Jim, la reine des gays, vainqueur de l’hétérose mais surtout de la morosité

Dans une folle course contre un nouveau virus, Jim rassemble son genre et trouve l’amour. Irrésistible loufoquerie, Jim Queen emporte tout sur son passage. Sur un rythme endiablé, les deux auteurs et le studio ont construit un superbe divertissement pour adultes, qui fait du bien aux homos comme aux hétéros.

Jim Queen. Image The Jokers Films.



Par Bernard Cassat.


Tout de suite, le film nous emmène dans le folklore homo parisien des salles de sport. Ça claque, même des bises, ça bouge en rythme sur une musique dansante, ça soulève des poids en suivant le tempo. Des hommes, tous sur le même modèle hyper bodybuildé dont Jim est la Queen, évidemment, se musclent les pectoraux et comptent leurs abdos. Tout ça en échangeant quelques commentaires rapides acerbes, méchants ou obscènes. C’est emporté sur un rythme frénétique. Le culte du corps, du plus beau corps, est démonté en quelques dessins.

L’entrée en boite. Image The Jokers Films.


Tout va bien vite se dérégler à cause de l’hétérose, un virus qui se répand dans le milieu homo et qui transforme les homosexuels en hétéros. L’horreur ! Jim va le contracter sur le podium du plus beau bodybuildé. Un baiser fatal avec sa coach médicale, Nina, une noire déjantée qui ne demande que ça, lui prouve sa transformation. Ses abdos pètent les uns après les autres pour devenir un ventre aussi mou que celui d’un buveur de bière. Et tous ses followers s’en vont sauf un, par qui la solution va arriver.

Lucien. Image The Jokers Films.


C’est le petit Lucien, un petit gars malingre et chétif, honteux de son corps mais totalement fou de Jim qui ne regarde même pas ce puceron enfermé chez lui par une infecte mère tyrannique.

Un jeu de piste se met en place. Ils se rapprochent et découvrent à la fois le pot aux roses et le médicament. Ce virus, c’est l’infâme mère de Lucien, ministre de la Santé, qui l’a mis au point pour convertir son fils qu’elle sait homo depuis qu’il est tout petit. Alors que Lucien n’a même pas réussi à lui avouer ! Mais le virus crée chez lui l’antivirus le plus puissant, dans sa prostate, bien sûr. C’est la tante Glamidia qui indique la marche à suivre.

Lucien avec la Tante Glamidia. Image The Jokers Films.


Avec des étapes chez tous les clans homosexuels bien particuliers. Les ours buveurs de bière, les sniffeurs d’odeurs pas claires, les travellos artistes avec Glamidia et des recherches dans les buissons du Carrousel du Louvre. Des clans qui se méprisent mais qui, devant la maladie, vont faire front uni. La ministre et sa Gaystapo n’auront plus qu’à aller voir ailleurs. Lucien sauve d’abord Jim de l’hétérosexualité, puis le monde entier. Il donne son corps pour la rédemption.

Jim et son coach Nina. Image The Jokers Films.


Toutes les étapes sont terriblement drôles. Les deux scénaristes, Simon Balteaux et Brice Chevillard, rejoints par Marco Nguyen et Nicolas Athanase, ont peaufiné leurs trouvailles. Sans cesse, il y a des détails dans l’image ou dans les répliques, des vacheries bien senties contre les homos, mais en même temps une défense globale de cet univers. L’énergie souvent portée par la musique dansante, les clins d’œil acerbes ou obscènes, les clichés renversés mais aussi utilisés pour rire, se moquer, construisent un film jouissif. De plus, les auteurs s’incluent dans ce qu’ils dénoncent. Avec le studio BobbyPills, ils ont mis au point une esthétique qui fonctionne bien. Criarde, parfois proche de la BD, parfois de la pub, elle reprend le style de certaines réalisations du studio. Spécialisés dans les animations pour adultes, ils gardent tout de même des types de dessins assez enfantins. Et Glamidia ou la Gaystapo ne sont pas que trouvailles verbales.

Ils eurent beaucoup d’amis… Image The Jokers Films.


Le monde LGBT+ (un personnage dit qu’ici, c’est plus G que le reste), pas forcément uniforme dans la réalité, est dans le film moqué par ses tiraillements internes, mais montré aussi uni face à l’hétérose. Et ce sont ces nuances bien exprimées qui font partie de la réussite du film. L’énergie et la drôlerie permanente gomment le parisianisme et en font une vraie réussite. Jim Queen triomphe sur les podiums (de festivals), mais devrait réussir en salles (de cinéma) !


Plus d’infos autrement :

« Une année italienne », un regard juste et tendre sur la fin de l’adolescence

Commentaires

Toutes les réactions sous forme de commentaires sont soumises à validation de la rédaction de Magcentre avant leur publication sur le site. Conformément à l'article 10 du décret du 29 octobre 2009, les internautes peuvent signaler tout contenu illicite à l'adresse redaction@magcentre.fr qui s'engage à mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la suppression des dits contenus.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Centre-Val de Loire
  • Aujourd'hui
    34°C
  • lundi
    • matin 25°C
    • après midi 41°C
Copyright © MagCentre 2012-2026