Après une édition hivernale de « ouf », le festival Aucard de Tours reprend du service et revient avec sa version « presque » estivale. Une programmation alternative savamment dosée qui fait la part belle à l’émergence et aux découvertes, le tout entouré de valeurs sûres. Faisons le tour, non exhaustif, des propositions qui s’offrent à nos oreilles, du 9 au 13 juin prochain, sur la plaine de la Gloriette.
Orange Blossom de Nantes, entre musiques électroniques et musiques du monde, tête d’affiche d’Aucard de Tours le jeudi 11 juin. (photo Ernest Sarino Mandap)
Jour 1
Cette année, les organisateurs proposent 32 concerts avec des artistes de 10 nationalités et quatre continents différents. L’édition 2026 sera placée sous le thème « Arrête ton cirque » et proposera une esthétique résolument Freakshow*.
Avant que Médine clôture la première soirée, nos grandes oreilles auront déjà profité de plusieurs découvertes. Les polyphonies occitanes de Cocanah, l’accordéon expérimental du Finlandais Antti Paalanen ou bien encore les frères jumeaux Suédois de Deki Alem qui n’hésitent pas à confronter rap, drum’n’bass, pop et breakbeat dans leurs compositions.
Jour 2
Le mercredi, le festival prend la direction de Brooklyn et du post-punk abrasif de Model/Actriz. Le groupe a fait sensation dans la presse avec son premier album, Dogsbody, sorti en 2023. Pour la petite histoire, le batteur Ruben Radlauer et le guitariste Jack Wetmore ont non seulement grandi ensemble, mais leurs pères respectifs avaient joué ensemble des décennies auparavant.
Plus tôt dans la soirée, le groupe lyonnais Not Scientists aura fait monter la température d’un cran. Une valeur sûre, entre The Cure, Buzzcocks et Killing Joke qui a su évoluer depuis ses débuts en 2012.
C’est le rap de Lujipeka (ex Columbine) qui clôturera les hostilités.

Not Scientists, valeur sûre du rock hexagonal (photo com’ Aucard de Tours)
Jour 3
Un triangle improbable Nantes-Brighton-Kinshasa sera proposé en cette troisième journée.
Les Nantais d’Orange Blossom, dont la musique unit influences arabes et occidentales, rock, musiques du monde et électro, fermeront le ban. On se souvient, il y a une dizaine d’années, de leur tube Ya Sidi aux millions d’écoutes et utilisé dans plusieurs séries.
Auparavant, le quintet noise-rock explosif de Brighton, Ditz, aura certainement retourné les festivaliers tant ce groupe coche toutes les cases. Frénésie de guitares, basse incisive, frontman charismatique pour des compositions à la fois intenses, envoûtantes et mélodieuses.
La curiosité de la soirée pourrait être Fulu Miziki (traduisez « le bruit des poubelles ») venu de République du Congo. Se définissant eux-mêmes comme une assemblée Eco-Friendly-Afro-Futuristic-Punk, ils jouent une musique qu’ils appellent Twerkanda avec des instruments, des masques et des costumes faits de matériaux qu’ils ont recyclés et assemblés.

Fulu Miziki et son Afrodisco-house made in Kinshasa (photo Cedrick Not)
Jour 4
Ambiance résolument dansante et feel good avec MAO Cormontreuil. MAO non seulement en référence à la Musique Assistée par Ordinateur qu’ils utilisent, mais aussi pour les initiales des prénoms de chaque membre du groupe (Marianne, Antonin et Odilon). Quant à Cormontreuil, c’est la ville collée à Reims où le groupe compose. MAO Cormontreuil est un trio taillé pour jouer live et faire monter la sauce.
Changement de décor avec Kalte Liebe, duo berlinois qui parvient à fusionner des influences allant du post-punk à la dark wave et jusqu’à la techno. Prestation puissante en perspective.
La soirée s’achèvera avec un duo anticonformiste difficile à cerner musicalement tant ils brouillent les pistes en mélangeant les genres. Il n’en demeure pas moins que H09909, composé de the OGM et Yeti Bones, est un cocktail explosif et diabolique qui ne laissera personne indifférent.

MAO Cormontreuil : pop, dansant, et une bonne dose de DIY (photo com’ Aucard de Tours)
Jour 5
Pour la dernière journée, le festival Aucard de Tours montre qu’il sait varier les genres avec Marina P & the Radiator. L’Italienne, devenue Parisienne, façonne une musique patchwork qui vogue entre reggae, rocksteady et ska accompagnée de paroles engagées dénonçant la souffrance de ceux qu’elle a croisés.
Pour terminer ce tour d’horizon, cap de nouveau sur Brighton, en mode folk/rock avec The New Eves. Pas de guitares rugissantes ni de batterie fracassante ici, mais plutôt des cordes frottées ou pincées, des flûtes, des harmonies vocales imparables et une poésie évidente. La singularité de cette formation réside dans l’approche punk de leur musique, dans la façon de composer et de manipuler leurs instruments. Il y a juste à regarder la vidéo de leur interprétation de « Mother » au Green Man festival pour sentir toute l’osmose et l’énergie créatrice du quatuor. Puissance et frissons garantis.

The New Eves, l’un des nombreux fleurons de la scène de Brighton (photo Katie Silvester)
Loin d’avoir fait le tour des artistes de cette édition 2026 éclectique à souhait, retrouvez le programme complet ci-dessous. Sans oublier que Les Offs d’Aucard vous permettront de prolonger le festival avec des concerts gratuits dans l’agglo tourangelle et dans le département.
*Un freak show est l’exhibition d’êtres humains qualifiés de « monstres humains » comportant des caractéristiques et/ou des malformations physiques hors-normes à des fins de divertissement lucratif. Ces exhibitions connaissent un succès populaire considérable à travers les freak shows aux États-Unis entre le milieu du 19ᵉ siècle et le milieu du 20ᵉ.
De nos jours, l’univers du freak show connaît un renouveau à travers les arts contemporains, le milieu alternatif et la culture queer.
MARDI 9 JUIN
MÉDINE
DEKI ALEM
ADÉS THE PLANET
ANTTI PAALANEN
COCANHA
HYPNOSIS THERAPY
MERCREDI 10 JUIN
LUJIPEKA
MODEL/ACTRIZ
KALIKA
NOT SCIENTISTS
FOR I AM
THE TRADERS
JEUDI 11 JUIN
ORANGE BLOSSOM
DITZ
FULU MIZIKI
LA CIGUË
SPICY BOX
BLEU SHINOBI
VENDREDI 12 JUIN
HO99O9
KALTE LIEBE
DROGES
KUMO 99
M.A.O. CORMONTREUIL
FYRS
SAMEDI 13 JUIN
DUNE RATS
ASNA présente « Rave In Town »
THE NEW EVES
EV
MARINA P & THE RADIATORS
DAWA Hi-Fi Sound System
VIOLENT SADIE MODE