120 ans après, le Capitaine Dreyfus parle toujours au présent à Orléans

Réhabilité le 12 juillet 1906 par la Cour de Cassation, le militaire promu ultérieurement général de brigade a terminé sa carrière militaire à Orléans. La ville et la LICRA n’oublient pas. Et en font un symbole du présent.

Un nouvel hommage à Alfred Dreyfus. Photo Magcentre

Par Jean-Jacques Talpin

Deux fois condamné pour haute trahison, victime de l’injustice et de l’antisémitisme Alfred Dreyfus, symbole du plus grand scandale politique et, militaro-judicaire de notre pays a été réhabilité par la Cour de Cassation. Le 12 juillet 1906, il y a exactement 120 ans le capitaine promu lieutenant-colonel puis général de brigade par une loi de 2025 a terminé sa carrière militaire à Orléans où il fut affecté en mars 1918 au commandement du parc d’artillerie de la 5ᵉ région militaire avant de quitter l’armée l’année suivante. Un lien fort unit donc le capitaine Dreyfus à la ville.

Une journée nationale pour Alfred Dreyfus

C’est pourquoi, depuis des années, la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) a engagé une action de persuasion auprès de la ville pour qu’un hommage lui soit rendu. Avec le soutien de la famille Dreyfus, la place d’armes du quartier Sonis a été rebaptisée à son nom tout comme une salle du palais de justice d’Orléans. A l’occasion des 120 ans de l’arrêt de la Cour de Cassation, et pour s’inscrire dans la première journée nationale dédiée au général Dreyfus décidée par le président Macron, un nouvel hommage lui a été rendu ce dimanche sur sa place.

Joëlle Gellert présidente de la Licra Loiret. Photo Magcentre

Une plaque mémorielle a ainsi été dévoilée par les autorités et Joëlle Gellert, présidente de la LICRA Loiret. Une occasion de célébrer ce « qui n’est pas un simple rendez-vous avec l’histoire mais d’abord avec notre conscience ». Car victime d’un complot antisémite ourdi par des militaires, Alfred Dreyfus aura subi 12 ans d’humiliation, de déportation en Guyane avant de retrouver ses droits dans une société profondément divisée en dreyfusards et antidreyfusards.

« Dreyfus parle au présent » !

Pour Joëlle Gellert, loin d’être une affaire passée ou classée, l’affaire Dreyfus « parle au présent ». Et de rappeler « les fausses informations, le complotisme, la montée inquiétante des actes antisémites ». D’où la nécessité de « rester vigilant, de défendre l’état de droit, l’indépendance de la justice, la défense de l’école républicaine, de l’esprit critique ». Alors oui « il faut poursuivre le combat car  la justice, la démocratie, la liberté ne sont jamais définitivement acquises ». Un message d’utilité publique face à la dérive antisémite de certaines composantes de la gauche et face à ceux qui voudraient faire oublier leur passé douteux en attendant le pardon de la Cour de Cassation…comme en 1906 !

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