Saturation des antennes de radio et de télévision (y compris sur le service public), délire collectif, confusion entre grégarité et sociabilité… Bref, après l’hystérie (et les violences liées à la victoire parisienne en Ligue des champions), la Coupe du monde offre la possibilité d’un culte irraisonné des émotions et d’un aveuglement national toujours dangereux.
Tribune du CACS (Centre d’analyse critique de la Société)
Comme la victoire du PSG, tenu par le Qatar et son homme « des affaires », la Coupe du monde fera l’unanimité dans la classe politique et ailleurs par les cris ou le silence. On ne se désolidarise pas d’une pratique dite populaire qui permet au « petit peuple » de prendre sa revanche en gagnant par procuration (l’identification à des joueurs millionnaires).
Grouard vs Mélenchon
À Orléans, le Parti socialiste croit bon de défendre les rassemblements en terrasses que vient d’interdire le maire,
Serge Grouard. Pire encore, LFI, parti dit progressiste, met en vente (comme tout marchand de la société capitaliste) un maillot de football floqué au nom de son capitaine,
Mélenchon 27, le Mbappé du parti tout aussi peu collectif que son homologue des terrains. Le travail d’explication sur les inégalités sociales, le réchauffement climatique, la grève à la SNCF, et sur les difficultés de tous les services publics, de la santé, de la justice, de l’éducation, de
la psychiatrie, de l’aide à l’enfance, du handicap, des éducateurs sociaux, etc. attendra. Le football va occuper les esprits pendant des semaines.
Fait social majeur de notre temps aux multiples implications politiques, idéologiques, économiques, mythologiques et culturelles, le sport restera encore une fois hors sol. Hors débat argumenté. La société du spectacle et de l’argent fou triomphe sous les applaudissements du plus grand nombre.

Avec Mélenchon, vive le sport, vive la publicité, vive le capitalisme !