« Ursidité », par Daniel Monforte : enfermement ou refuge ?

Daniel Monforte, écrivain, journaliste, musicien, vient de publier son deuxième roman, inspiré de la période du confinement avec tout ce qu’elle a pu bousculer, générer, redéfinir. Un ouvrage très bien écrit qui alterne entre récit et réflexion.

 


Par Anne-Cécile Chapuis


Daniel Monforte vit en région Centre-Val de Loire, du côté d’Amboise. Son parcours est pluriel puisqu’il intervient à la fois comme musicien (piano, contrebasse), travaille comme journaliste (chroniques radio et articles pour le groupe VA presse), et écrit des romans ou essais.

Après un premier roman en 2020 (L’ennemi intérieur, éditions le Sémaphore) et un ouvrage remarqué « Comprendre l’imbroglio syrien : histoire, conflit, géopolitique », VA éditions, Daniel Monforte publie en 2025 « Ursidité » aux éditions Spinelle.

Le confinement jour après jour : un sujet qui dérange

Sous forme d’une chronique quotidienne, le roman « Ursidité » se situe dans le direct du premier confinement. Mais c’est « tout sauf un journal intime » et la partie autobiographique est faible comparée à la création de personnages qui émaillent le récit.

Le sujet dérange. Le lecteur n’est pas très enclin à revivre un épisode (trop ?) récent qui laisse de mauvais souvenirs. Mais une fois franchie cette réticence, l’on est pris par le déroulé des évènements adroitement soulignés dans une réflexion à la fois philosophique, politique ou purement personnelle qui va bien au-delà d’un vécu ou d’une simple narration.

On y retrouve les étapes du confinement avec les informations parcellaires qui génèrent angoisse, les injonctions qui entrainent culpabilité, les interrogations qui véhiculent des choix incertains. En corollaire, on suit l’histoire d’une famille recomposée qui se construit en butte aux organisations obligées, tout ceci dans un confinement qui révèle « l’illusion d’être ensemble ».

En filigrane, c’est la solitude de tout être humain et peut-être encore plus de tout écrivain qui, dans sa tanière d’ours – d’où le titre – découvre que « l’enfer, ce n’est pas tant les autres. C’est plutôt moi si je n’ai pas mes moments à moi ».

Daniel Monforte, par Gédéo.

Une écriture fluide et un style séduisant

Le style est très agréable, le vocabulaire est choisi, riche, émaillé de métaphores. Une touche d’humour et d’autodérision contribuent à une lecture attachante d’un ouvrage qui prend aux tripes et au cœur.

À travers 57 jours de confinement égrenés au fil des pages et les expériences qui s’ensuivent, c’est un parcours et une trajectoire qui résonnent et qui viennent revisiter une époque atypique récente : « l’Histoire avec une grande Hache ne contraint pas l’humanité par ses seules guerres. Les épidémies ont aussi leurs pages de sinistre grandeur. »

L’on quitte à regret cet ouvrage sans conclusion, la vie a repris son cours, où nous mènera-t-elle ? À suivre dans l’univers de Daniel Monforte qui annonce son troisième roman en cours à paraitre d’ici quelques mois.

Pour en savoir plus : www.facebook.com/Daniel-Monforte-107750701138086


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