« Ce serait la catastrophe ! », lâche Éric Darrouzet, enseignant-chercheur à l’université de Tours – Unité de l’IRBI (Institut de Recherche sur la Biologie de l’Insecte) et référence internationale sur le frelon asiatique. Imaginez : un frelon géant venu d’Asie du Sud-Est – le plus gros du genre au monde – de 4,5 à 6 cm de long pour les reines (soit la longueur entre l’index et l’auriculaire, côté paume de la main !), de 2,5 à 4 cm pour les ouvrières. Tête jaune orangé et thorax noir, abdomen rayé brun jaune, un dard de 6 mm capable de piquer plus d’une fois et au venin puissant et mortel pour l’homme, des yeux immenses et de larges mandibules qui déchiquettent proies et matériaux… « Vespa mandarinia est super impressionnant ! Il fait des colonies très populeuses en milieu forestier et semi-souterraines avec des nids qui forment des galettes pouvant atteindre deux mètres de diamètre », poursuit Éric Darrouzet. Au sommet de la chaîne alimentaire des vespidæ, c’est un frelon qui fait le ménage et nettoie des colonies entières de guêpes et d’abeilles. Il est très dangereux. »
Originaire d’Asie du Sud-Est, Vespa mandarinia peut mesurer jusqu’à 6 cm de long. Ce frelon géant est une de ces nombreuses espèces exotiques qui arrivent dans les conteneurs des bateaux. Photos Yasunori Koide / Wikipédia creative commons
Repérée dans le Nord-Ouest des États-Unis en 2019, l’espèce a été éradiquée grâce à d’importants moyens humains et financiers. « Mais nous ne sommes pas à l’abri qu’elle arrive d’Asie et qu’elle soit réintroduite quelque part par bateau. Avec la mondialisation, nous avons des arrivées d’espèces invasives par conteneurs comme le frelon orientalis et le fameux frelon asiatique velutina. Aujourd’hui, si une population se créait, le risque serait avéré. Pour le moment, mandarinia n’a pas été signalé ni en Europe ni en France. » Chaque jour arrivent des espèces exotiques et une grande majorité ne s’adapte pas. « Mais le frelon asiatique a été un succès ! »