250 000 €. C’est l’effort consenti par la Région pour figurer en bonne place, pour la 8ᵉ année, au prochain salon VivaTech (ou Viva Technology), rendez-vous annuel consacré à l’innovation technologique et aux start-ups, Porte de Versailles à Paris, du 17 juin au 20 juin 2026. Quatre jours pour faire rayonner, avec les 35 entreprises de la région présentes, la créativité, l’innovation et la performance numérique de notre territoire. Une mobilisation XXL pour assurer la visibilité du Centre-Val de Loire et essayer de faire la démonstration de son attractivité. Mais pour quelles retombées ?
Le Before VivaTech 2026 le 18 mai dernier au Conseil régional – crédit photo Éric Botton
10 ans après, on est loin de la première édition, de ses 5 000 start-up et de ses 45 000 visiteurs, édition initiale déjà soutenue par Emmanuel Macron, ministre des Finances à l’époque, et qui rêvait de faire de Paris la capitale des start-ups. Trois ans plus tard, lors de la 4ᵉ édition, en 2019, on comptait pas moins de 13 000 start-ups, 125 000 visiteurs, ainsi que 450 personnalités du monde entier. Après 2025, marquée notamment par l’IA et le cloud (plus de 40 % des exposants), l’édition 2026 espère atteindre les 200 000 visiteurs. Sans plus attendre, elle a déjà commencé à faire tourner le compteur, puisque VivaTech 2026 a investi, en avant-première, les Champs-Élysées, dimanche dernier, pour célébrer ses 10 ans sur la plus belle avenue du monde, occasion d’un parcours d’immersion technologique gratuit et ouvert à tous.
À partir de mercredi, le salon élira domicile sur les trois niveaux du hall 7 du parc des expositions Porte de Versailles. Le « pavillon » de la région sera au cœur du dispositif, hébergé au niveau 2, et bien décidé à faire parler de lui. Il accueillera à tour de rôle les 35 entreprises sélectionnées, qui pourront profiter, à conditions avantageuses consenties par la région pour elles, de l’espace disponible pour présenter leurs savoir-faire et leurs projets, et en profiter pour nouer tous les contacts utiles.
Le Centre-Val de Loire a été la première région à participer à ce salon. Même si beaucoup d’autres l’ont rejoint depuis, bien conscientes des enjeux et tout autant en quête de visibilité, notre région est encore la seule à disposer d’un « Conseil Régional du Numérique », d’un « Espace Numérique de Travail », d’un plan THD (Très Haut Débit), doté de 133 millions d’euros, et d’un dispositif « Cybereponse », avec un Groupement d’Intérêt Public (GIP) créé pour les questions cyber, et en particulier la cybersécurité. Forte de son slogan « Humain & Tech », la région organisait d’ailleurs le 18 mai dernier son « before » VivaTech, en présence du président François Bonneau, du président de DEV’UP, Stéphane Girerd, et de l’élu régional délégué au numérique, Guillaume Crépin. L’occasion de réunir, avant l’événement, tous les partenaires concernés pour présenter le dispositif mis en place pour cette édition 2026.
Les élus et partenaires économiques de la région Centre-Val de Loire mobilisés pour cette édition 2026 – crédit photo Éric Botton
Un environnement numérique se voulant responsable et sécurisé, des start-ups bichonnées au sein de la French Tech Val de Loire
L’occasion aussi d’affirmer, avec le développement de l’IA en particulier, la nécessité d’un environnement technologique et numérique responsable, respectueux de l’environnement (les data centers sont à ce niveau, on le sait, un véritable problème), et sécurisé (ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui, avec pas une semaine où l’on n’apprend, au détour des flashs infos sur les médias, le pillage de nos données personnelles par des cybercriminels…). Bref, de bonnes intentions, une volonté réelle de bien faire, mais une sacrée distance encore entre les bonnes paroles et la réalité sur le terrain.
La Région peut néanmoins s’appuyer sur le support que constitue la stratégie numérique régionale 2023-2028 et ses grands axes : une région numérique partout et pour tous, une région qui développe et anticipe l’innovation et les compétences, une région avec un numérique écologiquement plus responsable, une région qui développe la maîtrise collective des données et de leur usage, une région enfin où le numérique est plus sûr et plus protecteur. Au-delà – encore une fois – des bonnes intentions, il conviendra le moment venu de mesurer l’atteinte de ces objectifs. Côté start-ups, la volonté affichée est le soutien total, au moyen du « bras armé » qu’est l’agence DEV’UP, accompagnatrice de tous les instants des jeunes pousses, avec l’objectif de lever les freins à leur développement, au moyen de dispositifs originaux tels que « Scale’up Centre-Val de Loire » qui entoure les dirigeants dans leur stratégie de levée de fonds par exemple (candidatures ouvertes jusqu’au 24 juin pour rejoindre la 8ᵉ promotion), ou encore le concours « Innovation & Territoires Challenge », dont la grande finale aura lieu justement lors de VivaTech, pour mettre en lumière les start-ups les plus prometteuses du territoire. Le tout au sein de la « French Tech Val de Loire », labellisée capitale French Tech depuis 2024, et l’une des 19 existantes actuellement, dont le but est de créer les opportunités de développement pour les entreprises innovantes et les porteurs de projets de notre région. 260 start-ups officiellement recensées aujourd’hui, représentant 2 200 emplois
Un Centre-Val de Loire qui se veut territoire d’expérimentation, d’innovation et d’impact
Au cœur de VivaTech, le collectif régional veut incarner des ambitions claires, comme la « Deeptech », à savoir les innovations au service de la santé et du médico-social, alliant intelligence artificielle, data et sciences pour améliorer les diagnostics, « l’AI & la Data », solutions concrètes d’IA et de cybersécurité pour piloter les activités dans une perspective de souveraineté et de performance, le « Future of Work », à savoir repenser les usages et les organisations à l’ère de la robotisation en intégrant les enjeux de « care » et de bien-être au travail (gagner en efficacité tout en prenant soin de l’humain), ou encore « Patrimoine, Gaming et Divertissement », immersion où la tech sublime la culture et réinvente l’expérience du patrimoine dont notre région est particulièrement riche (rétrogaming, VR et expériences interactives).
Les trois premières journées de VivaTech seront réservées aux professionnels, tandis que la dernière journée (le samedi) sera consacrée au grand public. Si l’on comprend bien les enjeux et qu’on salue les intentions affichées, on ne peut s’empêcher pour l’instant d’être quelque peu dubitatif quant à ce qui sortira finalement de tout ça et aux bienfaits réels pour l’être humain, puisque le sujet a été abordé. L’IA, encore récente, permet de belles avancées (on peut citer par exemple l’analyse fine de l’imagerie médicale pour un meilleur diagnostic), mais détruit aussi des emplois, sans que l’on sache aujourd’hui jusqu’où cela ira. Les data centers sont de véritables bombes à retardement écologiques, et il nous en faut toujours plus. La cybersécurité reste encore un vœu pieux, toujours en retard par rapport à l’ingéniosité des cybercriminels, un peu comme dans le cyclisme, où les produits dopants ont très souvent un coup d’avance sur les tests de dépistage. Et une partie non négligeable de la population reste éloignée des pratiques numériques. Si l’on note sans conteste une volonté sincère et une mobilisation réelle de l’échelon régional, de bonnes initiatives (Humain & Tech), il conviendra de mesurer concrètement les retombées des investissements consentis. À ce titre, et même si les choses se jouent dans la durée, MagCentre sera intéressé, face aux 250 000 € investis par la Région pour sa participation, associés aux moyens de DEV’UP, par un « after » (après le « before » du 18 mai). Autrement dit, par le bilan de cette 10ᵉ édition du salon VivaTech pour les 35 start-ups parties prenantes. Un bilan quantitatif et qualitatif, qui permette une première mesure objective des retours sur investissement, et surtout une véritable mise en perspective.
Pour en savoir plus :
VivaTech : www.vivatech.com
Humain & Tech : www.centre-valdeloire.fr/programmation-humain-tech-2026
Plus d’infos autrement :
La Région accueillera les WorldSkills France 2027, la compétition nationale des métiers