment ses parents craquent devant sa détermination. Voilà, c’est chose faite. Ils craquent et elle réussit son concours d’entrée aux Beaux-Arts d’Orléans. La première année probatoire la confronte encore aux cours d’anglais et de mathématiques, « vraiment je ne voulais plus de tout ça, heureusement il y avait la peinture et la sculpture ». La seconde année voit la création de la section Arts plastiques. « Une époque géniale rue du Bourdon Blanc, ambiance Beaux-Arts, la vraie pour moi. J’étais comme un poisson dans l’eau ». Mais Alexandra ne perd rien de son esprit libre. « Je m’absentais parfois 15 jours, mais pour bosser ! Je revenais avec tout mon barda, j’avais fait plein de trucs, j’étais contente, sauf que mes absences, ça coinçait. Du coup, contrainte et forcée j’ai dû arrêter les Beaux-Arts. Ça m’a traumatisée, c’était ma vie ! »

Alexandra Baudin Bestiaire montage cl Valérie Thévenot
Une autodidacte déterminée et créative
Elle poursuit donc seule son parcours artistique déjà riche. Elle expose aux Artistes orléanais, au tout début d’Expressions Libres à Chécy, tout en donnant des cours à Saint-Jean-de-Braye à la suite de Richard Boutin. Un mariage, puis deux enfants, suivi d’un départ à Lille où elle vivra 10 ans, avec l’arrivée d’un troisième enfant, une fille, font que la distance temporelle et géographique effilochent ses contacts d’ici. Un, puis deux divorces plus tard, et deux nouveaux enfants – quand on vous dit qu’Alexandra est très dynamique, ce n’est pas une blague ! – elle revient en terre natale, à Ménestreau-en-Villette. Seule pour élever ses cinq enfants, il lui faut trouver un travail régulier. Elle décroche pour un an une formation de peintre décoratrice à Paris. La chance lui sourit à nouveau quand la SOCRA, société spécialisée dans la restauration de monuments et d’œuvres d’art recherche une personne avec son profil. Le contrat est signé dès sa 1ère entrevue. Faux marbres et faux bois n’ont plus de secret pour Alexandra, alors à elle les superbes chantiers partout en France et dans des lieux incroyables.
Parallèlement, elle continue d’exposer et de peindre. Même en déplacement, le soir après les chantiers. « Mes collègues étaient fous ! Je bossais toute la journée dans des conditions parfois difficiles, dans des églises, dans le froid, et après je peignais. J’emmenais tout mon bazar, chevalet, peintures, toiles. J’avais une énergie folle. Mes enfants me disaient ” mais maman tu es dingue ! ” Je leur disais, c’est comme ça, c’est mon tempérament “. Même logée dans un lieu de passage sans confort comme ce vieux moulin où l’humidité s’infiltrait, ça ne change rien, « ça me va, ça me suffit, je suis dans ma bulle, c’est ma vie en fait. Et je suis toujours un peu comme ça ».
De série en série
Alexandra travaille par série. Elle commence par peindre un grand nombre de natures mortes. Ensuite vient sa période de personnages sans visage dans des positions nonchalantes. Puis la nature fait son entrée. Poires équipées de serrures et scènes de jardin se multiplient dans son atelier. Après vient une période abstraite, « j’avais envie d’essayer. Les premiers tableaux étaient organisés, un peu sages, puis j’ai voulu libérer le trait, les touches de peinture dans l’esprit des tableaux de Nadine Ringuedé, et j’ai fini par trouver ça très compliqué. Ce n’était pas fait pour moi, j’ai donc abandonné ».

Huitre Alexandra Baudin cl. Valérie Thévenot
Et là, une huître entre dans sa vie. Une vraie, pour modèle. À partir de là, elle travaille sur un fond noir, mais le noir aspire les couleurs, il lui faut passer des couches et des couches. « Ça prend un temps fou mais c’est génial, ces passages de glacis donne une profondeur et des transparences intéressantes ». Pour transcrire l’aspect nacré de l’huître, elle met au point une technique. « Je dessine mon huître sur le fond noir, je la recouvre tout en blanc acrylique au couteau ou à la spatule, comme du stucco, puis je repeins à l’huile en blanc et j’amène les couleurs. C’est très long, ça demande du séchage, mais j’ai découvert cette technique pour mes huîtres et maintenant je travaille ainsi ». La « période huîtres » a duré plus de 3 ans. Aujourd’hui, elle poursuit la thématique « nature » avec ses poissons et plusieurs bestiaires. La faune de la Loire, de la forêt, de la montagne, du bord de mer, tous en couleur, et maintenant les insectes – mais cette fois-ci uniquement en noir et blanc – prennent vie sous ses pinceaux. D’ailleurs, Alexandra se lance maintenant dans une période noir et blanc. Et les pies vues sur papier dans son atelier seront parfaites !
Le Marché de l’Art
Alexandra a toujours donné des cours de peintures, depuis chez elle, ou bien dans des lieux dédiés. « J’adore ça, et c’est important pour moi. Tu vois tes élèves progresser d’année en année ». Quand la sculpteur Valérie Barrault lui propose de se joindre à elle pour donner des cours à Cléry-Saint-André, elle accepte, ainsi que la calligraphe Aurélie Schnell et plus récemment Lionel Martin. Une salle lumineuse et bien équipée est mise à disposition par la commune avec pour contre-partie de participer et d’organiser des évènements. L’association Aux Alentours Espace des Arts voit le jour et tient ses engagements depuis 4 ans en organisant chaque année le Marché de l’Art. Une exposition où une vingtaine d’artistes sont sélectionnés par un jury. À chaque édition ce sont de nouvelles personnes qui sont retenues ce qui demande toujours un long travail de recherches pour mettre au point un salon de qualité. Cette année, 21 artistes participent au Marché de l’Art dont des illustrateurs, sculpteurs, céramistes, peintres, graveurs et plasticiens. En 2027 pour les 5 ans de cette aventure qui reçoit chaque année un peu plus de public et de personnalités locales, voire nationale, il est possible qu’une sélection serrée se fasse parmi les artistes déjà exposés.
Le Marché de l’Art est toujours un moment artistique convivial, où il est facile d’échanger avec les artistes en plus de découvrir de nouvelles œuvres et de jeunes talents.

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Marché de l’Art
Du 23 au 25 mai 2026
Espace Loire Rue du Stade 45370 Cléry-Saint-André
Entrée libre
Samedi : à partir de 10h
Dimanche et lundi : de 10h à 18h
Vernissage Samedi 23 mai à 18h
Concert Groupe vocal « L’envol »
Dimanche 24 mai à 17h30
Les artistes 2026
Bidulle Gorecki, Ceeloo, Christèle Dépée, Nicolas Dessables, Blandine Dubois, Alain Durand, Martine Elhaik, Benoit Fabioux, Maxime Frairot, Rémi Hanot, Saïd Idouss, Isabelle Lainé, Laurent Mangepapier, Sophie Masson, Mathilde Millot, Morrowdim, Florence Nivan, Janayna Barros Osada, Jean-Luc Proust, Bruno Robert, Stéphanni Bardoux