France État-Unis 250 ans d’amitié … malgré Trump

L’association France Etats-Unis a tenu son congrès national au château de Blois le 30 mai. Marquée par le 250e anniversaire de la Déclaration d’Indépendance des États-Unis d’Amérique, elle a réaffirmé la permanence et la force des liens entre les deux pays. 

Jérôme Danard, président national de France Etats-Unis (debout) lors du salon du livre et de la Bd France États-Unis. Crédit Jean-Luc Vezon.
Par Jean-Luc Vezon

Les monstruosités de Donald Trump et de son administration étaient dans tous les esprits pour cet évènement qui a rassemblé 200 membres issus des 25 chapters (délégations) de l’association créée en 1945. Mais, l’heure n’était pas aux règlements de compte mais bien à la fête pour célébrer l’amitié entre deux nations, l’une des plus exemplaires de l’histoire moderne.

Un programme de très haut niveau

Le blésois Jérôme Danard, président de l’association France – Etats-Unis et son équipe, avaient concocté un programme de très haut niveau avec trois conférences de 1er plan. En présence du maire de Blois Marc Gricourt et du préfet Zimet, très grand connaisseur des Etats-Unis, elles ont illustré l’importance des liens à la fois interpersonnels mais aussi militaires, diplomatiques ou économiques entre deux nations partageant le même idéal universaliste.     

Le commissaire-priseur vendômois Philippe Rouillac a d’abord retracé, avec sa verve habituelle,  l’histoire franco-américaine qui a commencé par l’envoi d’un contingent de 5.000 hommes commandés par le maréchal Rochambeau pour aider les 13 colonies à conquérir leur indépendance. 

Plusieurs œuvres majeures comme celles de Charles Willson Peale, qui a portraitisé le général George Washington lui ont permis de souligner l’apport majeur des troupes de Louis XVI dans les victoires de Yorktown ou Cheasepeake. Philippe Rouillac insista aussi sur les liens forts unissant le Loir-et-Cher et les USA notamment au travers Benjamin Franklin, accueilli au château de Chaumont-sur-Loire, ou Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau (1725-1807) dont les racines familiales se trouvent à Thoré-la-Rochette. 

La coopération militaire

Le général Vincent de Kytspotter revint pour sa part sur l’histoire de la coopération militaire. Plus ancien allié des Etats-Unis, la France a d’abord permis aux 13 états de se détacher de la Couronne britannique créant ainsi les Etats-Unis. Puis notre allié est venu combattre à nos cotés lors de la 1ère Guerre mondiale avec un corps expéditionnaire de 2 millions d’hommes (2) avant de nous libérer de l’occupation allemande. Plus récemment, les guerres de Corée ou du Golfe ont symbolisé cette coopération.

Au-delà des « fâcheries » (retrait du commandement intégré de l’OTAN en 1966, refus d’envahir l’Irak, golfe persique et Ukraine aujourd’hui), « l’alliance  multiséculaire reposant sur la coopération militaire bilatérale, la solidarité, la cohésion et l’interopérabilité des forces armées demeure l’un des piliers de l’architecture de sécurité euro-atlantique (OTAN) » a insisté l’auteur de « la bataille de Yorktown – octobre 1781 ».

Crise de confiance

Chercheure en relations internationales et sécurité, maître de conférences à l’Université de Tours, figure connue des plateaux télé, Elisabeth Sheppard-Sellam a enfin donné sa vision du mandat Trump. « Tout ne s’effondre pas, les tribunaux, les gouverneurs (Illinois, Californie) résistent mais il l y a une vraie crise de confiance envers les institutions dans la population. Combien de temps le pays va-t-il résister ? ». Répondant aux questions ciselées de Jean-Marc Mignerey, secrétaire général de France États-Unis, Elisabeth Sheppard-Sellam a rappelé que cette fracturation de la société américaine ne datait pas d’aujourd’hui avec la montée du Tea Party dès les années 2010. Elle s’inscrit aussi dans l’histoire avec la Guerre de Sécession, le maccarthisme ou la lutte des Noirs pour leurs droits.

Pour la chercheuse, le danger existe bien cependant avec la mise en œuvre par l’administration Trump du « Project 2025 » ultraconservateur et libéral et cela d’autant plus que « les réseaux sociaux sont une caisse de résonance ».     

Francisco Pérez, porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis à Paris a salué avec chaleur le travail remarquable de l’association dans toute la France. Rappelant que le congrès s’inscrit dans une série d’évènements labellisés Freedom 250, marquant la déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776, il a insisté : sur « une relation jamais parfaite, compliquée et passionnée. Parfois nous sommes d’accord. Parfois nous sommes beaucoup moins d’accord… Mais après deux cent cinquante ans, une chose est certaine : This relationship endures (1) ».

« Alors que l’Europe connaît de nouveau la guerre sur son sol, que l’ordre mondial vacille, et que les tensions économiques et commerciales redessinent les équilibres planétaires, la relation entre la France et les États-Unis demeure un repère essentiel.  Elle témoigne d’une solidarité qui a traversé les siècles, d’une fidélité née sur les champs de bataille, et scellée par les idéaux de liberté et de démocratie » a ensuite conclu Jérôme Danard avant que le congrès ne se ponctue par un « Colonial Diner » et le Son et Lumière « Ainsi Blois vous est conté ».

(1) Le haut-fonctionnaire qui est aussi historien fut chargé de mission à l’ambassade de Washington et directeur général de la Mission interministérielle du centenaire de la Première guerre mondiale.

(2) 320 000 morts.

(3) La relation perdure en Français

Des livres et objets exceptionnels

À l’occasion du congrès, plusieurs livres et objets du 18e étaient présentés salle Gaston d’Orléans. Citons, une édition originale et rarissime (Il n’en existe que 3) de The Constitutions of the several independant States of America (Philadelphie, 1781), la 1ère édition française des constitutions des treize Etats de l’Amérique, un recueil contenant quatre pièces des bagatelles « Avis à ceux qui voudraient s’en aller en Amérique » de Benjamin Franklin, le fac-similé du testament du Maréchal de Rochambeau et 5 médaillons en terre cuite de l’artiste Jean-Baptiste Nini dont le célèbre Franklin avec son bonnet de fourrure. Francophile, ce dernier était l’ami de Jacques-Donatien Leray installé à Candé-sur-Beuvron.    

A lire aussi: « The Mastermind », l’effondrement de l’Amérique triomphante

Commentaires

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  1. “En attendant ils sont exceptionnels et se se sont proclamés les sauveurs du monde, les faiseurs d’une future démocratie.
    Leur devise là ou il y a du pain, là est notre patrie, on aime la nation parce qu’elle procure la richesse.”
    C’est une idéologie nationaliste “América first”
    Une vidéo d’Élise Marienstras historienne, des Etats Unis, professeur émérite à Paris Diderot évoque cela
    https://vimeo.com/663299581
    En attendant sur le Moyen Orient où ailleurs ce sont simplement des monstres au sens freudien dans la pulsion de mort, comme d’autres nations.

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