Avant Bourges 2028, le Climat Libé Tour met à l’épreuve le modèle culturel face à la transition écologique

La Maison de la culture de Bourges accueillait le Climat Libé Tour les 16 et 17 juin 2026. Deux journées dédiées à la création durable en milieu rural, rythmées par un programme de conférences et de débats ponctués d’un concert inédit de Flore Benguigui & The Sensible Notes et d’une carte blanche de l’actrice Judith Godrèche.
 

Le Climat Libé Tour a permis de questionner et d’affirmer la place de la transition écologique dans l’ambition de Bourges 2028.

 

La décarbonation du secteur de l’économie culturelle et créative n’est pas une mince affaire. Comment repenser les mobilités des projets culturels ? Comment intégrer des matériaux écoresponsables dans sa pratique artistique ? Telles sont les questions auxquelles ont tenté de répondre les acteurs mobilisés pendant le Climat Libé Tour, qui s’est déroulé les 16 et 17 juin 2026 à la Maison de la culture de Bourges.

Un événement important pour la future Capitale européenne qui se prépare à accueillir quelques millions de visiteurs en 2028. Comme s’y est engagée la Ville de Bourges à travers cette démarche de labellisation, « tous les projets culturels et artistiques doivent apporter des éléments de réponse sur la transition écologique », a rappelé Stéphane Segreto-Aguilar, directeur du Relais Culture Europe. « Il y a deux formes de réponse possibles : utiliser le vivant comme matière artistique et repenser les modalités de diffusion des œuvres. »


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« Notre rôle est de vulgariser les recherches scientifiques pour les transformer et les décliner en politique publique », a exposé Vivien Rebière, chargé de mission études et partenariats stratégiques pour la mobilisation citoyenne de l’Office français de la biodiversité, lors de la table ronde « Europe : quelle place pour la transition écologique dans la culture de demain ? »

Toutefois, dans les territoires aussi ruraux que celui du département du Cher, même les meilleures intentions ne suffisent pas toujours à parler directement avec le public ciblé. Comment mobiliser et permettre aux habitants du Centre-Val de Loire de vivre et de s’approprier pleinement la programmation artistique et les lieux culturels de leur région ?

La ruralité : un laboratoire de création contemporaine ?

L’un des leviers de réponse à cette question réside dans la mobilité. Un sujet particulièrement sensible à l’heure où la politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre s’applique d’une manière aussi inégale entre les habitants qui sont obligés d’utiliser leurs voitures chaque jour et ceux qui ont la possibilité de prendre les transports en commun. « La mobilité verte doit être appréhendée dans sa globalité, a rappelé Valérie Lallier Bonnard, conseillère partenariats autour de la transition écologique de l’Unesco. Elle ne concerne pas uniquement les transports mais les contextes qui régissent les déplacements, leurs impacts et leurs conséquences. »

Cette inégalité des territoires, cumulée à un sentiment de défiance grandissant, divise l’industrie culturelle. « Nous observons de plus en plus un refus des élites artistiques parisiennes qui se positionnent en sauveuses de la ruralité misérable », a alerté le géographe Guillaume Faburel. Un constat partagé lors de la table ronde intitulée « Créer dans la ruralité : contraintes ou laboratoires ? » et d’ailleurs applaudi par l’assemblée installée dans l’amphithéâtre : « les chercheurs et les artistes ouvrent des terrains de temps en temps mais ils n’habitent jamais dans les lieux où ils vont en résidence ».

« Il n’y a pas de désert culturel dans notre pays »

Dans le supplément culturel Climat Libé Tour Bourges paru mardi 16 juin 2026, la journaliste Lauren Malka interroge Roselyne Bachelot à propos de ce paradigme : « La ruralité est-elle un laboratoire de la création contemporaine ou un territoire abandonné ? » Ce à quoi rétorque sans hésitation aucune l’ancienne ministre de la Culture (2020-2022) : « Il y a un lieu commun qui voudrait que les territoires ruraux soient des territoires abandonnés par la culture. C’est faux, l’étude décennale sur les pratiques culturelles montre qu’il n’y a pas de désert culturel dans notre pays, mais un patchwork extraordinaire. La discrimination n’est pas tant liée au territoire ou à l’argent, mais à la culture de base. Le défi, quand on propose une action culturelle au plus près des publics ruraux, c’est de se demander : comment leur donne-t-on envie de franchir la porte ? »

Un défi immense que relève déjà l’Association Bourges 2028 grâce aux succès de son programme de participation citoyenne à destination des bénévoles, à ses deux appels à projets Contribution pour réinventer les imaginaires (CR!) à destination des associations et des porteurs de projets et à la création du Laboratoire international pour une culture inclusive et accessible (LICIA) à destination des établissements culturels et des institutions publiques comme privées.


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