Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, vient de trancher : pour briller au sommet de l’État, il ne suffira plus d’avoir la tête bien faite, il faudra aussi avoir la salive bien propre. Il vient d’éditer une circulaire pas franchement du meilleur goût pour les amateurs de soirées « hallucinées ».
Matignon ordonne à ses ministres d’organiser des « dépistages inopinés et obligatoires », sous la forme de tests salivaires multi-drogues, au sein même de leurs cabinets. Pour que le grand oral de la collecte de salive soit plus complet, Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de lui dresser une liste des volontaires désignés d’office au test. Ils ont jusqu’au 26 juin pour recenser les hautes fonctions publiques où des informations sensibles transitent.
Cette mesure de Lecornu voudrait-elle insinuer que la poudre blanche circule parmi les dossiers ministériels ? Pourtant, on se souvient de la députée du Loiret, Caroline Janvier qui, en novembre 2023, avait dû faire profil bas et présenter ses excuses à ses collègues après avoir benoîtement balancé dans Paris-Match : « Oui, il y a des soirées où de la drogue circule […] y compris chez les ministres ». La pauvre élue s’était alors fait taper sur les doigts pour avoir confondu l’hémicycle avec une rave-party. À l’époque, c’était des propos irresponsables et indignes d’une parlementaire. Aujourd’hui, c’est une circulaire du Premier ministre qui veut s’en assurer.
Que faut-il voir dans cette soudaine démarche du Premier ministre auprès des élites gouvernementales ?
- Un énième « coup de com » d’un exécutif en quête d’autorité ?
- Une volonté authentique d’attaquer la toxicomanie par le sommet puisque la traque des dealers de banlieue n’est pas assez efficace ?
- Ou c’est le grand retour de la comédie démago de l’« exemplarité » ?
Le gouvernement ne prend-t-il pas le risque de découvrir que certains hauts fonctionnaires ne carburent pas qu’au café pour encaisser la pression délétère qu’ils subissent au quotidien ?