Le Rugby Athlétique Club Châteauroux sous tutelle municipale

L’initiative est originale. La tutelle est réservée le plus souvent à des clubs de foot en dérive financière. Avec le RACC, c’est une dérive de la vie associative des « Rouge et Blanc » qu’il s’agit de traiter.
 

Le stade Roger Couderc, un jour de match en des temps plus paisibles. (Photo archives Pierre Belsoeur)


Par Pierre Belsoeur.


Ils ne l’ont pas écrit comme cela, car il s’agissait d’y mettre les formes, mais lorsqu’on lit : « Attachée à l’histoire du rugby castelroussin, à ses licenciés, à ses bénévoles, à ses éducateurs, à ses partenaires et à l’ensemble des familles qui font vivre ce sport sur notre territoire, la Ville de Châteauroux (…) a souhaité favoriser la recherche d’une solution durable, apaisée et tournée vers l’intérêt général du club. À cette fin, il a été décidé de mettre en place un Comité de restructuration du club. » Dans un communiqué officiel de Châteauroux Métropole, ça ressemble bien à une mise sous tutelle municipale.

Grandeur et décadence

Dans les années 80 (soit à la fin du XXe siècle), le RACC quasi-centenaire était la référence du rugby dans l’Indre. Ses résultats et la qualité de la formation des jeunes justifiaient que la municipalité investisse dans un nouveau stade. Le bourbier dans lequel évoluaient les rugbymen par temps humide (soit l’essentiel de la saison régulière) n’avait pour avantage que d’être le voisin de l’hôpital où les ballons ovales arrivaient plus régulièrement que les joueurs blessés, fort heureusement.
 

La formation a longtemps été l’atout majeur du club castelroussin grâce à la qualité de ses formateurs, souvent anciens joueurs du RACC. (Photo archives Pierre Belsoeur)

 
La construction du stade des Chevaliers (devenu Roger Couderc quelques années plus tard) a coïncidé avec la montée du club en Fédérale 2, soit le quatrième échelon de la hiérarchie nationale. Son équipe première s’appuyait sur une génération de juniors exceptionnelle emmenée par les frères Périgord. Pendant une trentaine d’années, le club a évolué entre la Fédérale 2 et le haut de tableau de Fédérale 3, mais en faisant de plus en plus appel à des éléments extérieurs au département, alors que l’école de rugby fournissait de moins en moins de compétiteurs. Malgré des installations modernisées d’année en année, dont un club house avec vue directe sur la pelouse, inauguré en novembre 2023, le club déclinait régulièrement, Issoldunois et Castrais venaient venger au « Roger Couderc » des années de « fessées » lorsque les trois clubs de l’Indre évoluaient au même niveau.

Bien loin d’Issoudun

Désormais, le Rugby Club Issoldunois est le seul représentant du département au niveau national, ratant de peu la montée en Fédérale 2 (qui aurait sans doute causé des nuits blanches au trésorier). La Châtre et Châteauroux vivotent au niveau régional, le RACC ayant même dû embaucher un mercenaire fidjien de luxe pour arracher son maintien en Régionale 1 ! Qui dit résultats sportifs en berne dit valse des entraîneurs, passages éclair de joueurs recrutés à l’extérieur… et mauvaise ambiance au sein de l’association.
 

Le RACC ne survole plus le rugby départemental. (Photo archives Pierre Belsoeur)

 
Lors d’une assemblée générale, au printemps, le club a même innové en ne réélisant pas son président au comité directeur. Une assemblée générale contestée qui a donné lieu à une seconde AG où l’ex-président a sauvé sa place, à une voix près ! Pas de quoi rétablir la confiance pour préparer la saison 2026-2027. D’où l’initiative municipale de confier à cinq personnes nommées par la Ville de Châteauroux et cinq choisies par le RACC (lire par ailleurs) le soin d’étudier la situation du club et « de formuler des propositions permettant de refonder l’organisation et la gouvernance du club ». Ils ont trois semaines pour ce faire. On aura donc leurs conclusions le 17 juillet. Leur mise en œuvre devra être validée lors d’une assemblée générale extraordinaire qui aura lieu au plus tard le 30 septembre.

La municipalité et la direction du RACC sont associées dans cette démarche, précise le communiqué, mais les divisions sont telles au sein de la direction du RACC que c’est évidemment la Ville qui prendra le leadership dans cette réorganisation. C’est aussi elle qui est le principal bailleur de fonds du club. Directement par le biais des subventions ou indirectement par la mise à disposition d’installations très confortables.
 

Gil Avérous personnellement impliqué

Le conseil municipal est particulièrement impliqué puisque dans les cinq personnalités désignées par la Ville, on trouve le maire Gil Avérous, Denis Mérigot, maire adjoint chargé des sports, et Florence Petipez, maire adjoint mais également chargée des sports au sein du Conseil départemental. Nicolas Quatresous, conseiller municipal, et Alain Groleau, ancien président du club, complètent le quinté. Cinq actuels dirigeants du RACC ont été désignés par le club : Stéphane Riffaud, Denis Bénard, Louis Périgord, Rémi Agadiche, Camille Dubos (et donc a priori aucun licencié en première ligne dans la guerre interne). Ce comité remettra ses conclusions le 17 juillet.

Si Gil Avérous est moins assidu au RACC qu’à la Berrichonne, il a néanmoins un bon contact avec les « Rouge et Blanc ».


Plus d’infos autrement :

Union Foot de Touraine : une première saison fondatrice malgré la montée manquée

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