(Publirédactionnel) Elle en a fait un vrai personnage littéraire. Entre bocages, vallées et villages pittoresques, le Boischaut Sud de l’Indre en Centre-Val de Loire promet un voyage authentique et vibrant dans l’univers de l’une des femmes les plus modernes et engagées de son temps. De Nohant à Gargilesse, de Sarzay au Moulin d’Angibault, de Saint-Martin de Vic à Châteauroux, le sud du Berry permet de prendre la route vers une Vallée Noire imaginaire dans l’intimité de George Sand, de ses demeures, de ses lieux et promenades fétiches. Une escapade symbolique à l’heure de la célébration des 150 ans de sa disparition et dont la panthéonisation, en cours de demande, s’impose comme une évidence.
Femme de plus de 80 romans, de pièces de théâtre, de nouvelles et autres contes pour enfants, George Sand a aussi écrit de nombreux articles dans la presse dont le Journal Illustré. Photo E.B
« C’est un scandale qu’elle ne soit pas panthéonisée ! Elle a injustement été caricaturée en bonne dame de Nohant tout le XXe siècle alors que c’est une femme de combat, une pensée en mouvement, une femme de courage dans un XIXe siècle machiste et violent où on était homme ou rien. Il y avait alors deux figures : Victor Hugo et George Sand », défend Georges Buisson, ancien administrateur du domaine de George Sand à Nohant. Président du comité de soutien, il est parti en croisade avec d’autres pour demander à ce que cette femme de lettres, grande passionnée de culture et de musique, résolument moderne, féministe, engagée politiquement et écologiste avant l’heure, fasse son entrée aux côtés des sept autres femmes déjà présentes au Panthéon.
Écrivaine intarissable de plus de 80 romans, d’une vingtaine de pièces de théâtre, de plus de 20 000 lettres de correspondance, préfaces, nouvelles, contes pour enfants… George Sand puisa toute sa vie son inspiration dans son Berry natal. Ce Berry, souvent méconnu, qui se découvre à pied ou à vélo (Cyclo Bohème, Saint Jacques à Vélo), à travers une campagne authentique, et un patrimoine riche et varié, dans cette Vallée Noire qu’elle imagina autour de Nohant, le fief familial, et dans ces lieux imprégnés de sa personnalité.
Châteauroux, une escale à découvrir
Aux franges d’une belle forêt domaniale de 5000 ha et les pieds dans les eaux tranquilles de l’Indre, Châteauroux sera votre porte d’entrée. Celle qui servait déjà d’étape à George Sand quand elle voyageait de Nohant à Paris. « Suisse, Italie, Espagne… C’était une grande voyageuse. Elle montait à Paris une fois par an pour l’hiver : un trajet en diligence qui était déjà à lui seul un voyage de 8 à 10 jours avant l’arrivée du train en 1847. » Dans le froufrou d’une robe longue noire et violette, Amélie prend les traits d’Aurore Sand, petite-fille de George Sand (Aurore Dupin de Francueil), pour vous faire découvrir la ville tout en racontant son aïeule. Une aïeule « peu parlante, à la voix douce un peu grave, aux yeux sombres, pensive et au sourire paisible, dont la vie fut rythmée de luttes, de courage, de gloire et de célébrité. » Passage forcé, Châteauroux n’est pas la ville préférée de George Sand « qui n’a pas le côté mystique de Nohant ni le tumulte de Paris. » Mais elle retiendra votre attention à plus d’un titre. Notamment le Couvent des Cordeliers (une des premières fondations franciscaines de France), le Musée Bertrand et la remarquable volière de Napoléon 1er rapportée de l’Île de Saint Hélène, le quartier ancien aux rues pavées débouchant sur la Porte de la Vieille Prison du XVe siècle et la cour du Château Raoul. Cette ancienne forteresse (qui passa entre les mains de six seigneurs tous prénommés Raoul !) est le lieu castelroussin le plus lié à l’écrivaine même si elle ne l’a pas connu. De style gothique orné d’éléments néo-gothiques, il fut la demeure de ses grands-parents paternels de Francueil. Un château vivant jadis au rythme de fêtes et de réceptions qui, aujourd’hui résidence du Préfet, ne se découvre aujourd’hui que sur visites organisées.
À Châteauroux, Amélie prend les traits d’Aurore Sand, petite-fille de George Sand pour faire découvrir la ville tout en racontant son aïeule. Photo EB
Nohant et les années Chopin
30 km au sud, la route quitte la Vallée d’Ebbes et les rives de l’Indre pour rejoindre le Boischaut Sud, ses haies, ses prairies vertes et ses bocages vallonnés. Niché dans cette campagne romantique, le Domaine de Nohant est un lieu où vous êtes projeté d’emblée dans l’ambiance du quotidien de George Sand. « Un cénacle productif où l’on parle peinture, politique, musique, littérature, théâtre… », explique Marie-Claire. Delacroix y peindra ses premiers vases et bouquets, le Prince Napoléon, Alexandre Dumas fils, Flaubert et autres journalistes, éditeurs, comédiens… y partageront la même table, et Chopin, avec qui George Sand aura une relation amoureuse pendant 9 ans, y composera les deux-tiers de ses œuvres, dont la célèbre Polonaise Héroïque. Celle dont les notes semblent encore résonner dans cette maison bourgeoise où George Sand grandit et dont elle héritera de sa grand-mère. Une maison aux pièces vivantes qui reçut pendant plus de 40 ans les grands noms de l’époque et où tout est authentique : des verres offerts par Chopin, au lustre de Murano, les théâtres et les marionnettes de Maurice (fils de l’écrivaine), le mobilier en bambou de la chambre japonisante, l’énorme cuisinière en fonte et le potager de la cuisine, le calorifère, la porte capitonnée derrière laquelle Chopin écrivait, ou encore le piano Pleyel de George Sand… « Ici, Chopin renaît. Ça ressemble à la campagne polonaise. Il vient de 1839 à 1846 et chaque été un nouveau piano à queue est loué pour lui et acheminé depuis Paris », explique Yves Henry, Président du Festival Chopin.
Chambre avec vue
Et puis, il y a le jardin et le petit bois (6 ha), où George Sand descendait tous les jours. « Un jardin d’expérimentation où elle a introduit tulipier de Virginie, arbre de Judée, planté pervenches et pieds de lierre, expérimenté des légumes, cultivé l’ananas, de la vigne et même des pastèques », décrit Benjamin, chef jardinier du domaine. Curieuse des plantes et femme qui aimait la nature, elle élevait des poules, étudiait les papillons, faisait ses confitures et acclimatait les melons. En restauration comme elle l’a connu, ce jardin remarquable est un havre de paix au verger de 85 pommiers et au tracé identique à celui du XIXe siècle. Tout comme la roseraie de roses anciennes très parfumées dont se délectait Delacroix et ces cèdres de plus de 200 ans que Sand admirait depuis sa chambre. « Elle dormait peu, jardinait et travaillait beaucoup », raconte Marie-Claire. « Le domaine en fermage permettait de vivre en autarcie et elle gagnait suffisamment pour faire travailler une dizaine de domestiques. À l’époque, elle est dans le top 5 des artistes les mieux payés : elle est même plus connue que Flaubert ! » Femme de valeurs républicaines et de combats (injustice sociale, droit des femmes…), George Sand l’est aussi pour la nature : avec Le Péché de Monsieur Antoine, elle signera le premier roman écolo et n’hésitera pas à signer une tribune pour sauvegarder la Forêt de Fontainebleau, révélant ainsi des réflexions avant-gardistes sur le monde du vivant.
C’est dans sa demeure de Nohant-Vic que George Sand recevra ses nombreux amis. Les pièces y sont vivantes marquées par le souvenir d’une vie riche et intense. Photo EB.
Eglise et fresques remarquables à Saint-Martin-de-Vic
Autre étape immanquable de Nohant, l’église Saint-Martin-de-Vic. Banale petite église en apparence du XIe siècle, elle abrite un ensemble de fresques aussi incroyables qu’inattendues. « Le plus grand ensemble roman conservé après celui de Saint Savin-sur-Gartempe dans la Vienne », souligne Annick Dussault de l’Office de Tourisme du Pays de George Sand. Pour faciliter leur interprétation, des écrans interactifs reliés à des faisceaux lumineux et des explications audio sont à votre disposition. Ces fresques badigeonnées ocres et brun-jaunes du XIIe s., commandées par l’abbaye bénédictine de Déols, ont été découvertes fortuitement en 1849 par l’Abbé Périgaud en voulant installer un retable. « L’abbé va en parler à George Sand qui va envoyer un courrier à son ami Prospère Mérimée qui les fera classer. » Aux effets de mouvements remarquables, ces fresques racontent la vie du Christ de sa naissance à sa mort.
Une Vallée Noire imaginaire
Dans un rayon d’une trentaine de kilomètres autour de Nohant, un paysage étendu et vallonné de bocages (le 3e le mieux préservé de France) s’étire sur les premiers contreforts du Massif Central. Les jolies routes sinueuses, très peu fréquentées, permettent ici de rouler tranquillement et d‘apprécier la campagne qui s’enfuit vers des horizons bleutés : « par temps d’orage, ces horizons s’assombrissent et deviennent ténébreux », poursuit Annick Dussault, « donnant des impressions de forêts par le jeu d’ombre des silhouettes massives des ormes dans les bocages. » Une « Vallée Noire » que s’inventera George Sand et où elle campera l’histoire de bon nombre de ses romans : « La Petite Fadette », « La Mare au Diable » (écrit en 4 nuits !), « Les Maitres Sonneurs » ou encore « Le Meunier d’Angibault » dont le moulin est aujourd’hui le dernier de l’Indre encore en état de moudre. Depuis les hauteurs de la Vallée Noire, par la route du Montet, la côte de Corlet et la route du Plessis, vous rejoignez la commune de Montipouret et le fameux moulin dont elle s’inspira au gré d’une promenade en 1844. Dans un agréable cadre boisé où il est possible de pique-niquer au bord des rives de La Vauvre, ce moulin permet de découvrir l’activité de meunerie qui s’y déroula jusqu’en 1958. Roue à aubes, meule, mécanisme et pièce de vie du meunier nous replongent dans une ambiance XVIIIe – XIXe entre mobilier et tenue typique berrichonne.
A suivre…
Retrouvez toutes les informations et adresses des sites, villes et villages, et itinéraires cyclables sur www.valdeloire-france.com
L’année George Sand, les événements à ne pas manquer !
Nohant Festival 2026
Une édition historique à l’occasion des 60 ans du Festival et des 150 ans de la disparition de George Sand. Autour d’un thème symbolique « Sand et Chopin à Nohant », 35 concerts, spectacles et événements se dérouleront du 6 juin au 22 juillet. Puis, du 15 au 23 août, se tiendra en public dans le Bergerie-auditorium, pour la 1ère fois le premier Concours International Chopin Pleyel autour de 24 jeunes pianistes venus du monde entier.
Moulin d’Angibault
A l’occasion des 150 ans de la mort de George Sand, le moulin expose des illustrations du roman de George Sand « Le Meunier d’Angibault », signées Céline Alapetite, accompagnées d’extrait du roman. De quoi s’immergez dans le contexte historique, social, idéologique, littéraire et personnel de l’œuvre.
Une tapisserie itinérante
À voir absolument ! Cette tapisserie unique sur la nature a été commandée par l’État via un appel à projet en 2021, et confiée à l’artiste Françoise Pétrovitch. De 23 m de long sur 2,15 m de haut, cette tapisserie itinérante sera visible à Aubusson puis à Châteauroux en octobre et à Bourges en novembre 2026.
BourgesSand2026
Il y en aura pour tous, partout, et pour tous les goûts ! Concerts, expositions, rencontres, créations contemporaines, lectures… témoigneront tout au long de l’année de la vitalité de l’œuvre George Sand et de l’actualité de ses combats. Une riche programmation initiée par la Ville et la Région Centre-Val de Loire qui préfigure Bourges Capitale européenne de la Culture 2028.
« Je suis dans des Mondes étranges » une exposition de l’artiste photographe Flore jusqu’au 1er novembre à la Maison de George Sand.