Un vote de sécurité en bonne compagnie républicaine

Approuvée majoritairement par l’Assemblée nationale, la loi RIPOST n’attend plus que l’aval d’une commission mixte avec le Sénat pour être mise en œuvre. Mais cet ajustement législatif dû à une forte implication d’élus centrevallois a peut-être favorisé quelques étranges effets préliminaires.



Par Mag’Asine


« Face aux dérives entendues dans cet hémicycle toute la semaine passée, je suis heureux de voir ce texte adopté par mes collègues », déclarait ce mercredi 15 juillet le député du Loir-et-Cher Christophe Marion, « fier du travail accompli aux côtés du ministre Laurent Nuñez » pour obtenir une majorité sur le très controversé projet de loi RIPOST. Rien à voir avec la canicule, même si les coups de chaleur n’étaient pas rares. Lors de ce débat, le ministre de l’Intérieur originaire de Bourges avait aussi obtenu l’appui d’un autre élu de la région Centre-Val de Loire, l’ancien ministre Guillaume Kasbarian, député d’Eure-et-Loir, défenseur attitré des propriétaires de logements. Par ailleurs fondateur du Parti de la Liberté, ce dernier était fier d’annoncer pour cet été une brigade de gendarmerie fixe à Gallardon, une commune de sa circonscription. Tout un symbole, alliant les mots « Liberté » et « Sécurité », dans une interprétation qui, toutefois, n’avait pas la même signification pour les parlementaires de gauche qui ont bataillé durement contre ce projet de loi.

Validée ce 15 juillet, la loi RIPOST, qui attend encore le passage devant une commission mixte paritaire avec le Sénat, est une sorte de loi-valise justifiée comme « visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens ». Vaste domaine, qui inclut dans un même lot, comme le souligne le quotidien Le Monde, « un arsenal de mesures contre des phénomènes qui troublent l’ordre public, de la consommation de protoxyde d’azote aux rodéos urbains en passant par les free parties », et en y logeant même un dispositif anti-squatters cher aux deux députés centrevallois. Là où les uns y voient un ajustement sécuritaire pour tous, d’autres y relèvent surtout un outil plus favorable aux riches qu’aux pauvres. Rien de nouveau, quoi que…

Dans cette actualité post-célébration du 14 juillet, mais sans pour autant danser la carmagnole, deux autres infos révélées cette semaine par Le Canard enchaîné, et reprises par la presse locale, dirigent encore les regards vers notre belle région. À Bourges, le secrétaire général de la préfecture a très discrètement été exfiltré vers d’autres cieux après avoir eu des comportements personnels très insistants envers deux élues, qui ont peu apprécié. À Paris, la nomination au Conseil d’État de l’époux de la ministre Stéphanie Rist, ex-députée du Loiret, en a surpris plus d’un, même si cet ancien directeur de l’hôpital d’Orléans semble présenter les compétences nécessaires.

Il semble, apparemment, et sans trop d’ironie, que ces instances supérieures auraient voulu assurer préventivement la sécurité de quelques citoyens ciblés, pour rester entre gens de bonne compagnie républicaine. En évitant de le chanter sur les toits, même sur l’air des lampions.

Christophe Marion, député du Loir-et-Cher, défend le projet de loi Ripost à l’Assemblée nationale. (capture d’écran)

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