Nous n’avons aucun mérite à être altruiste : cette pulsion biologique d’aider l’autre pourrait trouver son origine dans des mécanismes ancestraux. La science vient en effet de découvrir que notre altruiste prendrait racine dans notre instinct parental.
Une équipe de neurobiologistes vient de publier dans la revue Nature une étude qui bouscule notre vision de l’empathie.
Pour comprendre ce mécanisme, les chercheurs ont observé des groupes de souris. Face à un congénère stressé, certaines n’hésitent pas à proposer une séance de toilettage réconfortante. Le plus étonnant ? Ce sont les rongeurs les plus attentionnés avec les souriceaux qui se révèlent les plus solidaires avec les adultes !
Tout se jouerait dans une région spécifique du cerveau : l’aire préoptique médiane (MPOA), déjà connue comme le « centre de contrôle » de la parentalité. Les scientifiques ont découvert qu’elle s’active lors d’un élan de générosité envers un pair. Mieux encore : ce geste active le circuit de la récompense en libérant de la dopamine. Ainsi on se fait plaisir en aidant son prochain au même titre que de bercer un nouveau-né.
L’évolution a été pragmatique et l’altruisme est profondément ancré dans notre nature : les circuits neuronaux conçus pour protéger nos bébés vulnérables ont servi d’échafaudage biologique pour étendre notre bienveillance à l’ensemble du groupe humain auquel nous appartenons.